Chroniques noires et partisanes

Catégorie : Wollanup (Page 20 of 80)

ROULETTE RUSSE de James Grady / Rivages

Russian Roulette of the Condor

Traduction: Hubert Tézenas

James Grady a connu un succès mondial à 25 ans avec un roman d’espionnage nommé Les six jours du Condor dont le héros a été immortalisé à l’écran par Robert Redford dans le film de Sydney Pollack Les trois jours du Condor en 1975. Mais, Les six jours du Condor n’a pas été juste un one shot exceptionnel, d’autres romans ont suivi, certains reprenant ce héros fétiche de Condor, “un employé mineur de la CIA qui devint un espion de haut vol au fil des romans de la série” et d’autres sans lien mais toujours dans le milieu de l’espionnage et de la politique. 

Roulette russe, novella de six chapitres comme autant de balles dans le barillet, signe la fin de la carrière d’espion de Malcolm, alias Vin, alias Condor. Nous sommes en 2015 et Condor, fondateur de la V., une agence de cyber sécurité high tech, dissimulée derrière les murs anodins d’une maison bourgeoise de Washington, cherche un successeur, patriote et fondamentalement anti-russe (qui peut le blâmer actuellement ?). 

Ses six histoires courtes se lisent sans problème mais aussi sans réelle passion. Le cocktail espions, filatures, exfiltrations, trahisons, opérations et rendez-vous secrets, bastons, flingues, un peu de cul et d’humour est particulièrement bien rôdé si on aime le genre. Le problème vient juste de l’intérêt réel de cette novella pour le lecteur.

Si vous n’avez jamais lu Grady, les péripéties ne vont pas beaucoup vous émouvoir même en imaginant un Redford vieillissant sous les traits de Condor. Si l’envie de connaître James Grady est devenue pour vous une urgence, le mieux est de vous plonger dans Les six jours du Condor, à la genèse du personnage.

Si vous connaissez déjà Condor, peut-être que ces retrouvailles vous toucheront. Personnellement, je n’étais pas impatient de retrouver le vieux Condor et après une lecture somme toute sympa mais sans plus, je me dis que Condor aurait pu très bien rester dans ma mémoire sous les traits d’un Redford affolé tentant d’échapper à des forces obscures. En refermant le bouquin, s’est glissée une impression d’histoires actuelles mais traitées sous la forme de l’espionnage des années 80, sans l’apport des techniques modernes d’investigation ou de renseignements. On utilise encore des appâts féminins pour approcher un homme…

Certains diront joli vintage, d’autres, peut-être, parleront de vieux truc démodé mais dans tous les cas, certainement à réserver aux vrais fans de l’auteur.

Clete.

CHIEN 51 de Laurent Gaudé / Actes Sud

Laurent Gaudé, lauréat du Goncourt 2004 avec Le soleil des Scorta en 2004, est un auteur reconnu depuis longtemps. Son incursion dans les domaines de la SF et du polar fait que c’est sûrement le bon moment pour s’intéresser à son œuvre. Découvrant Gaudé avec ce nouveau roman, je me garderai bien de juger de la pertinence de son incursion dans la dystopie, méchamment à la mode, chez de nombreux auteurs.

“Désormais expatrié, Zem n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante. Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel Zem s’est depuis longtemps retranché. Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, Zem a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.”

Roman beaucoup plus complexe et complet qu’on pourrait l’imaginer, Chien 51 nous immerge tout d’abord dans un monde assez proche du nôtre, Gaudé aura juste été un peu plus loin dans nos frayeurs actuelles, glissant un peu plus profondément dans les dérives économiques, politiques, climatiques, humaines qui sont les nôtres. Ce “nouveau monde” est parfaitement décrit par l’auteur, par petites touches plus précises que le décor simplifié du départ qui ressemble, avant d’être expliqué, enrichi et développé avec bonheur tout au long du roman, à celui de Boris Quercia dans Les rêves qui nous restent. Ces dérives qui mènent à la triste réalité de la vie de Zem sont plausibles, dans un avenir plus ou moins proche si on envisage un futur très noir. Et c’est cette proximité avec le monde que nous vivons qui donne un rendu général bien flippant, inquiétant, palpable que vous aurez sûrement beaucoup de plaisir et d’effroi à découvrir par vous-mêmes donc chut…gardons votre surprise intacte.

Si le paysage SF est particulièrement étouffant, angoissant, le choix d’une intrigue policière est pertinent tant les déambulations, les investigations de Zem permettent de découvrir les dessous de cette société. Alors, bien sûr, on ne peut pas demander à l’auteur de tout reconstruire dans le polar et ces personnages de flics ne sont pas indemnes de certains clichés du genre mais rien de pesant, de rédhibitoire. Au contraire, on est vite gagné par une intrigue qui fonctionne à merveille jusqu’à la résolution très, très douloureuse de l’enquête.

