The Staircase in the Woods

Traduction: Paul Simon Bouffartigue

« Ils étaient cinq adolescents, inséparables. Livrés à eux-mêmes, ils avaient fait un serment : toujours veiller les uns sur les autres, quoi qu’il arrive. Jusqu’à cette nuit passée à camper au cœur de la forêt, au cours de laquelle ils ont découvert un mystérieux escalier, dressé au milieu des bois. Matty a monté les marches, n’en est jamais redescendu. Et l’escalier a disparu. Pris de panique, ses amis se sont enfuis.

Vingt ans ont passé. Et l’escalier est réapparu. Pour Owen, Lore, Hamish et Nick, l’heure est venue de retourner sur les lieux du drame. De retrouver Matty. Et d’affronter ce qui se cache de l’autre côté. Mais ce à quoi ils s’exposent dépasse tout ce qu’ils avaient imaginé. Un cauchemar où les traumatismes d’enfance, les trahisons, les blessures enfouies, les peurs les plus profondes sont aussi menaçants que ce qui attend en haut des marches. »

Même si son œuvre n’est, pour le moment, que partiellement publiée en France et chez plusieurs éditeurs (Sonatine, Pocket, Albin Michel, Panini…) il faut dire que l’écrivain américain Chuck Wendig n’en est clairement pas à son coup d’essai. Après avoir publié en France, en 2019, Les somnambules qui avait reçu un bel accueil, Sonatine publie désormais un nouveau roman de l’auteur, L’escalier dans les bois.

Un jour, une bande de potes adolescents qui a scellé leur amitié en baptisant leur groupe « L’Alliance » et supposée répondre présent à toute invocation de ce nom par les membres de leur petit groupe (Lore, Owen, Hamish, Nick et Matty), part pour une petite expédition en forêt et tombe sur un escalier abandonné et apparemment connecté à rien. C’est alors qu’un ascenseur émotionnel se met en place (escalier, ascenseur… vous l’avez ?). Matty, comme tout bon ado réfléchi qui se respecte, décide de grimper cet escalier sur un coup de tête avant de subitement disparaître nul ne sait où. Vingt ans plus tard, la bande de potes alors brisée par cet événement, voit « L’Alliance » réunie à l’invitation de Nick qui prétexte un cancer qui lui sera mortel sous peu. Le dit prétexte, fallacieux, permet à Nick de réunir ce qui reste de la bande autour d’un nouvel escalier dans une forêt. Bien évidemment, dans une démarche mûrement réfléchie, le groupe décide de gravir l’escalier en question pour hypothétiquement retrouver leur ami disparu. Ils se trouvent alors projetés (Téléportés ? Transportés ?) dans une maison de l’horreur labyrinthique qui leur veut du mal, où chaque pièce leur inflige une mise en scène, cruelle et violente, invoquant un trauma impliquant généralement des personnes faisant du mal à d’autres personnes.

Vous l’avez peut-être déjà compris, l’idée de base, le groupe d’adultes revenant là où un drame inexpliqué s’est passé lorsqu’ils étaient ados, à largement de quoi rappeler celui du fameux Ça de Stephen King. L’idée de la maison labyrinthique avec ses multiples pièces, rappelle également l’un des succès cinématographiques de l’année, le film Backrooms de Kane Parsons. A l’image du film, le roman de Chuck Wendig puise son inspiration dans une creepypasta, ces légendes urbaines qui fleurissent sur le net, notamment sur le forum Reddit r/nosleep. On est donc en plein dans la pop culture contemporaine, dont les références, geek et nerd, sont légion dans ce livre.

Avec une écriture assez redondante, Chuck Wendig enfonce pas mal de portes ouvertes au fil de son histoire somme toute assez confuse (maison, portes… vous l’avez ?). Les situations comme les sujets (l’amitié, le deuil, comment vivre avec les traumas de l’enfance…) demeurent relativement attendus, malgré la mise en scène qui aurait pu surprendre un peu, mais dont l’horreur a peiné à m’atteindre. Les personnages, caricaturaux, n’ont rien de sympathique ou d’intelligent, voire sont assez irritants, notre groupe d’adultes demeurant d’éternels ados qui, pour dire cela un peu vulgairement, chouinent comme des ados et qui souvent ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. A son récit, l’auteur tente d’apporter quelques réflexions politiques dans l’air du temps, plutôt bienvenues, mais là encore assez maladroitement amenée et un peu trop moraliste pour faire mouche.

L’escalier dans les bois de Chuck Wendig est un roman d’horreur dont l’expérience peut s’avérer claustrophobique pour les plus réceptifs, mais qui peut peiner à convaincre si l’on s’attarde trop sur les fragilités du noyau de l’escalier. Un livre sur des adulescents, pour des adulescents, qui prendront certainement effroi avec ce récit cauchemardesque réunissant son lot de références qui font recette aujourd’hui.

Brother Jo.