Un roman du grand maître du polar.
Une question sur son plus illustre enquêteur.
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Chroniques noires et partisanes

Traduction: Marc Chénetier
Carrefour d’avenues de Manhattan, jonction d’une sous civilisation dans le New York de quartiers disparates d’une mégalopole exsangue dans ces années reaganiennes, se cristallise un îlot protecteur dans cette école hébraïque, ce Talmud Torah. De cette communauté matriarcale, symbolisée par Sarah « Saigon », se juxtapose un panégyrique de personnalités disparates et belliqueuses ourdie par leurs histoires gangrenées par les parasites d’Hô Chi Minh Ville.
« Les avenues A, B, C et D forment une espèce d’appendice crasseux du Lower East Side de Manhattan : ces îlots à initiale sont devenus territoire indien, le pays du meurtre et de la cocaïne… Interrogés sur les origines de leur Alphabetville, les habitants répondront que le Christ s’est arrêté à l’entrée de l’avenue A… Mais enfoncez-vous un peu plus loin dans le quartier. L’avenue B, où tous les repères rassurants s’évaporent, arbore les couleurs de la pauvreté les plus primaires… Or c’est quasiment la civilisation comparée à la C.
Avenue C, ce sont des patrouilles d’ados qui font régner l’ordre – enfin, leur ordre –, protégeant les dealers du coin et dissuadant les malfrats du nord de la ville de venir s’aventurer par là. Leur chef est une femme, Sarah, surnommée Saïgon, parce qu’elle a été infirmière militaire au Vietnam. Avec Howie, son amour d’enfance, on va se laisser emporter dans des aventures qui défient l’imagination la plus enfiévrée, entre les rois de la drogue, les agents doubles, les truands de haut vol, les coups tordus des uns, les crimes des autres. »
Saigon, ex-infirmière militaire au Vietnam, règne sur un royaume composé de rebuts d’une société au sortir d’un conflit lytique des âmes, lytique des destinées. Enfouraillée de deux colts 45 en permanence, son assise dans ce monde rugueux est aussi le fruit de sa propre histoire. Son idylle précoce avec Howie, alias le Prof durant le conflit Viet, la pousse à une émancipation forcée. Parcours de vie, parcours familial la poussent à afficher cette poigne de titane dans un gantelet de simili velours.
Ce « petit » monde est tiraillé dans des frictions létales claniques. Baladé alternativement entre des faubourgs de Brooklyn, Hô Chi Minh, le berceau de « boulangers » russes (hum, hum,…Peaky Blinders ?!) l’affrontement gronde dans un voyage immobile des songes suscités par les galets de goudron, les sucettes de réglisse ou autres boules d’opium. De ces tribulations introspectives d’opiacés hérités du conflit du Sud-Est asiatique, on voit flou, on mange mou, on déambule dans des mondes parallèles oniriques.
Ce château de cartes qu’est le Talmud Torah nous invite dans des lieux de villégiatures disparates, peuplés d’habitants perclus de stigmates mentaux légués du Vietnam, véritable broyeur d’illusions perdues, d’innocences remisées, et la résultante en est un monde psychédélique.
Ce récit rime avec poésie. Poésie du propos, poésie crue du style. Charyn nous submerge d’un halo multicolore, drapé dans des sentiments éphémères. De cette fable, de ce conte onirique, on est exfiltré du monde réel, manichéen le temps de cette lecture lysergique.
Lyrisme brut déconnectant et surprenant dans un contre pied continu !
Chouchou.
Traduction : Mathilde Tamae-Bouthon
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La science, la dévotion liées au tatouage dans le pays du soleil levant, à la sortie du conflit de la seconde guerre mondiale, culmine à son apogée. L’Irezumi, la pratique de l’estampe épidermique corps entier, attise les convoitises et les fétichistes présentent une fébrilité concrète.
« Tokyo, été 1947. Une femme est retrouvée démembrée dans une salle de bain fermée à clé. Son buste, qui était recouvert d’un tatouage, a disparu. Sa mort est liée à deux autres meurtres : son frère est retrouvé écorché, et son amant est tué d’une balle dans la tête. Kyosuke Kamisu, dit « le Génie », est appelé à la rescousse pour aider la police. “
Crime violent, crime parfait dans sa configuration de la chambre close, constitue le St Graal des auteurs du genre. A l’instar de Poe pour « Double assassinat de la rue morgue », de S.S. Van Dine et « L ‘assassin de canari »/ « Le chien mort », ou l’œuvre de Dickson Carr, le personnage principal Kenzô Matsushita passionné de romans policiers se remémore de même le pendant nippon, Mushitaro Oguri, qui éleva le genre à son plus haut degré de raffinement, en particulier dans son chef d’œuvre, « Le crime parfait ». Tiraillé entre sa naïve idylle et son appétence de résolution de l’énigme criminelle, il se voit entraîner dans les méandres d’esprits tortueux incarnés par des personnalités loufoques, exaltées ou viciées par leur passion.
Longtemps le tatouage dans cette société était synonyme d’appartenance à l’organisation Yakuza, ce qui est vrai et d’usage de nos jours, et les alliances impliquaient alors ce passage, ce rite d’impression corporelle. Hors champ esthétique, l’enquête menée par le frère de Kenzô s’empêtre dans un jeu de mikado joué par un Parkinsonien. Un lien d’amitié à propos voit apparaître un personnage hors norme, mathématicien de formation ayant bifurqué vers la médecine légale et une concrète propension à la criminologie, qui infléchira le rythme et les procédés d’investigations vers une partie d’échec. L’analyse minutieuse des pièces du puzzle et des retrouvailles inopinées feront naître une profonde mise en perspective des destinés des protagonistes.
Roman paru en 1948 mais qui aurait pu être écrit de nos jours dans sa modernité de ton et son tableau incluant un Tokyo hanté par les fantômes du second conflit mondial armé, l’auteur décédé en 1995 diplômé de l’université de Kyoto a longtemps exercé comme ingénieur, lauréat du Japan Mystery Writers Club, géniteur de quinze polars à succès.
Thriller, où perversité et fétichisme enfantent une lecture saisissante, envoûtante sous le joug propre à cette culture de codes et de rites.
Soie et Wasabi !
Chouchou.
Traduction: Valérie Malfoy.
« Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunit 80 000 personnes lors d’un concert historique. »
Dans le flux des sorties de la rentrée août, septembre dans le domaine du polar/noir, il y a ceux que vous attendez depuis un moment voire des années, d’autres plus classiques mais qui font le job tel que vous l’espériez et puis il y a toujours quelques missiles que vous n’avez pas vu venir et c’est ce qui fait les grands moments de lecteur et ce roman de Marlon James restera certainement comme l’un des grands bouquins de l’année.
« Brève histoire de sept meurtres » du Jamaïquain Marlon James bien qu’auréolé du « Man Booker Prize for Fiction » en 2015 est sorti en catimini au cœur de l’été mais depuis, tous ceux qui se sont lancés de haute lutte dans cette énorme saga explosive sur la Jamaïque de 1970 à nos jours, sont unanimes quant à la qualité du roman.
Ile poudrière, république bananière, la Jamaïque comme le reste de la zone Caraïbe, est un pays dangereux et Marlon James par le biais d’un attentat raté contre le Chanteur nous raconte son pays des années 70 aux années 90. Forcément univers beaucoup moins conté que les USA, par exemple, l’œuvre de James offre de suite un dépaysement immédiatement jouissif dans un décor très violent qui, lui, nous est beaucoup plus familier, avec juste des particularismes criminels locaux.
L’auteur, lors d’un bref échange durant America m’avait avoué sa grande admiration pour Ellroy et c’est bien du côté de l’œuvre ancienne du Dog qu’il faut chercher des équivalents aussi détonants, aussi richement complexes et passionnants. Et comme chez Ellroy, il est très difficile de parler intelligemment du roman tant les intrigues se croisent, se télescopent, se succèdent. Les multiples voix avec chacune sa saveur, leur ton propre apportent leurs vérités et leurs mensonges sur une cour des miracles étendue à l’ensemble d’un pays.
Des meurtres, des attentats, des magouilles, de la came, des flingues, des gangs, des politiciens véreux, des salopards, des victimes,des journalistes, le système D institué modèle économique, des quêtes de rédemption, des regrets, la CIA bien sûr, toujours là pour amplifier le chaos ambiant et… Bob Marley en messie.
Une pyrotechnie de l’apocalypse, un grand trip, génial.
Ruddy !
Wollanup.
https://www.youtube.com/watch?v=_XlkFLVS_0E

