Chroniques noires et partisanes

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PUKHTU secundo de DOA / Série Noire / Gallimard.

 

Présenter ou résumer PUKHTU Secundo c’est utopique, voire irrespectueux pour son géniteur et son (futur) lectorat. Un ressenti de cette saga additionnée à des bribes symptomatiques de ma lecture, de ma plongée, n’en sera que le sel d’un roc brut aride mais qui délivrera des émotions que seul le vivant reste susceptible de transmettre, de communiquer.

« “Vous avez bonne mémoire. ”

Montana acquiesce, songeur. Ce nom le hante depuis six ans. Après avoir atteint leur objectif, empêcher l’attaque et récupérer le puissant neurotoxique d’origine française dont les islamistes entendaient faire usage, le clandestin et l’infiltré, Robert Ramdane, se sont volatilisés. Un imprévu contrariant. Il avait en effet été décidé de rhabiller les deux hommes en ennemis de la République et de les tuer, pour leur faire endosser plus aisément la responsabilité d’une série de décès suspects, ceux des véritables intégristes, auxquels les journaux et les services de police commençaient à s’intéresser. “Où se cache-t-il ? ” »

Les sentiments, les affects, les tensions se conjuguent à tous les temps et de son rythme propre l’auteur nous convoque comme prévu pour ce second acte. Avide de dénouer les nœuds gordiens d’une géopolitique implacable, froide, on rentre les épaules pour se frayer un passage dans la nasse tressée. Les retrouvailles avec les différents acteurs sont parfois empreintes de retenues, d’une certaine frilosité. Mais de nouveau on perçoit que nous ne sommes pas les parangons d’une farce, d’une duperie, d’une vile manipulation. La manipulation elle procède d’un autre niveau, ce niveau qui ne tient pas compte des êtres dans leur singularité, leur richesse propre. On assiste alors à une révolte de « pions » qui ne veulent plus en être. Et comme dans tout soulèvement, il y’a des victimes, des virages, des inflexions de vie à assumer. La poussière vole, les cœurs se déchirent, les estomacs se nouent et proche de la nausée on vomit une coulée d’émotions où nous sommes contraints de faire face !

Les consciences face au miroir sont meurtries qui mènent à des prises de décisions lourdes mais irrévocables. Possédé par la force suggestive derrière une fresque « picaresque » à la Guernica, on se résout à constater, qu’inconsciemment ou pas, que noter empathie pour les différents acteurs grandit tout au long de notre trajet en leurs compagnies. La force magnétique de chacun montre et démontrent l’universalité des émotions, des sentiments et la difficulté d’y faire face, d’exister avec. A chaque impasse, à chaque cul-de-sac la lumière l’emporte sur la terreur.

DOA a tenté, a réussi un pari osé qui aurait pu passer pour un roman d’étude géopolitique, qu’il est en partie, mais indubitablement le roman d’êtres humains mis à nu avec leurs forces, leurs faiblesses. Cette irrépressible volonté de dénuder ses personnages pour en faire les égaux de nous-mêmes exploite nos émotions les plus profondes, les plus authentiques, les plus limbiques.

La littérature sert aussi à se voir comme l’on aimerait être sans cette dimension du paraître. Nul besoin d’artifices, d’atomiseurs, de formes tapageuses, les tripes et la pompe à fluides vitaux, sont bel et bien les seules armes de nos existences réelles.

« Un IPod, ombilic superflu, indispensable à sa raison » c’est dérisoire mais nécessaire au même titre que rechercher l’humain, bien trop dédaigné, méprisé, est essentiel.

MERCI Monsieur !

Chouchou.

PUKHTU Secundo / DOA / SN.

