Small Town Sins
Traduction: Clément Baude

« Locksburg, Pennsylvanie, est pavée des mêmes bonnes intentions que l’enfer. Nathan, Callie et Andy mènent des vies tristes et banales dans cette petite ville minière sans histoire.
Nathan, pompier volontaire, travaille à l’usine d’assemblage de la ville et ne rêve que d’un ailleurs plus riant. Callie, infirmière, aime son métier malgré la misère quotidienne à laquelle elle est confrontée. Andy, ancien toxico, vient de perdre femme et enfant dans des conditions tragiques et risque à tout moment de replonger.
Alors que Nathan est obsédé par une grosse somme d’argent qu’il vient de trouver, Andy fomente une vengeance terrible, et Callie, tente d’exaucer le vœu d’une jeune patiente en fin de vie. »
« Locksburg, Pennsylvanie, est pavée des mêmes bonnes intentions que l’enfer » introduit l’éditeur et, trois fois hélas, on pourrait en dire de même de ce premier roman de Ken Jaworowski dramaturge et rédacteur pour « The New York Times« . Parler de roman sonne déjà très faux car en fait, on lit trois nouvelles qui n’ont comme lien qu’un obscur village déshérité de Pennsylvanie comme tant d’autres et dont on ne sait pas grand-chose et c’est bien dommage pour ce qui semble être la porte d’entrée principale américaine de l’enfer. En alternant les trois histoires, l’auteur parvient à créer un certain suspens pendant un certain temps mais au bout d’un moment, on n’en peut plus du pathos. Tous les personnages sont malades ou/et atteints d’affections incurables, d’addictions et de tares. Comme si cela ne suffisait pas, on en découvre de nouvelles en cours de lecture. Pour seul exemple, vous découvrirez les autres par vous-même : un couple de toxicos décidant d’arrêter la came pour préserver la santé de leur enfant à naître « gagnent » à la loterie de la vie une gamine handicapée qui en plus souffre de graves problèmes cardiaques. Du pathos, encore du pathos, toujours du pathos qui finit par tuer le pathos et toute affection qu’on pourrait avoir pour ces damnés. On a l’impression que l’auteur n’arrivait à terminer ses histoires et qu’il a fallu qu’il rajoute en cours d’écriture, du malheur, du drame, du sordide, à la grosse louche… Il est vrai que l’histoire du type qui fait main basse sur un paquet de fric ne brille pas par son originalité et qu’il fallait bien trouver des artifices pour la distinguer de tant d’histoires semblables déjà lues, soit. Mais, plus grave, il parvient aussi à flinguer la seule histoire qui tenait debout, le road trip attendrissant d’une infirmière affublée d’un bec de lièvre et d’une gamine atteinte d’un cancer incurable en toute fin de vie voulant découvrir la mer avant de mourir. Alors que la cavale était belle, soudain elles se retrouvent en péril dans un mobil home déglingué avec des salauds de la pire engeance dans des péripéties très improbables.
On n’y croit pas un instant… En fin de lecture, toutes ces plaies d’Egypte qui s’abattent sur les personnages… cela en devient pathétique voire risible, tout le contraire de l’effet escompté. Et c’est bien dommage parce qu’il faut reconnaître que Ken Jaworowski a une très belle plume qui fait qu’on adhère… au début. Bref, c’est juste un avis. Si vous désirez découvrir l’univers des romans ruraux américains et que vous avez aussi surtout particulièrement envie de sortir vos mouchoirs peut-être serez-vous séduits par le roman. Les habitués des œuvres de Larry Brown ou de Chris Offut passeront leur chemin.
Clete.
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