Malgré le temps maussade, on est vraiment entré dans la période estivale aussi Nyctalopes qui vous accompagne depuis le 21 décembre va lui aussi prendre ses quartiers d’été
Nous allons profiter de cette période de trêve où les sorties sont rares pour lire et chroniquer des bouquins de l’année qui nous ont échappé si on en croit les chroniques de sites amis mais aussi pour vous faire profiter de romans plus anciens qui sont pour nous des bouquins qu’il ne faut pas rater… à notre humble avis.
Même si Nyctalopes n’a pas trop l’habitude de perdre son temps à éreinter des daubes ou des foutages de gueule, nous allons uniquement vous proposer des romans qu’on a vraiment aimé parce qu’ils sont dans le genre noir qu’on adore ou parce qu’ils parlent d’une certaine Amérique que nous chérissons ou enfin parce qu’ils ont une dimension sociale, à nos yeux, importante.
Tout au long de l’année, avec des réussites très variables, nous avons tenté de vous proposer une chronique par jour de la semaine mais ce sont aussi les vacances pour nous donc nous aurons certainement un rythme beaucoup plus anarchique, ce qui ne signifie aucunement que nous resterons muets plus souvent.
A vous toutes et tous qui nous faites confiance de plus en plus nombreux, nous vous souhaitons donc de belles vacances agrémentées, illuminées, par des histoires passionnantes.
Wollanup.
PS: la plus belle chanson du monde pour un personnage d’un roman de Pelecanos.