« C’est un long voyage, mouvementé, souvent difficile, parfois grandiose, à travers le monde d’aujourd’hui – son versant noir et caché s’entend – mais, à l’instar de tous les périples lointains, il est exigeant et se mérite. Quant aux deux parties, leur différence perçue est surtout la conséquence de leur séparation physique. Lue dans la continuité, la seconde moitié apparaît pour ce qu’elle est, l’évolution logique de la première, un resserrement du général au détail et au personnel. » (DOA, extrait de l’entretien en ligne le 14/10/2016)

Les propos de l’auteur vous garantissent une continuité entre les deux tomes de Pukhtu mais ne parlent aucunement des énormes surprises que ce second opus réserve au lecteur. Il va sans dire que ceux qui n’ont pas lu Primo doivent commencer par le faire. Le mieux est même de commencer par « Citoyens clandestins », d’enchaîner par « le serpent aux mille coupures » pour bien appréhender le final de ce cycle que DOA expliquera avec la franchise qu’on lui connait dans l’entretien haut de gamme qu’il nous a accordé, en ligne vendredi. Cette fin de cycle qui représente plus de dix ans de travail, ce qui n’aurait pas à être mentionné s’il aboutissait à un résultat médiocre, mais c’est loin d’être le cas et même l’emploi de superlatifs ne peut rendre compte de ce que j’ai pu éprouver à la lecture de Secundo.

« Un resserrement du général au détail et au personnel ». Le général, c’est bien sûr Primo avec la guerre au XXIème siècle et je reprends ici des passages de ma chro du livre parue chez Unwalkers à l’époque, avril 2015, et aujourd’hui disparue du Net.

[Ce pavé parle de la guerre en Afghanistan à une époque, 2008, dans un pays rendu exsangue par les ravages de la guerre et où les magouilles traditionnelles du pays le plus corrompu de la planète à égalité avec la Corée du Nord et la Somalie se sont développées avec l’argent des occupants américains et à la faveur de l’anonymat créé par la guerre en Irak. Mais avant tout, comme dans « la Religion », c’est le combat entre deux sociétés qui ne se comprennent pas et se combattent comme à l’époque des croisades. Rien n’a changé. Comme Willocks, DOA sait décrire les combats, la peur, l’horreur, la folie meurtrière, l’héroïsme, la boucherie, la folie des hommes… et comme chez Willocks, on reste hébété devant le carnage décrit très maladroitement par les média et que les auteurs arrivent à nous faire vivre comme l’enfer sur Terre avec ces combattants, dans chaque camp, égarés, complices d’intérêts qu’ils ne comprennent pas et dont ils sont les premières victimes.]

 

Quand on reprend l’histoire, c’est le même enfer :

« Ouais, ouais y a du déchet, quelques morts, enfin pas mal, des blessés et des innocents qui finissent dans des cages, des jeunes et des vieux aussi, des gentilles barbes grises, et eux, c’est presque sûr, ils se retrouvent là pour des comptes mal réglés ou parce qu’ils l’ont ouvert trop grand, contre le président afghan qui pédale dans l’ opium, les alliés du président qui les rackettent, les battent et violent leurs femmes et leurs gosses, ou nous autres, les alliés des alliés du président qui fermons les yeux… Mais tu le sais toi, que c’est pas simple de trouver qui est qui dans ce pays de putains d’enculés de leur mère, qu’a pas envie de sortir de sa merde… Alors s’il faut marcher sur des pieds, tordre des bras, fracasser deux trois crânes voire buter des inoffensifs pour leur mettre la main dessus, aux nuisibles, tant pis, ils avaient qu’à pas être là, hein ? Eux ou nous, mon frère, eux ou nous. » (page 312).

Mais la grande particularité de Secundo, c’est « au détail et au personnel » car, après nous avoir conté de manière très didactique et passionnante cette guerre et toutes les guerres souterraines, toute la folie, les magouilles des différents camps, DOA va se consacrer à ce que tout lecteur attend avec force, l’heure où certains salopards vont payer pour leurs exactions, leurs manœuvres, leurs profits. Certains doivent payer mais ce n’est jamais si simple chez DOA et vous n’êtes pas au bout de vos surprises parce que si châtiment il y aura bien, impossible de savoir qui tiendra le glaive et qui seront les victimes.

La grande force de Secundo, c’est d’arriver à faire vivre la multitude de personnages qui peuplent son œuvre, d’analyser en détail la psychologie de chacun, les principaux comme les secondaires tout en réveillant des fantômes, créant ainsi un immense tableau apocalyptique dont tous les participants vont se diriger inexorablement, implacablement vers un chaos prévisible, espéré pour certains et bien regrettable pour d’autres.

