Chroniques noires et partisanes

Catégorie : Wollanup (Page 65 of 80)

MON AMÉRIQUE A MOI / Marin Ledun.

Marin Ledun est un auteur reconnu qu’on aime beaucoup chez Nyctalopes. L’auteur de « No more Natalie » a peu écrit sur l’Amérique mais  sait très bien en parler. On retrouvera le Marin Ledun du roman social noir de « Les visages écrasés » et « En douce » prochainement dans un entretien avec Chouchou. Continue reading

CHALEUR de Joseph Incardona / Finitude.

« La Finlande : ses forêts, ses lacs, ses blondes sculpturales… et son Championnat du Monde de Sauna.

Chaque année, des concurrents viennent de l’Europe entière pour s’enfermer dans des cabines chauffées à 110°. Le dernier qui sort a gagné.

Les plus acclamés sont Niko et Igor : le multiple vainqueur et son perpétuel challenger, la star du porno finlandais et l’ancien militaire russe. Opposition de style, de caractère, mais la même volonté de vaincre. D’autant que pour l’un comme pour l’autre, ce championnat sera le dernier. Alors il faut se dépasser. Aller jusqu’au bout. » Continue reading

MON AMÉRIQUE À MOI / Francis Geffard. Festival America,Terres d’Amérique Albin Michel.

Alors Francis Geffard, je ne saurai jamais assez le remercier pour m ‘avoir fait découvrir tant de grands écrivains américains par le biais de ses collections « Terre Indienne », »Terres d’ Amérique » et les « Grandes traductions » chez Albin Michel et de permettre de les rencontrer lors du festival America qu’il organise tous les deux ans à Vincennes. Ayant déjà rencontré l’homme à plusieurs reprises, il m’est très difficile d’en parler sans que cela sente la subjectivité mais c’est un seigneur et un vrai gentleman. Il est capable de vous écrire pour vous remercier d’une chronique, vous inviter à déjeuner avec Jamie Poissant, vous amener à une table pour vous présenter Pollock, Boyden et Davidson comme vous téléphoner pour vous expliquer une couverture de roman. Un pro, un passionné de littérature et un amoureux de l’Amérique. Continue reading

VŒUX

 

A toutes celles et ceux que nous avons croisés cette année et que nous espérons revoir, nous souhaitons une bonne et heureuse année 2017 avec de grandes et belles lectures.

A bientôt.

Nyctalopes

LA FORET DES RENARDS PENDUS de Nicolas Dumontheuil d’après Arto Paasilinna / Futuropolis

 

Allez, une BD ou roman graphique, comme vous préférez, parce que c’est la fin de semaine, presque la fin du mois, les vacances, l’agitation de Noël, la fin de l’année et il est devenu assez difficile de se concentrer sur les romans, que hélas, on ne couvrira pas quand, dans le même temps arrivent les nouveautés de janvier, février qui vous font de l’œil…

Néanmoins, ce n’est pas n’importe quel album qui est ici proposé puisque c’est une adaptation d’un roman d’ ARTO PAASILINNA, le truculent auteur finlandais qui va nous mèner au plus profond de la Laponie et on y fêtera d’ailleurs  Noël de bien belle manière.

Rafael Juntunen a peur. S’il avait pu s’échapper avec le butin d’un braquage qui avait mal tourné, son complice de l’époque avait été arrêté. Le temps a passé, ce dernier va sortir de prison et réclamer sa part. Seulement, Rafael ne veut plus partager. Il prend la fuite et se cache au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renards pendus. Le gangster de trente ans, célibataire, ne voudra partager son butin avec personne mais il ne pourra pas rester tranquille bien longtemps, rejoint très vite par un ex-major de l’armée alcoolique mis sur la touche, et une Lapone nonagénaire en fuite. Les trois personnages vont résister à tout, aussi bien aux anciens complices de Rafael décidés à récupérer leur part du magot, qu’aux représentants de la « civilisation ». Mais on ne transgresse pas impunément les lois qui règlent la vie en société…

Trois personnes en fuite pour des raisons bien différentes, un rejet de la société, l’isolement, l’autarcie en harmonie avec la nature, on pourrait ainsi décrire l’œuvre mais c’est mal connaître Paasilinna qui habille souvent ses récits de personnages et de situations hors normes où la véridicité n’a pas cours pour nous permettre de mieux apprécier ces fables souvent réjouissantes y compris dans des situations où on est en droit de s’attrister.