La vie ne vaut d’être vécue que si celle-ci conserve un but, un sens, une cohérence… La lutte de ce foyer bancal nous ballote entre souffrances, passés lestés de non-dits et d’épreuves, cassures, fêlures d’existences en recherche d’une hypothétique résilience.
« Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation… Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les sœurs, les amis… Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré ! Et personne n’a dit que c’était juste… »
Sans tergiverser Cloé Mehdi accapare notre esprit dans un style et un discours direct qui nous clouent dans les pages du récit ! Franchise et rudesse le caractérisent et son incontestable aura littéraire nous éblouit de cette noirceur brute.
Embarqués dans cette histoire où évoluent trois personnages centraux, on est confronté aux maux des banlieues, à l’irrémédiable iniquité des valeurs gravées aux frontispices de nos monuments institutionnels. Les luttes intemporelles sociales, de mixité, profèrent de terribles vérités et démontrent, une fois de plus, que la nation ne propose pas le même chemin, n’offre pas les mêmes outils, les mêmes chances aux enfants de la République.
Gabrielle, Zé et Mattia sont les symboles de ces différences. Leurs parcours dissonants matérialisent les symptômes de cette, de notre société. Ils se serrent les coudes, se frictionnent, se détachent, se retrouvent entre gris clair et gris soutenu pour purger, expier, leurs peines et les scories de leurs histoires. Face à leurs démons, face à leurs peurs et face à leurs combats ils évoluent en brisant des murs, en fracturant leurs inconscients, en luttant contre l’ordre établi. On souffre avec eux, on se révolte, la haine nous envahit contre des systèmes iniques, pervertis par les hommes les constituant. On est furieux, on s’insurge pour des idéaux qui nous sont refusés et l’on se bat contre des chimères mais on ne renie rien et l’on continue de se battre pour nos consciences, pour notre futur !
Dur tel le granit ou le marbre des maisons du peuple, ce cri déchire notre esprit et réveille notre subconscient bien trop souvent formaté. Notre abdomen est mis à rude épreuve là où siègent nos émotions !
Chouchou.
Toujours disponible dans les salons pour défendre ses auteurs, pour discuter littérature et zik et partager une bière voire plus si affinités, Aurélien Masson est un mec bien qui ne se la pète pas. Le boss de l’institution Série Noire a su dépoussiérer la vieille dame pour lui redonner une nouvelle jeunesse rendant parfois la concurrence bien pâle, suivez mon regard…Conservant le bel héritage de grands romans ricains, il a su y ajouter la qualité française avec des auteurs qui ont vraiment quelque chose à dire, des auteurs hautement politiques dans le sens noble du terme, des lanceurs d’alerte indispensables et magnifiques.
Alors Aurélien s’exprime souvent dans la presse et je me désespérais de le voir un jour dans notre modeste espace mais c’est fait, et sur un seul sujet, l ‘Amérique. ROCK ON!
Bon la réponse ne va pas être très glamour ni même très intello mais ma première attirance pour l’Amérique doit dater de la fin des années 1970 avec des séries télés comme Starsky&Hutch ou même Dallas…avec mes petits yeux d’enfant je me disais c’ est quoi ce pays de dingue où tout a l’air d’être plus grand plus fort plus dingue, plus pire…Bref cette sensation que l’Amérique c’était bigger than life…
La pochette du premier album des Ramones.
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L’apparition de la scène musicale de Seattle à la fin des années 80 – début des années 90…des groupes qui ont bercé mon adolescence, des groupes incandescents et en même temps plombés par une tristesse existentielle…
Il y en a évidemment au moins une centaine mais je dirais Postier de Bukowski ou Demande à la Poussière de Fante…j’avais 14-15 ans, je trouvais la vie parisienne un peu fade et je rêvais d’aller boire des verres avec ces soi-disant loosers flamboyants…Comme dirait Manset j’aime « la force décuplée des perdants ».
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Faulkner car c’est la classe ultime, le romancier total créateur de monde et d’univers…et puis Sanctuaire est un superbe roman noir publié en 1931…On parle souvent de Hammett et de Chandler comme pères fondateurs du roman noir mais on oublie souvent Faulkner…Et puis j’aime l’écrivain de génie qui part à Hollywood et qui s’y fait écraser, il était trop bien pour ça…fuck Hollywood…
Mean Streets de Scorsese, pour Scorsese jeune, pour De Niro jeune, pour Keitel jeune, pour la musique des Stones, pour les rues crasseuses de NYC…en regardant ça à la fin des années 80 je me disais « la vraie vie est ailleurs » mais ce New York, je ne le savais pas, avait déjà disparu…
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Abel Ferrara pour ses films sublimes, à la fois géniaux et ratés, on est toujours à la limite du kitsch et du sublime et puis je trouve qu’il a de très belles dents pour un Américain, dans ce pays obsédé par la blancheur…
Raw Power Iggy and the Stooges
Appetite for Destruction Guns N Roses
Nevermind Nirvana
Iggy Pop qui est beaucoup moins idiot qu’il ne le prétend.
Milo Milodragovitch, plus cool tu meurs.
Dee Dee Ramone, personnage central dans l’histoire du Punk et qui a composé le premier album des Ramones en 15 jours sur une basse avec deux cordes, en écoutant l’album on aurait presque envie de dire « vive l’héroïne ».
Jay Mascis de Dinosaur Jr car il n’a rien d’actuel et qu’il fait toujours la même musique de débile depuis 30 ans…je préfère l’éternité à l’actualité…
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New York, même si cette ville est à présent pour moi plus un fantasme qu’une réalité mais j’y aime toujours les bars.
J’ai voyagé pendant toute mon adolescence avec un ami cher qui était plus vieux que moi il conduisait pendant que je buvais des bières en cachette stockées dans la glacière à l’arrière, ambiance The passenger d’Iggy Pop…je me souviens de visite de musées foireux disséminés aux quatre coins du territoire comme le musée de la braguette, le musée du bouton, le musée des tracteurs…enfin tous ces musées loufoques qui nous rappellent que l’Amérique est un pays neuf, un petit bébé furieux…
Ses marges.
Hillary Clinton qui symbolise tout ce que je déteste et vomis.
Je souhaite à l’Amérique de tomber, qu’elle cesse d’être la première puissance du monde, je lui souhaite de connaitre la nostalgie douce-amère de l’Empire perdu…the times they are a changin’…
Réalisé par mail le 10 juin 2016.
Wollanup.