“ A partir de là, tout doit être violent. Il le décide au fond de lui-même: les heures ne compteront plus. Il ne fera plus attention à ce qu’il va briser ou insulter. Il n’entendra plus les suppliques. Il sera dur parce qu’il a appris à l’être il y a longtemps de cela.”

Le final policier est particulièrement bien monté mais ne laisse rien présager d’une fin de roman qu’on lit avec la même stupéfaction que le héros confronté à ses fantômes du passé tout en étant aussi contaminé par son chagrin. Les blessures anciennes s’ouvrent à nouveau, les trahisons, les peines, les amours, tout converge vers un constat bien réel bien déprimant et concourt à faire de Chien 51, un impeccable polar, un absolu “must read” de la rentrée.

Clete.

PLUS BAS DANS LA VALLÉE de Ron Rash / La Noire Gallimard

In The Valley

Traduction: Isabelle Reinharez

Trois ans qu’on n’avait plus de nouvelles de Ron Rash et de sa Caroline du Nord qu’il nous raconte roman après roman, celle d’aujourd’hui comme celle d’autrefois. Il était déjà présent dans la collection La Noire avec Un silence brutal et il y revient avec un recueil de nouvelles intitulé Plus bas dans la vallée, du nom de la plus longue des sept nouvelles qui signe le retour de Serena, terrible adepte du capitalisme barbare pour qui la fin justifie vraiment tous les moyens. Son histoire est racontée dans un roman éponyme édité au Masque en 2011. Ce retour de l’héroïne du plus noir des Rash ravira tous les lecteurs du roman mais peut-être qu’il laissera un tout petit peu sur le bord ceux qui découvrent cette très dangereuse personne.

Mais ce n’est pas une raison d’attendre d’avoir lu le roman pour apprécier pleinement ce bel ouvrage. D’abord, c’est du Ron Rash et le monsieur manie la plume de manière experte et souvent très poétique. Je pense avoir dit déjà la gentillesse de cet homme quand on le rencontre et ses romans, à la périphérie du Noir, sont également souvent très touchants.

Et dans ce difficile exercice de la nouvelle, Ron Rash montre une fois de plus son talent de conteur. Regroupées sous un titre général Quelques récits des Appalaches, ses six nouvelles racontent des moments extraordinaires de vies ordinaires, des gens comme tout le monde avec leurs forces et leurs faiblesses dans les Appalaches certes mais plus précisément en Caroline du Nord. C’est donc dans ces petits formats que le talent de conteur doit être particulièrement visible, et il l’est, il saute aux yeux. Ron Rash nous embarque dans six univers différents avec néanmoins une certaine préférence pour les berges des rivières mais ce n’est pas nouveau. On retrouve le lyrisme, la musique de ses romans, la pudeur devant la tragédie souvent présente, parfois évitée mais aussi et surtout, on découvre un humour particulièrement noir qu’on n’a pas été habitué à lire chez lui.

Précédant un touchant et burlesque Leurs yeux anciens et brillants, sorte de Le vieil homme et la mer version appalachienne, Une sorte de miracle est un petit joyau d’humour noir. Dans cette histoire, Baroque et Marlboro, deux grosses feignasses de 24 ans squattent chez leur beau-père qui veut se débarrasser d’eux et cela ne va pas bien se passer du tout. Denton va essayer de les motiver pour trouver un emploi puis de dégoûter de la Caroline en hiver ces deux inutiles venus de Floride mais ça va partir en sucette. De l’humour redneck pur jus, du white trash qui semble sorti du “manuel du hors-la-loi” de Daniel Woodrell.

“Elle les avait emmenés passer une journée à la clinique, et maintenant elle leur faisait regarder les émissions médicales à la télé. Ça pourrait les inspirer, soutenait-elle, bien que de l’avis de Denton un bon coup de pied dans leurs gros culs avait plus de chance de donner des résultats.”

Un petit bonheur de recueil pour aller voir ailleurs un peu. De jolies histoires de vie, de mort aussi mais pas trop rudes néanmoins.

Clete

UN BON INDIEN EST UN INDIEN MORT / Entretien express avec Stephen Graham Jones

Le roman « Un bon Indien est un Indien mort » ne laisse personne indifférent. On aime ou on déteste cette histoire cauchemardesque de vengeance indienne. Profitant de sa présence à America, nous avons pu passer quelques minutes avec son auteur Stephen Graham Jones, entre une des ses séances de dédicaces et un enregistrement pour Arte. Ce joli petit moment, sur des transats dans le hall de la mairie de Vincennes, a été rendu possible grâce à l’entregent et la gentillesse d’Alain Deroudilhe attaché de presse efficace de Rivages et de l’éditeur français du romancier, Valentin Baillehache. Soulignons aussi et surtout la traduction efficace des propos effectuée par Clément Martin, très pro. Merci à eux et bien sûr à Stephen Graham Jones, passionnant et très disponible tout au long du festival.