Comme jamais auparavant, même si certaines pages de Primo, déjà, débordaient de tristesse, DOA fait ressentir la douleur de la disparition, la folie, le désespoir, la misère du monde chez des hommes, des femmes et des enfants victimes du côté sombre de l’humanité. Il prouve ainsi à ceux qui en doutaient encore qu’il est un grand écrivain, malgré sa volonté de rester invisible et imperméable aux émotions dans ces romans, animé d’une grande humanité.

On connait l’impact douloureux des scènes choc chez DOA et finalement, c’est dans les scènes les plus intimes comme l’errance solitaire dans les montagnes afghanes d’un personnage ou la relation entre un enfant et une personne emprisonnée ou enfin le dernier moment de grâce d’un homme qui sait sa mort prochaine qu’il se montre le plus redoutable, qu’il émeut, qu’il renverse comme seuls les plus grands savent le faire.Un crescendo infernal !

Géant !

Wollanup.

CABOSSÉ de Benoît Philippon / Série Noire.

 

« Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de «tomate écrasée»… Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses. »

Premier roman pour Benoît Philippon par ailleurs scénariste et réalisateur du film d’animation « Mune, le gardien de la lune » et tout de suite la consécration avec une publication dans le panthéon de la littérature noire en France, la Série Noire de Gallimard. Il y a pire comme débuts.

« Cabossé » est donc comme l’indique la quatrième de couverture « une cavale jalonnée de révélations noires » de deux personnages qu’on compare dans le récit à « la belle et la bête » ou à « Bonnie and Clyde ». On pourrait aisément évoquer d’autres couples héroïques tirés de la littérature ou du cinéma.

Alors, si vous cherchez un récit bourré de testostérone, débordant d’adrénaline, vous allez être servis dans ce roman comparable à une certaine littérature ricaine qu’on nous offre un peu, beaucoup en ce moment. De la même manière qu’on se promène souvent au fin fond de l’Arizona ou du Wyoming pour découvrir la pire engeance de ces coins abrutie de meth, ici, nous avons une version française, beaucoup moins présente dans les bacs des libraires, quoique, en Auvergne et sans meth mais avec la même violence aveugle.

Il faut souligner que le roman se lit d’une traite, avec beaucoup de plaisir parce que ça bouscule bien et que c’est écrit avec un bel humour et des réflexions notamment sur les Ricains que j’ai trouvées très justes. C’est du brut de décoffrage, du plaisir immédiat mais, pour moi juste immédiat.

Chaque lecteur a ses propres stimuli et ici, sans jamais m’ennuyer, je n’ai jamais vraiment accroché. Fonctionnant à l’empathie, mis à part l’histoire d’une môme de six ans en fin de roman, aucun des deux personnages n’a réussi à m’attendrir. Tous les enfants au physique ingrat et ayant vécu une enfance malheureuse ne deviennent pas des tueurs professionnels et le fait de tuer des « méchants » ne justifie pas une vie de psychopathe. Basé initialement sur des extrêmes, « la belle et la bête », on s’aperçoit que finalement la belle, en matière de réponses démesurées à une « agression », ne laisse absolument pas sa part au chien.

La Série Noire, depuis de nombreuses années, a publié des auteurs français qui sont toujours des indispensables lanceurs d’alerte, des observateurs fins de notre société offrant un message sur le monde que nous vivons, que nous subissons… un réalisme social dur mais ô combien utile que je n’ai pas trouvé ou su voir ici. Je ne remets pas en cause les choix de la collection d’Aurélien Masson, j’ai juste été surpris de ne pas retrouver ici ce qui m’enchante, me provoque, m’émeut, me rappelle, m’informe d’habitude.

« Cabossé », conte cruel, réjouira tous les lecteurs voulant s’offrir un bon shoot de violence et d’humour.

Passé à côté!

Wollanup.

OR NOIR de Dominique Manotti / Série Noire.

Après « L’évasion » paru en 2013, Dominique Manotti revient en grande forme avec un roman épatant, enrichissant, complexe et comme toujours ancré dans le contexte politique et économique de l’époque dans lequel il est situé. Madame Manotti, c’est la prof que j’aurais aimé avoir tant ses écrits reposent sur une volonté farouche de dépoussiérer l’histoire officielle pour en montrer les rouages réels bien éloignés des sornettes que gouvernements et médias veulent nous faire avaler et elle y parvient toujours par la qualité de ses recherches et la clarté de ses écrits vulgarisateurs pour un public d’amateurs de polars exigeants et bien ancrés dans la réalité, comme ceux de DOA ,avec qui elle s’était associée pour le très réussi « l’honorable société ».