Matthew Klein, auteur déjà publié par le Seuil il y a quelques années, se consacre à l’écriture dans le Westchester (l’heureux homme!) où il vit avec femme et enfants après avoir passé des années en Californie dans la Silicon Valley où il avait fondé plusieurs start-up. Si son passé de dirigeant d’entreprise lui a certainement servi pour une partie de l’intrigue, on peut par contre se demander quelles sont les addictions de Klein qui rendent son cerveau aussi dérangé pour commettre une telle intrigue furieuse.
« Chaque fois que Jimmy Thane a été confronté à un choix, il a pris la mauvaise décision. Après des années d’alcoolisme et d’incartades amoureuses, on lui donne une dernière chance de sauver sa carrière et son mariage : il a sept semaines pour redresser une entreprise en difficulté. Mais il pressent vite que quelque chose ne va pas. Quand la police vient enquêter sur la disparition du précédent directeur, et que Jimmy découvre du matériel de surveillance dans la maison de son voisin, il se demande dans quel guêpier il s’est fourré. »
Le roman se compose de deux parties qu’on croirait issues de deux romans différents. Après un incipit absolument choquant laissant présager les moments difficiles à venir, l’histoire ressemble à un roman sociétal décrivant la vie d’une entreprise en déroute: les employés déprimés, absents y compris quand ils sont présents, les cadres imbus de leur statut et de leurs privilèges, les dépenses inutiles, le laisser-aller général, les projets foireux, les contrats perdus, un triste constat d’échec que Jimmy Thane découvre à son arrivée et qu’il doit révolutionner pour sauver l’entreprise mais aussi sa propre carrière ainsi que sa vie avec Libby son épouse, dans une Floride inconnue si loin de la Californie. C’est la dernière chance pour Jimmy alors pas de sentiment. Et puis il y a le mystère de la disparition de son prédécesseur, un flic du FBI qui rôde, des anomalies dans la comptabilité. C’est vif, emballé, emballant, empli d’enseignements pour les gens qui ne connaissent pas ce monde charmant dans sa version ricaine.
Petit à petit, Jimmy furète et découvre pas mal de choses bien dérangeantes, commence à comprendre son rôle, voit le danger et puis c’est l’explosion d’une deuxième partie concentrée sur un Jimmy aux abois et le mot est faible. Le danger bien tangible est pourtant anonyme, semble venir d’une mafia russe ou tchétchène voire ukrainienne. (Petite parenthèse: là, les anti-Américains primaires pourront hurler une fois de plus que les Américains sont des ploucs comme je l’ai vu tristement écrit encore dernièrement sur facebook mais qu’ils aillent demander aussi au Français moyen la différence entre le Kansas, l’Arizona et le Wisconsin).
Comme Jimmy, on sombre dans la paranoïa jusqu’à un déferlement de violence dont la provenance n’est jamais réellement identifiée, totalement insaisissable mais extrêmement meurtrière qui rappelle un célèbre bon film que je tairai tout en laissant néanmoins un petit indice.
Le rythme de l’intrigue suit un crescendo infernal jusqu’aux révélations finales qui vous étonneront sans aucun doute à défaut de totalement vous convaincre. Alors les cartésiens trouveront sûrement à redire, les adeptes de la rationalité auront peut être quelques griefs mais les amateurs de bon polars bien construits, de thrillers vraiment surprenants y trouveront, à l’aise, leur compte.
Efficace.
Wollanup.
Benoit Minville, besoin de le présenter en ce début d’année 2016 l’auteur de Rural Noir à la SN ?
Libraire et auteur à la SN. Il nous fait l’amitié de dire ses influences et ses amours américaines et on le remercie.