“Un bon Indien est un Indien mort” chez Rivages est votre second roman à paraître en France après “Galeux” à La Volte. On va sûrement très vite s’habituer à l’auteur mais qui est l’homme ?

Je suis né au Texas en 72 et j’ai grandi dans une ferme où je travaillais avec des chevaux, des tracteurs et je n’ai jamais envisagé d’être auteur, d’avoir une vie dans la littérature. Ça s’est passé un peu par hasard et je suis toujours étonné de la façon dont ça s’est déroulé mais j’adore la vie que je mène maintenant.

Vous écrivez depuis longtemps, y a-t’il eu un élément déclencheur ou est-ce inscrit en vous depuis toujours?

Quand j’avais 19 ans, une fois, j’avais prévu de ne pas faire le travail pour une dissertation. J’étais à l’hôpital à ce moment-là et j’écrivais un peu n’importe quoi sur un petit carnet à spirales et je me suis dit que peut-être je pourrais avoir la moyenne si je rendais ça à la place du travail exigé. J’ai donc rendu cette copie à ma prof et au lieu de me mettre juste la moyenne, elle l’a tapée, je ne m’étais jamais servi d’une machine à écrire ou d’un traitement de texte et l’a envoyée à un concours de nouvelles local que j’ai finalement gagné et qui m’a rapporté cinquante dollars. Cette somme de cinquante dollars est l’argent qui vaut le plus à mes yeux depuis, parce qu’il m’a fait comprendre que si on raconte des histoires correctement, les gens écoutent et sont prêts à vous accorder une certaine importance, un certain crédit.

Comment écrivez-vous ? Planifiez-vous votre roman ou partez-vous d’une image, d’un thème, d’une idée ?

Je ne planifie jamais mes romans.Je commence souvent en ayant aucune idée. Je vais chercher à entendre une voix avant toute chose. Et une fois que je l’ai et que j’entends cette voix dire la première phrase du roman, en fait, cette voix va tout me donner, à la fois l’angle du roman, son style, la narration. Cette première phrase va en amener une autre, puis une troisième, puis un paragraphe, puis un chapitre et enfin le roman. Même quand il s’agit de thrillers ou de polars, je ne connais pas la fin et je finis par être moi-même surpris par le final.

Vous citez Lansdale (entretien Nyctalopes) dans vos références et il a effectivement commencé par des récits d’horreur pour aller vers le polar, le noir. Pensez-vous effectuer la même démarche un jour?

Ah, ça, c’est une très bonne question. Avoir la même carrière que Joe Lansdale serait un honneur car il est vraiment fantastique. En fait, depuis 2002, je sais que Joe lansdale est mon héros. J’ai participé avec lui à une rencontre lors d’un salon et lors du moment des questions / réponses une personne lui a demandé à quel genre il appartenait et il a juste répondu qu’il faisait du Joe Lansdale et donc c’est un stade auquel j’aimerais arriver… faire du Graham Jones. J’ai déjà écrit des romans policiers par le passé mais je ne sais pas encore où va me mener ma carrière. Ce dont je suis sûr, c’est que mes trois prochaines sorties seront dans le domaine de la littérature d’horreur puisque les livres sont déjà écrits. 

Pourquoi ce choix de la littérature d’horreur ?

J’aime l’horreur parce qu’elle va créer des réactions viscérales chez le lecteur. Pour moi, il y a deux genres qui exacerbent les sentiments, l’horreur et le romanesque, ils peuvent créer l’émotion et terroriser. Les romans d’horreur ne peuvent qu’effrayer, on se retourne quand on se retrouve seul dans un immense parking la nuit, on regarde sous son lit avant de se coucher. De manière générale, la littérature d’horreur va pondre des œufs dans l’esprit du lecteur qui écloront peut être vers deux heures du mat, au cœur de la nuit sombre. Et c’est ce que j’apprécie, ces réactions que cela peut générer chez le lecteur.

J’ai l’impression qu’il y a deux histoires dans “Un bon Indien est un Indien mort” ; un jeu de massacre très cinématographique et jouissif mais aussi le témoignage d’un certain mal être des jeunes Amérindiens comme on pouvait le lire notamment chez Tommy Orange ?

La comparaison avec Tommy Orange est pertinente, je le connais, c’est un type bien et un auteur de qualité. Ce qui est marrant c’est que ce jeu de massacre, c’est vraiment ce sur quoi j’étais parti au départ, mais en fait, la partie sociale s’est révélée organiquement pendant l’écriture. Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas de plan, de check list à compléter mais j’ai quelques griefs à l’encontre du monde, notamment la colère contre les brutalités policières sur les personnes à la peau sombre que ce soient les Amérindiens ou les Noirs. Et il s’avère que si dans le cadre de l’histoire, au cours du procédé créatif il peut souligner ces éléments, il le fera. Si je peux…

Le châtiment des quatre jeunes est-il dû à leur méconnaissance, leur oubli des traditions ?