« Marseille, 1973. Le commissaire Daquin, vingt-sept ans à peine, prend son premier poste au commissariat de l’Évêché, et découvre une ville ensanglantée par les règlements de compte qui accompagnent la liquidation de la French Connection, des services de police en guerre larvée les uns contre les autres, et la prolifération de réseaux semi-clandestins comme le SAC ou la franc-maçonnerie.
Il enquête sur l’assassinat d’un ancien caïd de la drogue et de son associé, un vétéran des services secrets, tous les deux reconvertis dans les affaires ; assiste à la naissance mouvementée d’un nouveau marché des produits pétroliers, à l’ascension fulgurante des traders assoiffés d’argent frais qui le mettent en œuvre ; et constate que les requins les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit… »

« Or noir » est avant tout un grand roman racontant avec talent l’histoire de Marseille à la fin du trafic d’héroïne de la « French Connection » des frères Guérini voulue ardemment par les USA pour des motifs inavouables et dévoilés, bien sûr, par Manotti et de la lutte entre les héritiers Zampa et le Belge observée par des services de police complètement gangrénés par des alliances maffieuses et/ou politiques. Un tel panier à crabes semble la réalité et la tradition marseillaise quand on a lu « le souffle court » de Carlotto décrivant la situation actuelle. Et finalement, l’OM ne serait peut-être pas la pire des calamités originaires de la cité phocéenne.

Situé en 73, quelques mois en amont du premier choc pétrolier, initié par une nouvelle organisation qui dirigera le monde quelques années plus tard, l’OPEP, « Or noir » explique, encore une fois avec une immense clarté les transformations à venir, le pouvoir naissant du pétrole et de ceux qui en possèdent et du magnifique jackpot prochain prévisible dont rêvent banquiers , traders et intrigants intelligents, malins ou visionnaires.

Mais « Or noir », et on n’a pas le droit de l’oublier non plus, est un grand polar d’investigation remettant en scène le commissaire Daquin, présent dès 1995 dans le premier polar de Manotti « sombre sentier ».Son retour est une belle surprise néanmoins teintée de jalousie par le fait que j’ai pris 20 ans et que Manotti, à l’instar d’Erlendur d’Indridason, le rajeunit de 20 ans pour nous conter sa première enquête. Manotti m’avait épaté à l’époque des premiers aventures du commissaire en le faisant toujours évoluer dans des mondes troubles politiques nationaux et internationaux(ne sont-ils pas toujours liés finalement ?) en mariant avec bonheur enquête et claques dans la gueule des pourris sans distinguer droite et gauche dans la dénonciation, ce qui n’était pas forcément une habitude à l’époque. De la même façon, à l’époque, l’homosexualité d’un commissaire de police, faisait montre d’originalité.

Daquin arrive à Marseille et découvre la police inféodée à la pègre, le Sac, la franc maçonnerie, la CIA derrière les Stups, les juges aveugles et sourds. Tout ce beau monde voit ou veut voir ou veut faire voir les morts de Pieri et de Simon son adjoint comme un énième épisode de la guerre de succession que se livrent les barons marseillais mais Daquin étranger dans cette Cour des miracles, va suivre une autre piste, celle de la SOMAR, entreprise de fret maritime devenue orpheline depuis la mort de ses dirigeants.

C’est un roman passionnant, condensé d’économie et de politique œuvrant au scénario d’un grand roman policier d’investigation complexe, intelligent mais d’une grande clarté grâce à une Dominique Manotti impériale en professeur expliquant avec passion la genèse de notre monde actuel, tout en nous révélant d’un point de vue international des alliances franchement incroyables, guidées par l’appât du gain. Du très lourd !

Or noir!

Wollanup.

D’ OMBRES ET DE FLAMMES de Pierric Guittaut / Série Noire.