Première prise de conscience d’une attirance pour l’Amérique?
Tom Sawyer et Huck. La liberté buissonnière dans le vieux Sud. L’aventure, l’enfance.
Une image

Un événement
Le 11 septembre 2001.
Un roman

Un auteur
Joe R. Lansdale

Un film
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Un réalisateur
Jeff Nichols

Un disque

Un musicien ou un groupe
Pantera, Lynyrd Skynyrd
Un personnage de fiction
Deux, Hap et Léonard de Lansdale
Un personnage historique
Johnny Cash

Une personnalité actuelle
Stephen King
Une ville, une région
NOLA, Louisiane.

Un souvenir, une anecdote
Je m’en ferai, je n’y suis encore jamais allé
Le meilleur de l’Amérique
Le roman noir, la littérature en général.
Le pire de l’Amérique
Donald Trump
Un vœu, une envie…
Fuck the american dream!
Avril 2016.

Willy Vlautin a accepté de répondre à mes questions. Vous allez voir, c’est un mec bien.
Mais tout ceci aurait été impossible sans la gentillesse et le professionnalisme des gens d’Albin Michel et surtout sans le travail de traduction des questions et des réponses effectué par Hélène Fournier, traductrice des romans de Willy Vlautin que je remercie infiniment de pallier à mes carences en anglais.
Leader du groupe alt-country Richmond Fontaine, créateur du groupe the Delines et auteur reconnu de quatre romans dont le tout nouveau « Ballade pour Leroy » chez terres d’Amérique d’Albin Michel, Willy Vlautin le personnage public a plusieurs cordes sympathiques à son arc mais, pour les Français qui vous connaissent moins, qui est l’homme Willy?
C’est gentil à vous de dire tout ça. Qui suis-je ? Si seulement je le savais. J’imagine que nous passons tous notre vie à essayer de savoir qui nous sommes. Avant tout, je suis un fan de littérature et de musique. Quand j’étais petit, je ne savais pas quoi faire. Comment m’approcher encore plus des livres et de la musique ? Impossible de les boire ou de les manger, alors il fallait que je m’en approche. Que j’y plante mon drapeau, et c’est ce que j’ai fait. Je n’étais pas particulièrement talentueux mais j’ai toujours su quel genre d’histoires je voulais raconter. Je voulais raconter des histoires sur le monde ouvrier.
You are the leader of the Richmond Fontaine alt-country band, the creator of the Delines group and the famous author of four novels. As a public figure, you have more than one great strings to your bow but, for the French people who don’t know you very well, who is Willy?
It’s nice of you to say all that. Who am I? Hell I wish I knew. I guess we all spent our lives trying to figure out who we are. I guess more than anything I’m a fan of literature and music. As a kid I loved them both so much that I didn’t know what to do. How could I get closer to them? I couldn’t eat or drink them, I just had to join them. I had to plant my flag on that side of things and so that’s what I did. I didn’t have talent or great ability but I always knew the kinds of stories I wanted to tell. I wanted to tell working class stories.