Il y a beaucoup de raisons à ce châtiment : ils ont pénétré une zone réservée aux Anciens dans la Réserve, ils ont chassé sans respecter l’éthique, les traditions et ils n’ont pas mangé la viande de leurs victimes. De manière générale, ils n’ont pas été attentifs à ce qu’ils étaient censés faire et à la manière de chasser. 

Je voulais aussi poser une autre question avec ce roman. Quand on regarde cet écart de dix ans entre la chasse et la punition, la justice, la vengeance, peu importe comment on veut l’appeler, mais pendant ces dix ans, ces quatre amis ont changé. Pourtant il existe toujours ce crime dans le passé, il est toujours présent. Ce châtiment, est-ce qu’ils le méritent toujours ? C’est la question. Et cela fait vraiment mal de les voir subir tels tourments. Ce sont devenus des mecs relativement bien.

Est-ce la première fois que vous venez en France ? Mis à part l’accueil de Rivages et du festival America, quel ressenti avez-vous de votre “french trip” ?

Je trouve que c’est fantastique. J’ai pris quelques cours de français il y a quelques années et je pensais avoir tout oublié, mais en fait je comprends encore pas mal de choses et ça rend le séjour encore plus agréable. Je trouve que tout est vraiment beau ici, que les gens sont très agréables et j’espère revenir le plus souvent possible.

Quelle serait la B.O. pour “Un bon Indien est un Indien mort ? 

(Réflexion…) Townes Van Zandt a écrit une chanson qui se nomme “ Dollar Bill  Blues” qui serait parfaite pour illustrer “Un bon Indien est un Indien mort”.

***

Merci encore à Stephen Graham Jones, à Rivages et à Clément Martin… sans oublier Francis Geffard et son magnifique festival America.

Vincennes le 24/09/2022, 17 h.

Clete.

Stephen Graham Jones et Clément Martin.

SUPERMARCHÉ de José Falero / Métailié

Os supridores

Traduction: Hubert Tézenas

« Tout le monde imagine une vie meilleure, mon pote. C’est ce qui maintient les gens en vie, avec l’envie de vivre, en vrai », déclare Pedro révolté.

Peut-on devenir dealer d’herbe en restant fidèle à ses principes ? Peut-on utiliser les théories de Marx pour conquérir sa dignité ?

Dans les favelas de Porto Alegre, deux rayonnistes de supermarché, aux allures d’un Don Quichotte lettré et d’un Sancho Panza révolté, vont se lancer dans une aventure trépidante pour échapper à leur exploitation dans un travail mal payé et dénué de sens.

José Falero, dont c’est le premier roman, est né ét a grandi dans les favelas de Porto Alegre, théâtre de son intrigue. Il a aussi été employé au réassortiment en rayon dans un supermarché comme Pedro et Roberto, les deux cousins, qui veulent se lancer dans le deal de beuh dans leur coin. Les deux compères se sont aperçus que plus personne ne pratiquait ce “commerce”, le caillou et la poudre emportant tous les suffrages et les bourses. Et pour eux, surtout pour Pedro le cerveau, il y a sûrement moyen de se faire un peu d’argent, d’abandonner cette condition d’indigent malgré tout le travail fourni au supermarché. Pedro, marxiste à ses heures est très à cheval sur la notion de rétribution du travail comme sur la notion de profit. L’entreprise est très réfléchie, ils y associent famille et amis sûrs, tout le monde doit en croquer et  de manière égale et surtout sans embrouilles.

Les débuts sont prometteurs, conformes aux prévisions et Pedro le marxiste va finalement utiliser des leviers économiques capitalistes pour se développer, mais sans excès non plus et parvenir à une espèce d’Eden de l’amateur de weed: entrer dans un supermarché pour du lait et ressortir avec quelques jolies têtes très aromatisées. Les deux cousins savent très bien que tout cela n’aura qu’un temps, qu’il faut se remplir les fouilles rapidement et arrêter avant que les nuisibles, alertés par ce commerce florissant, viennent leur chercher des poux.

Bien anticipé Pedro mais pas encore assez, de toute manière avez- vous déjà lu une histoire de trafic de came qui fonctionne longtemps correctement ? Le final sera furieux, du bon vieux western…Si on peut reprocher à Supermarché d’être parfois un peu bavard, remercions-le néanmoins de nous offrir une vision très honnête et souvent très humaine de la vie dans les favelas, loin de certains clichés, là où des damnés, englués dès la naissance, tentent de s’en sortir en gardant une certaine dignité

Clete

UNE PETITE SOCIÉTÉ de Noëlle Renaude / Rivages

J’avais rencontré brièvement Noëlle Renaude l’an dernier à Lamballe au salon Noir sur la ville. Quand je lui avais dit mon admiration pour son premier roman Les abattus, oeuvre particulièrement noire, elle m’avait répondu en gros qu’elle avait fait comme elle avait pu parce qu’elle ne savait pas trop ce que regroupait cette notion de “noir”, aux si nombreuses définitions il est vrai. Pour autant l’auteure, dramaturge connue, n’est pas une novice dans le polar ayant écrit par le passé des dizaines de nouvelles policières sous pseudonyme pour le magazine Bonne Soirée. L’une d’entre elles, Il faut un héritier, a d’ailleurs été réalisée au cinéma en 2O21 sous le titre La pièce rapportée avec notamment Josiane Balasko et Philippe Katerine à l’affiche.