Un roman noir dans la campagne profonde, là où les siècles se sont figés, où les hommes ont toujours vécu, éloignés et rudes, où la nature a toujours régné, et influé, sur les vivants comme sur les morts.

Sombre et puissant.

Dès le premier chapitre, Guittaut nous précipite dans la nuit, et nous agrippe par la beauté et le travail de son style. «  Elle ne pleurait ni ne criait, et pourtant sa vie fragile la fuyait en même temps que l’étoile sombre de son sang se répandait sur le goudron huileux… »

La scène est écrite au passé-composé, le gendarme « est » arrivé sur les lieux d’un accident, face à l’horrible, la mort d’une mère, l’agonie d’une fillette, puis le pouls du lecteur s’accélère, brusque, Guittaut passe au « présent ». Le gendarme n’est plus dans l’effroi, la compréhension, le sentiment, il redevient le réel, l’être, l’homme dans son animalité.

Fabrice Rémangeon sait que le chauffard est un récidiviste et qu’il tente de fuir, il va le prendre en chasse.

La Chasse, nous y reviendrons.

La structure narrative est importante, car Guittaut a énormément travaillé son roman sur tous les axes littéraires possibles, sous tous ses aspects ; la langue, fine et forte (comme une moutarde en somme 😉 ), le rythme, inégal, les personnages, inégaux, eux aussi, mais, tout comme le rythme – qu’il soit lent ou brusque – ils sont puissants ; par leur profondeur, et leur simple et rêche humanité. Le gendarme a tabassé le prévenu, il a libéré la bête, il sera puni, muté, en Sologne, là où il a grandi dans sa famille dont le père était un rebouteux, un «  sorcier » craint et respecté car membrane essentielle des faisceaux qui relient les hommes et les femmes au pays solognot, aux bêtes surgies de la brume, à la sombre forêt, à la sauvage nature. Les Celtes croyaient au mystique de la grande forêt, Guittaut s’est documenté, passionné, il connaît son sujet.

Un nouveau shérif débarque au village – notre gendarme – et les mystères s’épaississent. Sa femme l’a quitté (brutalement), des années plus tôt, pour disparaître, et voilà qu’un vieil ennemi, aux accents de sorcellerie, a lui aussi une belle femme blonde, une bimbo ukrainienne qui serait le sosie de celle du gendarme. Premier mystère…

Nous sommes dans la profondeur des bois, la sauvagerie de la nature, les phrases échangées sont sèches et brusques, le sexe est vivant, poissant, âpre et fort comme le vin du pays, les conflits générationnels au sein de la brigade se règlent à coup de regards fatigués. Rémangeon ne veut plus de son pays, il l’a fuit, sa rationalité l’a fait douter de son père, à en avoir honte, comme de sa terre.

Il le redécouvre en enquêtant sur des braconnages au fusil de chasse, la nuit dans les forêts, toute la violence de siècles de paysannerie resurgit. Le seigneur du coin demande à la maréchaussée d’agir tout en exploitant le système, les braconniers font penser à ces bandes de maraudeurs, ces «  compagnies franches » haranguant les campagnes à la guerre de cent ans, et le vieil ennemi use de pouvoirs mystiques pour faire le mal et s’imposer.

Et c’est là où Guittaut nous ferre, il nous agrippe par le mystère, le mythe des romans policiers des années trente aux années cinquante, de Rouletabille à Nestor Burma, romans populaires addictifs. Au-delà de son atmosphère de roman noir rural, de la fécondité de sa plume lorsqu’il s’agit de faire vivre une forêt brumeuse à l’aube, la nuitée froide de chasseurs dans un pays rude, la fragilité de l’homme face à la nature, il nous plonge dans le mystère avec un grand M !

On veut savoir, comprendre, on tourne les pages comme celles d’un recueil de sorcellerie. Rémongeon, le gendarme, va devoir choisir. Une amie d’enfance est en danger, d’étranges choses se produisent, une collègue gendarme a été touchée, tirée comme un cerf, tuée, il va redevenir ce qu’il a toujours été, le fils de son père, d’une part, du sorcier qui sait tuer, faire le mal en invoquant les runes face à un cœur de bête ensanglanté, et aussi, revenir peu à peu à sa nature primitive, son pays.

« Un gendarme un peu sorcier ».