En m’adressant en premier au musicien, j’ai appris que Richmond Fontaine sortait un nouvel album en mars. Est-ce un feu d’artifice final pour une carrière de 20 ans agrémentée par une dizaine d’excellents albums ou juste une nouvelle étape?
En tout cas, ce sera notre dernier album pour un bon bout de temps. Comme nous en sommes tous très satisfaits, nous nous sommes dit que ce serait bien de s’arrêter là. Ca fait un bail qu’on est ensemble et on est restés bons amis. RF a été la meilleure famille que j’aie jamais eue et, par respect, on s’est dit que ce serait bien de s’arrêter sur un album que nous aimons tous énormément. On va partir en tournée jusqu’à la fin de l’année et puis on fera la fête tout un week-end.
I will first address the musician. I heard that there is a Richmond Fontaine album coming out in March. Is it the final fireworks after a 20-year career with around ten great albums or just a new step?
I think at the very least it’ll be our last record for some time. We all feel great about the new record that we figured it would be a good place to stop. It’s been a great run and we’re all still good pals. RF has been the best family I’ve ever had so out of respect for it we thought we would stop on a record we all love. We’ll tour for the rest of the year and then have a week long party.
Vous travaillez conjointement donc sur deux projets musicaux Richmond Fontaine et the Delines que vous avez créé en 2012 et où on peut apprécier la voix si troublante d’Amy Boone, pour quelle raison avez-vous créé ce nouveau groupe à voix féminine? Quand vous écrivez une nouvelle chanson, savez-vous au départ à quelle identité musicale vous la destinez?
Amy est une amie que j’ai rencontrée lors de la tournée qu’elle a faite avec son groupe, The Damnations. Dès que je l’entendais chanter, je me disais : « Oh, j’adorerais faire partie d’un groupe avec un vrai chanteur/une vraie chanteuse. Sa voix est douce, rauque, romantique ». J’ai toujours rêvé de faire partie d’un groupe où je ne serais pas sur le devant de la scène, où je me contenterais d’écrire des chansons et de jouer de la guitare. Mais vous avez raison, j’ai plusieurs casquettes quand j’écris. Pour Amy, j’essaie d’écrire de la musique soul, des mélodies très romantiques que je serais incapable de chanter. Elle est capable de tout chanter. En fait, ça me permet d’avoir une grande liberté pour écrire.
You work on two musical projects, Richmond Fountaine and the Delines that you created in 2012 with Amy Boone’s thrilling voice. Why this new group with a woman’s voice ? When you write a new song, do you know, from the start, to which musical identity you intend it?
Amy is a good friend of mine who I met while touring with her band, The Damnations. When I’d hear her sing I’d say to myself, “Man oh man I’d love to be in a band with a real singer. Her voice is sweet, worn, world weary, and romantic.” I’ve always wanted to be in a band where I was in the back, where I just helped write songs and play guitar. I’ve never had the personality to be comfortable as a front person. But you’re right I do put on different hats when writing. When I write for her I try to write classics, big romantic soul tunes that I could never sing myself. But I always feel she can sing anything and do it well. So in a lot of ways it’s like taking the handcuffs off my writing.

Quelle est pour vous la différence de portée d’un message social envoyé par le biais de la musique par rapport à celui inclus dans un roman? S’adressent-ils tous deux au même public?
Mes chansons sont la bande-son de mes romans. Ils vivent dans le même univers, dans le même pâté de maisons, dans le même immeuble. La plupart de mes romans étaient, à la base, des chansons. Généralement une idée donne lieu à une chanson. Mais il arrive que j’écrive deux ou trois chansons qui se transforment ensuite en roman. Ballade pour Leroy a commencé de cette façon-là.
For you, what is the difference of impact between a social message you send through music and through a novel ? Do they address the same public?
I think mostly that my songs are soundtracks to my novels. They live in the same world, on the same block, in the same apartment building. Most of my novels have started as songs. Usually an idea I have is completed as a song, but once in while it’ll just be the start of the idea. I’ll write two or three songs and then a story and soon it becomes a novel. THE FREE began that way.
Patterson Hood a créé la belle chanson « Pauline Hawkins », présente sur le dernier album de Drive By Truckers en hommage à l’héroïne de votre roman « ballade pour Leroy », ce qui est un bel hommage de la scène musicale alt-country/folk et j’aimerais savoir si dans cette communauté musicale, il existe des groupes dont le talent mériterait d’être reconnu chez nous?
Quand j’ai entendu Pauline Hawkins, j’ai cru que j’avais trouvé un million de dollars sur le trottoir. J’étais fier, fou de joie, et je me sentais tellement chanceux. Patterson Hood est un de mes héros et The Drive By Truckers est le seul groupe dont j’aimerais faire partie. Ça a été un honneur pour moi et je ne l’oublierai jamais.
Patterson Hood wrote the wonderful song – Pauline hawkins – which is part of the Drive By Truckers’ last album, in tribute to The Free’s heroine. This is a great homage of the alt-country/folk music scene and I’d like to know if, among this musical community, there are talented groups that would deserve to be known here in France.
When I heard Pauline Hawkins I felt like I’d just found a million dollars in the middle of the road. I was so damn excited and proud, felt so lucky. Patterson Hood is one of my songwriting heroes and The Drive By Truckers is the only band I wish I was in. So it was a great honor and one I’ll never forget.

Avez-vous choisi d ‘écrire pour mieux raconter vos contemporains surtout les oubliés du rêve américain ou le projet d’écrire a -t-il toujours été en vous?
Jeune, je m’intéressais déjà aux droits des ouvriers. John Steinbeck, l’auteur qui a écrit sur la classe ouvrière américaine, était déjà un héros à mes yeux quand j’étais lycéen. J’avais une photo de lui tout à côté d’une photo de The Jam et de The Who. J’ai grandi dans une région où il y avait beaucoup de paumés et le patron de ma mère a souvent essayé de les embaucher et de les réinsérer. Si bien que j’ai vu des hommes échouer, s’effondrer puis rebondir et s’effondrer à nouveau. Et puis ma mère a fait le même boulot pendant trente ans et a toujours eu peur de se faire virer. Tout ça a eu beaucoup d’impact sur moi et sur ma vision du monde. Les riches contre les pauvres. Les propriétaires contre les travailleurs.
Did you choose to write to be able to depict your contemporaries, especially those who are neglected and unable to fulfil the American dream ? Or have you always had it in you to write?
Even as a kid I was interested in worker’s rights. John Steinbeck, the American working class writer, was a hero of mine even in high-school. I had a picture of him right next to a picture of The Jam and The Who. Where I grew up there were a lot of wayward men, drifters, and my mom’s boss often tried to hire them and re-habilitate them. So I saw how men fail and fall apart and then rebound and then fall apart. I think that had something to do with it, and also my mom worked the same job for 30 years and was always scared of getting fired. She was a bit crazy about that, but even so it had a big impact on me and my ideas of the world. Rich vs. Poor, owners vs. workers. The haves the have nots.