Les abattus, par son ton, par son écriture, par sa noirceur plombante, déprimante, a expédié vers le vintage certains auteurs qui croyaient se la jouer fine… On pouvait reprocher à son premier opus d’avoir choisi la facilité en exposant des gens qui étaient déjà des caricatures de beaufitude dans leur vie, dans leur comportement, dans leur condition, dans leurs rêves… un monde triste, dans une France périphérique oubliée, très justement observée et rendue. L’amateur de noir peut aimer lire ces destins de personnes dans une merditude sans nom mais, tout en sachant que ces histoires finissent souvent plus mal qu’elles n’ont commencé, il ne dédaignera pas forcément quelques éclaircies, quelques beaux comportements… la fleur qui pousse sur le tas de fumier. On pouvait trouver cela dans Les abattus. Ah si, un tout petit peu quand même, Noëlle Renaude n’avait pas tout flingué à l’époque. Là, c’est une toute autre histoire. Que dalle, rien, nada, zob, que tchi, des clous !  Dans Une petite société, Noëlle Renaude remet une seconde couche plus létale, plus toxique. Tout est noir, sale, vulgaire, triste, navrant, comme dans le premier sauf que ce coup-ci, on n’est plus chez les Bidochon, c’est les Français moyens qui morflent et ça fait mal. Vous ne vous en vanterez pas non plus, mais on peut très certainement retrouver ici certains de nos petits travers, de nos sales habitudes, de nos mauvais goûts, de nos petites trahisons, de notre petit côté dégueulasse. Rien de bien grave, juste du moche qu’on cache.

Alors, si vous n’avez pas aimé Les Abattus, je crois que je vous ai déjà suffisamment fait perdre votre temps. Si vous voulez débuter dans le Noir, disons sociétal, il y a peut-être des couleuvres plus faciles à avaler. En fait, si vous n’êtes pas habitués à vous faire rentrer dedans, Noëlle Renaude, la diva punk du Noir, va vous plomber ce début d’automne et vous faire perdre le peu de crédit que vous accordiez encore à vos contemporains. Enfin, si vous avez apprécié le premier roman, foncez, celui-ci est pire.

“Tom, jeune handicapé mental, vit sous la tutelle d’une prétendue veuve et d’un homme à tout faire dans une grande demeure mal entretenue. Son père, homme d’affaires anglais, s’est suicidé une nuit dans la bibliothèque. Quand Tom, travaillé par ses pulsions sexuelles, tente d’enlever la fille prépubère des voisins, les regards convergent sur l’étrange maisonnée, qu’observe depuis longtemps déjà la comptable de l’usine d’en face. Assistante sociale, flics, détectives, voisins, badauds, tous semblent avoir leur petite idée sur ce que cachent les grilles de la maison en haut de sa pelouse.”

Il y a sûrement des quatrièmes de couverture plus dures à faire que d’autres et puis il y en a des impossibles et on ne peut que féliciter l’éditeur de s’en être sorti ici. Rivages lance le roman avec cet incident finalement mineur mais mettant en lumière une maison, centre névralgique de cette terrible Cour des Miracles. On aurait aussi pu l’introduire par l’histoire de Louise, une employée d’une usine qui pendant 30 ans va regarder ce qui se passe dans cette demeure bourgeoise sur laquelle donne son bureau. Elle va observer, épier, guetter, fureter, supputer, imaginer, cancaner la vie de cette maison. Alors, très tôt, le lecteur va comprendre qu’il s’est passé effectivement des trucs louches, la  mort mystérieuse d’une femme qui tombe et qui meurt, comme ça, pas plus. 

Et puis ça part dans tous les sens tout en restant presque à vue du cadre : la maison. Avec un réel talent d’écriture parfois minimaliste et tout simplement parfait, elle décrit des hommes et des femmes aux vies tristes, où chaque matin c’est lundi, où on survit comme on peut dans son existence sans saveur, sans couleur, sans espoir “ Yeux flasques menton qui ballotte et mémoire qui vacille, plus de doute Mignon picole”. Et à d’autres moments c’est un torrent verbal, des diatribes sans fin écrites à la kalach, sans point visible à l’horizon avant une page et demie, criblées de virgules où vous vous accrochez pour encaisser ce que vous morflez. Attention, c’est plombant mais c’est extrêmement addictif car on sait qu’un, voire plusieurs crimes, ont pu être commis dans la maison et pourraient se reproduire. 