Et Nicolas Dumontheuil a réussi par son trait de crayon à rendre l’histoire attachante, dessinant des scènes dans des jolis tons gris colorés. Une réussite, une belle adaptation, beaucoup de charme.

Wollanup.

LEMONDE EST NOTRE PATRIE de Frédéric Paulin / Goater noir.

Frédéric Paulin, Rennais depuis de nombreuses années bénéficie d’une belle côte d’amour chez ses pairs mais n’a pas encore connu le succès public qu’il mérite sans conteste. Souhaitons qu’avec ce nouveau roman édité à la maison d’édition rennaise Goater, il en soit différemment.

 
« Orbs patria nostra. Le monde est notre patrie.
Condottieres, Gardes Suisses ou corps francs sont relégués aux confins de l’histoire ou du roman lorsque Maxence Stroobants se tatoue la devise des mercenaires sur le corps. Au 21ème siècle, il vend son savoir-faire de combattant au plus offrant. De l’Irak au Niger, du Mali en Syrie, lui et ses compagnons escortent, sécurisent, défendent les intérêts politiques et économiques de pays ou d’entreprises internationales.
Mais lorsque la guerre rapporte trop d’argent et devient un business de multinationales tentaculaires, les gouvernements s’en inquiètent. Et tant pis si à l’époque de la guerre de basse intensité, les gouvernements utilisent les nouveaux mercenaires pour assurer la sale besogne.
Peut-être que Stroobants et les siens ont trop vite oublié la première règle de la guerre qui ne dit pas son nom : un mercenaire n’a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.
Mais ce n’est pas sur le champ de bataille que Stroobants va devoir sauver sa peau. Les ors de la République et les cours de justice occidentales vont s’avérer des terrains bien plus dangereux qu’une ligne de front. »

 
Les lecteurs avertis verront tout de suite le lien avec Pukhtu mais si les officines paramilitaires étaient partie prenante du roman de DOA elles n’étaient néanmoins qu’un pan de l’œuvre pharaonique. Ici, ces petites entreprises très discrètes mais terriblement efficaces sont le sujet du livre et comme c’est une organisation française qui est suivie et cela nous permet de voir un peu les « entreprises » de l’Etat français dans son combat pour la liberté et la démocratie à travers plusieurs terrains de guerre au Moyen Orient ou en Afrique. De même que BAAD de Cédric Bannel permettait de mieux connaître l’Afghanistan, « le monde est notre patrie » s’avère un très bon complément à Pukhtu si vous avez été fascinés par cette manière de faire la guerre au XXIème siècle.

 
Dès les premières pages, vous êtes embarqués dans un autre monde où la violence et la mort sont toujours présentes, un monde qui ne nous émouvait plus tellement tant la répétition des images créait chez nous une regrettable habitude et une bien basse lassitude. Maintenant que la barbarie apparaît chez nous, on semble mieux comprendre ce que peuvent vivre toute leur brève vie certaines populations.

 
Bref, Paulin semble extrêmement bien renseigné et son récit est tout de suite vivant, vibrant et en même temps très informatif sur la paire Stroobants / Blaskó leaders de l’organisation, soldats de fortune et compagnons d’infortune que l’on suit sur les divers terrains de jeux des puissants : Irak, Syrie, Mali et Niger et aussi dans les salons où tout s’achète et tout se vend et où politiciens, banquiers et industriels se partagent le gâteau et décident, au chaud, de l’avenir de certaines régions du monde et de leurs populations. Et Stroobants découvrira rapidement qu’il est beaucoup moins dangereux de se déplacer entre l’aéroport et le centre de la ville la plus dangereuse du monde, Bagdad, que d’arpenter certains salons douillets de Paris.

 
En prenant le temps de raconter ses personnages, Frédéric offre ainsi un roman où les scènes spectaculaires alternent avec des moments qui permettent de mieux comprendre les comportements et les agissements de chacun. Bon, peut-être que l’auteur aurait pu faire l’économie d’une histoire d’amour mais, pas d’ennui, ça roule, ça secoue et dans les pas de DOA, Manotti, Oppel… Frédéric Paulin a écrit un roman « politique » qui comme ceux des auteurs déjà cités permet de voir un peu l’envers du décor.

 
Habile.

 
Wollanup.

« Older posts Newer posts »

© 2026 Nyctalopes

Theme by Anders NorenUp ↑