« Ballade pour Leroy » est le premier de vos romans qui ne soit pas un road movie, pourquoi ce changement, avez-vous eu envie de parler des gens que vous côtoyez,de l’Amérique que vous connaissez?
L’idée de fuir en allant jusqu’à la prochaine ville m’a toujours attiré. C’est peut-être lié à la culture cinématographique des Etats-Unis. Petit, je vivais dans les films. J’ai beaucoup réfléchi à cette idée selon laquelle je serai plus heureux dans la ville d’à-côté, que j’y réussirai mieux, et j’ai dû faire beaucoup d’efforts pour m’en défaire. C’est comme une béquille. Ce qui explique peut-être pourquoi j’écris là-dessus. Et puis, aux Etats-Unis, il peut y avoir tellement de solitude et de distance au sein d’une même famille. Dans bon nombre de familles, les parents vivent dans une ville, chaque enfant dans une ville différente, les oncles et tantes dans d’autres villes encore, et les grands-parents aussi. Il y a sans doute là-dedans une certaine part de liberté mais aussi un grand sentiment d’isolement et un appauvrissement de l’idée même de famille. Ça m’a toujours intéressé. Mais dans Ballade pour Leroy, personne n’est libre. Tous les personnages sont coincés. Si bien que je ne les ai pas fait bouger. Le seul qui voyage, c’est Leroy, et il voyage dans sa tête pour fuir.
Unlike your previous novels, The Free is not a road movie. Why this change ? Did you want to talk about people you mix with, about the country you know ?
The idea of escape by leaving to the next town has always been attractive to me. Maybe it’s because of US movie culture. I lived inside movies as a kid. The idea that I’ll be happier and better and more successful in the next town is something I’ve thought a lot about and tried hard to overcome. It’s a crutch. Maybe that’s why I’ve written about it. Also there can be such a loneliness and distance between families in the US. In a lot of families, the mom and dad will live in a town, the kids will live in separate towns, the aunts and uncles in yet different ones, and the grandparents in different ones as well. There’s freedom in that I suppose but also isolation and the breakdown of the idea of family. That’s always interested me. But in THE FREE, everyone in it is the opposite of free. They are stuck. So I didn’t let them move anywhere or really go anywhere. I suppose the only one who travels is Leroy, and he travels in his mind as escape.
En même temps, il existe une continuité avec vos autres écrits puisque le personnage principal est encore une fois un jeune à qui la vie n’a pas réellement souri? Pourquoi un tel attachement à des personnages jeunes et maudits?
Vous avez raison, mes personnages ont souvent une vingtaine d’années et certains sont même plus jeunes. C’est un âge difficile, un âge où, sur bien des plans, vous mettez en place tout votre avenir. J’ai tellement bataillé à cet âge-là. Et j’ai eu bien du mal à m’en sortir. D’où des personnages comme Frank et Jerry Lee dans Motel Life et Allison Johnson dans Plein Nord. Dans ces deux romans, les personnages principaux, qui ont une vingtaine d’années, sont dans un sale état et ils doivent désormais survivre en tant qu’adultes. Dans Cheyenne en automne, ce qui m’intéressait, c’était le sentiment d’impuissance d’un garçon de 15 ans qui avait presque l’âge de conduire et de gagner de l’argent, mais pas tout à fait encore. L’impuissance, l’incapacité à disposer de soi-même. Dans Ballade pour Leroy, c’est différent. Il ne s’agit pas de personnages blessés qui sont en marge de la société. Ils appartiennent à la classe ouvrière, à la classe moyenne, et ils sont perdus. Ils sont happés par la société dans laquelle nous vivons. A travers Carol/Joe, je cherchais moins à parler d’une jeunesse laissée pour compte que de la droite religieuse et de son influence aux Etats-Unis.
At the same time, there is a continuity as the main character is also a young person that life doesn’t treat well? Why this fondness for young and ill-fated people?
You’re right I do write a lot about people in their twenties, sometimes even younger. It’s a hard age, an age where, in a lot of ways, you set up how you will live the rest of your life. I struggled so much in my twenties. I barely made it through. I think that’s why I wrote characters like Frank and Jerry Lee in THE MOTEL LIFE, and Allison Johnson in NORTHLINE. In both those novels the main characters come into their twenties in beat up shape and they have to now survive as adults. In Lean on Pete I was interested in the powerlessness of being a boy, 15 years old, close to being able to driving a car and making money but not quite there. The lack of power, of self-determination. In The Free it’s different. It’s not about wounded people who are fringe people in society. They are working class, middle class people, the best people, who are getting lost in America. Swallowed by it. The idea of Carol/Jo in the novel, was less about disenfranchised youth as it was about the religious right and its influence in America.