Les personnages sont vils, l’auteure nous fait entrer dans leurs cerveaux, nous montre les dysfonctionnement de chacun, les tares, les raisonnements malades, les fuites dégueulasses, les histoires lamentables, navrantes, honteuses. Méfiez-vous des digressions qui semblent anodines, leur final vous laisse souvent K.O.. On voit bien que Noëlle Renaude a pris un grand plaisir à écrire cette histoire, partant dans des digressions très longues, vous amenant à vous demander si vous avez toujours le bon bouquin entre les mains, pour toujours rebondir sur ses pieds et recommencer à vous malmener. Aucune violence n’est visible et pourtant on prend cher. On suit Noëlle Renaude avec bonheur quand elle s’emballe pendant cinq pages sur une scène qu’elle aurait pu boucler en quelques lignes, y restant tellement elle est bien dans le dawa qu’elle a créé sous nos yeux ébahis et parfois horrifiés.

Je n’ai aucun doute sur la médiocrité de cette recension que j’ai déjà retardée plusieurs fois, conscient de ne pas être à la hauteur de l’originalité et de la liberté d’écriture de l’auteure. Pour parler simplement, Une petite société était un passage obligé pour Nyctalopes. 

Merci madame Renaude.

Clete

UN BON INDIEN EST UN INDIEN MORT de Stephen Graham Jones / Rivages

The Only Good Indians.

Traduction: Jean Esch

Un bon Indien est un Indien mort” signe l’arrivée de l’auteur amérindien Stephen Graham Jones chez Rivages. Il a déjà une trentaine d’ouvrages à son actif, un seul chez nous, et met ici en lumière des jeunes issus, comme lui, de la tribu des Blackfeet. Nombreux sont maintenant les auteurs amérindiens à raconter l’histoire et le présent de leur peuple. On pourra maintenant ajouter à cette liste Stephen Graham Jones, tout en notant sa grande différence dans le contenu avec des écrivains comme Joseph Boyden, Louise Erdrich, Tommy Orange ou Sherman Alexie. Par sa description d’une jeunesse indienne désorientée, on pourrait le rapprocher un tout, tout petit peu de Ici n’est pas ici de Tommy Orange. 

« Quatre amis d’enfance, qui ont grandi dans une réserve amérindienne du Montana, sont hantés par le fantôme d’une femelle élan. Dix ans auparavant, ils ont massacré un troupeau lors d’une partie de chasse illégale. » 

Ben ouais, ce ne sont pas des mauvais bougres, nos quatre gugusses, sont juste un peu cons. Ça partait pourtant d’une intention louable et puis ça a merdé gravement. Et dix ans après, ils vont payer pour leurs fautes. Leur connaissance beaucoup trop limitée du « catéchisme » indien fait qu’ils ne comprennent pas tout de ce qui commence à se tramer autour d’eux. Faut vraiment pas plaisanter avec les coutumes chez les Blackfeet parce que la réponse divine est terrible. Le pardon, la miséricorde, pas en catalogue. Quatre amis séparés par la vie, deux sur la réserve et deux en dehors, vont affronter un ennemi invisible, invincible et cruel. Le roman est particulièrement addictif, surprenant par ce climat inquiétant et constant d’incertitude basculant souvent dans l’effroi, l’horreur. Predator version Blackfoot.

Un bon Indien est un Indien mort  offre, par ailleurs, un bel instantané sur une jeunesse amérindienne désorientée comme chezTommy Orange. Mais surtout, ne désirant pas non plus égarer les plus sensibles, sachez que si Jones fait nouvellement dans le polar et dans le noir comme ici, il est surtout connu comme un spécialiste de littérature d’horreur, un peu comme Lansdale à ses débuts, d’ailleurs cité en fin d’ouvrage comme une grande référence. Et du coup, l’auteur n’a pas pu s’en empêcher, il s’est pas mal lâché et  quelques scènes tournent de manière très prononcée au massacre, à la grande boucherie. On est très loin des facéties de Un blues de coyote de Christopher Moore.

Ça rigole pas dans le Montana, les dieux y sont particulièrement ombrageux et ça pique quand même un peu. Mais quand on a bien intégré la mise en garde, Un bon Indien est un Indien mort s’avère être un effroyable petit joyau rock n’roll.

Clete

PS: Entretien à America à venir.

LES SEPT DIVINITÉS DU BONHEUR de Keigo Higashino / Actes noirs / Actes Sud

Traduction: Sophie Refle

Avec dix romans dans la collection “Actes noirs”, Keigo Higashino est un auteur de polars japonais reconnu internationalement. En France, il a reçu le prix du meilleur roman international du Festival Polar de Cognac 2010 pour La maison où je suis mort autrefois, roman qui a permis sa reconnaissance en France. Citons aussi le sublime roman fantastique Les miracles de bazar Namiya paru dans la collection Exofictions début 2020 et qui montrait un autre aspect du talent de conteur du Japonais. Les sept divinités du bonheur est le troisième roman mettant en scène l’inspecteur Kaga découvert dans Les doigts rouges et retrouvé l’an dernier dans Le nouveau. Nul besoin d’avoir lu les deux premiers volumes pour apprécier et comprendre cette nouvelle enquête.