Il y a énormément de richesse, tant de niveaux de lecture dans ce roman, les racines, l’amour, les remords, la rédemption et l’acceptation de l’incompréhensible, mais là se trouve le centre de la toile ; l’homme face à la nature, sa nature, face au « pays », doit se faire humble et ressentir sa propre sauvagerie, ses peurs, et rabattre l’arrogance et la superficialité du citadin. La Bimbo est désacralisée, la femme nue réhabilitée, l’homme renaît du cœur de la forêt obscure.

Le mystère ne cesse de s’épaissir… la vérité se trouvera dans le fond d’une tombe.

«  Il s’arrête, frappé par le spectacle du grand coiffé qui s’imprime en contre-jour sur l’arrière plan filandreux. L’animal s’est immobilisé et Fabrice a l’impression qu’il l’observe, lui, le coureur frêle, avant de lever la tête, jetant en arrière ses bois puissants aux nombreux cors « … » ( l’homme ) reprend sa course après quelques secondes de recueillement, chargé d’une énergie et d’une détermination nouvelle. » 

« Je suis chez moi. »

«  D’ombres et de flammes », beau, machiste et désespéré, roman des origines et des mystères… vous avez dit mystère ?

JOB

 

SANS RETOUR de Matthew Klein / Série Noire

Matthew Klein, auteur déjà publié par le Seuil il y a quelques années, se consacre à l’écriture dans le Westchester (l’heureux homme!) où il vit avec femme et enfants après avoir passé des années en Californie dans la Silicon Valley où il avait fondé plusieurs start-up. Si son passé de dirigeant d’entreprise lui a certainement servi pour une partie de l’intrigue, on peut par contre se demander quelles sont les addictions de Klein qui rendent son cerveau aussi dérangé pour commettre une telle intrigue furieuse.

« Chaque fois que Jimmy Thane a été confronté à un choix, il a pris la mauvaise décision. Après des années d’alcoolisme et d’incartades amoureuses, on lui donne une dernière chance de sauver sa carrière et son mariage : il a sept semaines pour redresser une entreprise en difficulté. Mais il pressent vite que quelque chose ne va pas. Quand la police vient enquêter sur la disparition du précédent directeur, et que Jimmy découvre du matériel de surveillance dans la maison de son voisin, il se demande dans quel guêpier il s’est fourré. »

 

Le roman se compose de deux parties qu’on croirait issues de deux romans différents. Après un incipit absolument choquant laissant présager les moments difficiles à venir, l’histoire ressemble à un roman sociétal décrivant la vie d’une entreprise en déroute: les employés déprimés, absents y compris quand ils sont présents, les cadres imbus de leur statut et de leurs privilèges, les dépenses inutiles, le laisser-aller général, les projets foireux, les contrats perdus, un triste constat d’échec que Jimmy Thane découvre à son arrivée et qu’il doit révolutionner pour sauver l’entreprise mais aussi sa propre carrière ainsi que sa vie avec Libby son épouse, dans une Floride inconnue si loin de la Californie. C’est la dernière chance pour Jimmy alors pas de sentiment. Et puis il y a le mystère de la disparition de son prédécesseur, un flic du FBI qui rôde, des anomalies dans la comptabilité. C’est vif, emballé, emballant, empli d’enseignements pour les gens qui ne connaissent pas ce monde charmant dans sa version ricaine.

Petit à petit, Jimmy furète et découvre pas mal de choses bien dérangeantes, commence à comprendre son rôle, voit le danger et puis c’est l’explosion d’une deuxième partie concentrée sur un Jimmy aux abois et le mot est faible. Le danger bien tangible est pourtant anonyme, semble venir d’une mafia russe ou tchétchène voire ukrainienne. (Petite parenthèse: là, les anti-Américains primaires pourront hurler une fois de plus que les Américains sont des ploucs comme je l’ai vu tristement écrit encore dernièrement sur facebook mais qu’ils aillent demander aussi au Français moyen la différence entre le Kansas, l’Arizona et le Wisconsin).

Comme Jimmy, on sombre dans la paranoïa jusqu’à un déferlement de violence dont la provenance n’est jamais réellement identifiée, totalement insaisissable mais extrêmement meurtrière qui rappelle un célèbre bon film que je tairai tout en laissant néanmoins un petit indice.

