Chroniques noires et partisanes

DODGERS de Bill Beverly /Seuil policiers.

A nouveau un premier roman qui certainement accrochera beaucoup de lecteurs amateurs de polars ricains et qui en décevra sûrement beaucoup d’autres par le côté particulièrement classique de l’intrigue. L’auteur, Bill Beverly enseigne la littérature américaine à la Trinity Washington University et a bien assimilé les canons du roman américain.

« East, quinze ans, est chef des guetteurs devant la taule, une maison où l’on vend et consomme de la dope, dans un ghetto de Los Angeles.

On ne saura jamais pourquoi ni comment, car la petite bande n’a rien vu venir, mais un jour les flics débarquent.

La taule est fermée, East doit se racheter.

En allant dans le Wisconsin éliminer un juge, témoin compromettant. Accompagné de son frère Ty, douze ans et complètement fêlé, d’un pseudo-étudiant et d’un gros plutôt futé. Sans armes, avec de faux papiers et quelques dollars en poche.

À bord du monospace bleu pouilleux qui quitte le soleil californien pour le froid des Grands Lacs, l’ambiance est de plus en plus crispée. Et, à l’arrivée, rien ne se passera comme prévu. »

Dès les premières pages, lors d’un premier chapitre particulièrement explosif et brillamment inducteur, on entre dans un monde pas très loin du Richard Price de « Clockers » ou de « the wire » avec cette scène de la vie de ces guetteurs de « crack houses » à L.A. Mais ce n’est que le début et l’aspect polar urbain disparaît très vite pour faire place à un « road trip » particulièrement rural où ces ados qui n’ont jamais quitté leur ghetto black californien vont de surprise en surprise en traversant des états de plus en plus froids, dépaysants et franchement blancs, les faisant paraître pour des incongruités dans le paysage.

De nombreux passages beaucoup plus lents pourront déstabiliser certains lecteurs surpris par cette avancée dans le récit où le quotidien des gangs passe au second plan malgré les conflits entre les membres de cette équipée par rapport aux états d’âme du personnage principal East.

« Dodgers », malgré des passages violents particulièrement aboutis, n’est pas à proprement parler un polar mais plutôt un roman sur le passage à l’âge adulte, sur les choix que vont effectuer les quatre mômes face à l’adversité. Je reconnais qu’aucun personnage ne m’a véritablement conquis et même si j’ai bien aimé East, il n’a pas réussi à m’émouvoir suffisamment pour créer en moi une réelle empathie rendant le roman vraiment passionnant.

Alors, beaucoup y trouveront certainement leur compte, seront épatés par cette histoire mais cette recherche de rédemption si présente dans la littérature ricaine, j’en ai un peu ma claque et je pense qu’il m’en faut un peu plus que ce que Bill Beverly nous propose dans ce premier roman, encourageant pour la suite, pour le faire véritablement sortir du lot. « Dodgers » est donc une petite déception due à un scénario bien trop classique, trop américain.

Convenu.

Wollanup.

Un avis beaucoup plus enthousiaste de notre ami Claude dont la passion gangsta rap est souvent méconnue.

http://www.action-suspense.com/2016/05/bill-beverly-dodgers-ed-seuil-2016.html

2 Comments

  1. Claude Le Nocher

    Yo Brozeur, j’suis the king of the gangsta rap, you know ! C’est ma life, mon trip !Tendance Chuck Berry, quand même. Mais il avait « ze sound », non ?
    Un peu plus enthousiaste, oui, même si plus d’originalité n’eût pas nui. A découvrir et à apprécier.
    Amitiés.

    • clete

      Oauis,on est d’accord sur ce point.Pas très original malgré un début tonitruant et quelques scènes de haute tenue.Yeah fuck!!!!

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