“Aoyagi Takeaki, un homme d’une cinquantaine d’années, est assassiné au pied de la statue du dragon ailé qui orne le pont de Nihonbashi, à Tokyo. Une enquête apparemment simple pour l’enquêteur Kaga, fraîchement arrivé au commissariat d’un quartier d’affaires prospère de la capitale. Mais les apparences sont parfois trompeuses : comment servir la vérité lorsque le suspect numéro un s’avère innocent ?”

Les sept divinités du bonheur est un pur polar d’investigation, bien dans ses bottes, offrant tout ce qu’on aime trouver dans ce genre de romans où un flic un peu allumé, se fie à son instinct et fouille pour découvrir une vérité bien enfouie et nullement envisageable pour le lecteur. Bon, on se doute que le suspect, décédé, n’est pas coupable sinon l’auteur serait bien embarrassé pour meubler ses trois cents feuillets. Par ailleurs, une description un peu trop détaillée de certains personnages semble indiquer que certains n’ont pas tout révélé et qu’on pourrait les retrouver. Les romans japonais sont souvent très mystérieux d’emblée, de part leur cadre bien sûr mais surtout de part une culture et une morale très différentes des canons occidentaux et qui interrogent souvent, surprennent.

L’intrigue est béton, très surprenante, documentée et met l’accent, à l’image de la Coréenne Hye-Young Pyun, sur la précarité de la vie et la pression exercée sur les salariés japonais. Aucun temps mort, on suit Kaga qui a de plus la bonne idée de ne pas nous saouler avec ses problèmes personnels. Et sans être le polar de l’année, Les sept divinités du bonheur, fait généreusement le job.

Clete

LA CITÉ DES NUAGES ET DES OISEAUX d’Anthony Doerr / Terres d’Amérique / Albin Michel

Cloud Cuckoo Land

Traduction: Marina Boraso

Quand Anthony Doerr était venu à Etonnants Voyageurs, il y a maintenant sûrement plus d’ une décennie, charmé par la cité malouine et son histoire, il avait promis à son éditeur français Francis Geffard de revenir un jour à Saint Malo avec un roman parlant de la ville. C’était une belle et bonne idée en plus d’une promesse puisque en 2015, il obtenait le Pulitzer avec “Toute la lumière qui est en nous, fantastique roman qui se déroulait en grande partie à Saint Malo sous les bombes pendant la seconde guerre mondiale.

Les bandeaux qui fleurissent sur les romans doivent bien avoir un effet autre que répulsif puisque la mode ne faiblissant pas La cité des nuages et des oiseaux se trouve affublé d’un vilain rectangle rouge de papier annonçant “chef d’oeuvre”. Les lecteurs passionnés de Doerr doivent vraiment se demander ce qui pourrait justifier -maintenant- un tel qualificatif que méritait déjà amplement Toute la lumière qui est en nous. Néanmoins, une source particulièrement autorisée, m’a innocemment glissé que Doerr avait encore franchi un palier

Et après lecture c’est l’évidence, son propos, ses histoires, ses ambiances, son humanité, sa bienveillance, son message, son écriture et son intelligence, découverts dans ses premiers romans, sont ici à leur apogée, illuminant de mille feux un roman qui fera date, intemporel, indémodable, d’une beauté et d’une délicatesse rarement égalés.

“Un manuscrit ancien traverse le temps, unissant le passé, le présent et l’avenir de l’humanité.

Avez-vous jamais lu un livre capable de vous transporter dans d’autres mondes et à d’autres époques, si fascinant que la seule chose qui compte est de continuer à en tourner les pages ?

Le roman d’Anthony Doerr nous entraîne de la Constantinople du XVe siècle jusqu’à un futur lointain où l’humanité joue sa survie à bord d’un étrange vaisseau spatial en passant par l’Amérique des années 1950 à nos jours. Tous ses personnages ont vu leur destin bouleversé par La Cité des nuages et des oiseaux, un mystérieux texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de de l’écrit et de l’imaginaire.”

Et si un livre pouvait vous sauver la vie ? C’est tout simplement la question que pose Anthony Doerr à ses lecteurs qui savent déjà cette évidence parce qu’ils peuvent l’avoir vécu pour beaucoup d’entre eux ou avoir ressenti l’onde, le choc, le cataclysme provoqué par un texte, une histoire, une plume. et qui attendent une démonstration littéraire de haut vol de la part du magicien américain.