Entre l’histoire de l’envoi de la garde nationale en Irak, le système de santé américain, le surendettement des ménages, la descente vers la marginalisation de gens des classes moyennes, tous ces thèmes évoqués dans le roman pour montrer la détresse de la population ne sonnent-ils pas comme des messages très significatifs envoyés aux dirigeants des USA? Êtes-vous impliqué politiquement?
Ce roman est le plus politique que j’ai jamais écrit. Le titre, The Free, fait référence à notre hymne national. Notre intervention en Afghanistan et en Irak de même que notre système de santé m’affectaient beaucoup, m’empêchaient de dormir si bien que j’ai commencé à écrire sur le sujet et Ballade pour Leroy est né ainsi. C’est dans mes romans que je pense être le plus à même d’aider politiquement et c’est donc là que je concentre toute mon énergie.
In The Free, there are various themes showing people’s distress – the National Guard sent to Iraq, the American health system, the debt burden, the middle-class’s marginalization. Are they very significant messages sent to the leaders of your country ? Are you politically involved ?
This novel is my most political novel. The title THE FREE comes from the US national anthem. I was deeply upset over our involvement in Afghanistan and Iraq, and well as our health system. Both of these issues wouldn’t leave me alone, they’d wake me up at night so I began writing about them and THE FREE came from that. Politically I think the best help I can be is in my novels so I focus my political ideas and energy into them.
Où trouvez-vous votre matériau pour l’écriture? Avez-vous rencontré des gens extraordinaires comme Pauline, Leroy et Freddie?
J’admire les infirmières, je suis sorti avec une infirmière pendant environ deux ans, d’où le personnage de Pauline. J’ai toujours voulu leur rendre hommage à travers l’écriture. C’est l’un de mes objectifs en tant que romancier. J’ai aussi voulu écrire sur ce que vivent les soldats de la garde nationale, sur l’injustice de leur sort. Je me suis toujours fermement opposé à notre intervention en Afghanistan et en Irak. D’où le personnage de Leroy. Quant à Freddie, il représente la classe ouvrière. C’est un homme honnête et bon mais il est tellement mis sous pression qu’il en arrive à enfreindre la loi. Par ailleurs, j’ai été peintre en bâtiment pendant douze ans.
Where do you find your material to write ? Have you met extraordinary people like Paulin, Leroy or Freddie ?
I admire nurses and I went out with a nurse for a couple years so that’s where Pauline came from. I’ve always wanted to write a tribute to nurses. It’s been one of my goals as a novelist. As for Leroy, I wanted to write about, in my own way, the struggle of the United States National Guard soldiers. I’ve always been dead set against our involvement in Afghanistan and Iraq and the National Guard soldiers took an unfair role in my opinion. That’s where Leroy came from. And Freddie, he’s the working class. He’s an honest and good man who’s under such duress he breaks the law. I was a house painter for 12 years and that’s where he came from.
Elmore Leonard a dit que si on écoutait une chanson country à l’envers, votre femme ne vous avait pas quitté, vous n’aviez plus perdu votre job, votre pick-up n’était plus tombé en panne et votre chien n’était plus mort. Pour vous, peut-on qualifier « Ballade pour Leroy » de chanson country, quel est le roman que vous avez vraiment voulu écrire?
Ballade pour Leroy est plutôt une chanson folk politique et enragée. Dans la veine de Bob Dylan et de Woody Guthrie. Motel Life est plutôt une chanson country, Plein Nord une ballade triste et romantique et Cheyenne en automne une chanson folk.
A country song is usually sad. Is The Free a country song?
I think of THE FREE as more of an angry political folk song. In the vein of Bob Dylan and Woody Guthrie. I see The Motel Life as a country song, NORTHLINE- a long sad romantic ballad, and Lean on Pete- a traditional story folk song.
Quel est pour vous le morceau, la musique qui collerait le mieux avec « Ballade pour Leroy »?
Ah, c’est une question difficile. Je n’y ai jamais réfléchi ! Au moment où je vous écris, je dirais une chanson de Drive By Truckers ou peut-être de Woodie Guthrie
For you, what would be the music, the piece of music, that would go well with The Free?
Ha what a question. I’ve never thought about this! This morning, right now, I think THE FREE does feel like a Drive By Truckers song or maybe a Woodie Guthrie song.
Thank you so much Willy!
Wollanup.
Entretien réalisé par mail en février 2016.
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