Cinq personnages dont quatre enfants, trois histoires une dans le passé à Constantinople juste avant la chute de la cité, aujourd’hui de la guerre de Corée à nous jours et dans le futur dans un vaisseau spatial en route pour une nouvelle Terre et un roman daté du premier siècle de notre ère: … qui les unit et les réunit par moments pour certains.

Trois époques, toutes les trois très troublées, et des enfants au bord du précipice, qui risquent de tomber parce que la guerre, les virus, l’éco-terrorisme mais un livre…” Il se rappelle le conte d’Anna au sujet de cet homme transformé en âne, en poisson puis en corbeau, qui voyageait à travers la terre, l’océan et les étoiles en quête d’un pays à l’abri de la souffrance, pour décider finalement de rentrer chez lui et de passer ses dernières années auprès de ses bêtes”.

Alors, comme souvent avec les grandes œuvres, il faut d’abord apprivoiser le roman, laisser passer un peu pour que cela se décante. Les cent premières pages pourront troubler puisqu’on passe d’une époque à l’autre et d’un personnage à l’autre dans une même époque très rapidement et très souvent. Mais une fois que vous êtes bien ancrés, c’est le plaisir pur de lecteur qui remplace ce trouble, cet embarras, cette sensation d’être perdu dans un roman, de s’y noyer. Il faut privilégier des grands espaces de lecture, sinon ces changements incessants et parfois perturbants comme frustrants et qui sont la musique du roman, vont vous perdre. Les histoires contées sont belles mais s’avèrent aussi très rudes et il faut souligner la belle pudeur de l’auteur qui nous suggère uniquement mais ne veut pas nous blesser en nous racontant par le menu les fins tragiques qui peuplent le roman.

On peut rapprocher La cité des nuages et des oiseaux de Cartographie des nuages de David Mitchell ou de L’Arbre-Monde mais également de Sidérations les deux derniers romans de Richard Powers. Mais c’est avant tout du Anthony Doerr, brillant, généreux, humain, tendre et inclassable comme tous les grands.

Lisez La cité des nuages et des oiseaux, il vous fera un bien fou. Sa petite mélodie vous accompagnera longtemps et vous en sortirez grandi certainement.

Clete.

DE LA JALOUSIE de Jo Nesbo / Série Noire.

Traduction: Céline Romand-Monnier

Comme l’an dernier, la Série Noire devance la rentrée littéraire en offrant une nouveauté d’un grand auteur de leur catalogue, dès le 11 août quand la plupart des Français sont en vacances et donc tout à fait dispos pour un petit polar. Malin, une réussite sans doute puisque l’opération est réitérée.

L’an dernier, on n’a pas parlé de La femme au manteau bleu de Deon Meyer, sorti au milieu du mois d’août, qui était une grosse escroquerie de l’auteur sud africain, une pauvre nouvelle gonflée comme on peut avec problèmes avec la banque d’un des héros, une deuxième intrigue à laquelle on cesse de s’intéresser au bout de trois pages et un coupable très, très vite découvert.

Ici, point d’arnaque, Nesbo nous offre sept nouvelles autour du grand thème de la jalousie même si la vengeance, une des conséquences, est peut-être plus présente. Il ne semble pas que Nesbo nous fasse le fond de ses tiroirs. Certaines histoires sont tout simplement allées au bout de leur possible prolongement et d’autres illustrent une idée toute simple.

Nesbo, poids lourd mondial du polar, n’est pas célèbre pour ses nouvelles mais bien pour des polars copieux. Du coup, votre appréciation de ces courts écrits pourra varier selon le cadre. Moi, par exemple, je n’en pouvais plus de Phtonos et de ses pages sur l’escalade dans une histoire de gémellité bien trop prévisible. Vous verrez, vous mettrez dix ans de moins que le flic à comprendre l’affaire. Londres, par contre, démarrait très bien et méritait bien plus qu’une quasi anecdote. Mais, dans l’ensemble c’est du Nesbo, c’est pro, parfois surprenant. Le suspense est bien géré et on ne s’ennuie jamais ou presque.

« Aucun remède à la jalousie sinon le temps ou la vengeance, à chaud ou calculée.

Autour de Phtonos, longue nouvelle démoniaque dont l’ambiguïté perverse aurait ravi Patricia Highsmith, six récits illustrent la jalousie meurtrière : du raffinement de la bourgeoise hitchcockienne aux atermoiements de l’auteur à succès installé à l’étranger ; de la pulsion primaire de l’éboueur bafoué à la résignation blessée d’une petite vendeuse issue de l’immigration ; de la préméditation froide du photographe d’art raté à la ruse d’un chauffeur de taxi humilié par sa femme.”

Alors De la jalousie était parfait pour compléter le cahier de sudoku ou de mots fléchés des vacances d’août. Parfait pour la plage, parfait pour un séjour chez la belle-mère aussi et vital pour la plage avec la belle mère. On est en septembre je sais, vous voyez…

Clete

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