Le rythme de l’intrigue suit un crescendo infernal jusqu’aux révélations finales qui vous étonneront sans aucun doute à défaut de totalement vous convaincre. Alors les cartésiens trouveront sûrement à redire, les adeptes de la rationalité auront peut être quelques griefs mais les amateurs de bon polars bien construits, de thrillers vraiment surprenants y trouveront, à l’aise, leur compte.

Efficace.

Wollanup.

 

D’ OMBRES ET DE FLAMMES de Pierric Guittaut /Série Noire.

Dans cet ouvrage l’auteur s’attache et nous convie à suivre le retour aux sources d’un être hanté par son passé, son héritage et ses souvenirs. La confrontation rude réservera néanmoins des virages émotionnels, des coups de volant, des changements de cap violents pour certains, surprenants pour d’autres…

« Le major de gendarmerie Remangeon, «le fils du sorcier», est de retour en Sologne. La région de son enfance, pauvre et marquée du sceau de la superstition, s’est muée en source de revenus non négligeables grâce à la chasse, principale activité des propriétaires terriens. C’est aussi là qu’il y a dix ans a disparu Élise, son épouse, que personne n’a jamais revue.
Dès son arrivée, des cervidés sont braconnés sur le domaine d’un commerçant aisé, et l’élevage de faisans de son amie d’enfance périclite de façon irrationnelle… Puis il aperçoit Élise, sans pouvoir l’approcher… Afin d’éclaircir tous ces mystères, le gendarme va devoir accepter son héritage, et maîtriser enfin ce sang noir qui bouillonne en lui. »

 

L’auteur originaire de Seine et Marne et Berrichon d’adoption présente deux passions la lecture et la chasse. De cette synthétique présentation, on ne peut que mieux comprendre la substance du récit et ses ramifications.

Le major Fabrice Remangeon se voit, après une bavure « contrôlée » voire « morale », désavoué par sa hiérarchie… Dans leur infinie bonté, germe l’idée saugrenue, vicieuse de le renvoyer dans son pays natal. On pourrait alors penser que cela ne sera pas vécu comme une brimade. « Reconquérir » sa vie d’ antan est un challenge excitant forçant à une alacrité naturelle. Tout le contraire s’affiche à ses yeux, à son esprit, car les boulets essaimés par son père, en particulier, et les stigmates de son propre vécu sur ces terres ne sont que meurtrissures, aigreurs et héritages lourds à assumer. Mué par aucune volonté de reconstruction et de rédemption, le personnage épicentrique se fourvoie initialement dans un sabotage calculé. Mais voilà, le sang, sa lignée, ses réminiscences lui assènent des piqûres de rappel comme autant de signes de prodrome du désordre psychique et surnaturel tatoué dans sa carte génétique.

La spirale irrémédiable arc-boute dans un maelstrom confondant les rites des panseurs, des rebouteux, les activités de la chasse et ses dérives, son amour passé et perdu,… Cette plongée, accompagnée de personnages centripètes au totem Remangeon, s’exécute en apnée et foule les paliers de décompression.

Par son écriture précise et directe, sa lecture fluide, crescendo affannato, projette les mandrins à notre générateur émotionnel. L’on se complaît naturellement et insidieusement à faire abstraction du côté surnaturel pour ne garder que la sève du discours voulu par son géniteur.

Entre oxymore et litote, le titre même du manuscrit embrase nos sens pour mieux éclairer notre propre pudibonderie.

Apre, rêche, sans concessions, retour aux sources alliant souffrances, noirceur et éclaircie !

Chouchou.

 

 

 

 

 

 

 

L’ HONORABLE SOCIETE de DOA et Dominique Manotti / SN et Folio policier.

« À la veille de l’élection présidentielle, des cambrioleurs dérobent l’ordinateur de Benoît Soubise, responsable de la sécurité au Commissariat de l’énergie atomique. Les choses tournent mal, Soubise est tué. Mais une webcam a filmé toute la scène… Le commandant Pâris de la Brigade criminelle se lance sur la piste d’un groupuscule «écoterroriste», tandis qu’en haut lieu on le presse – un peu trop – de conclure son enquête. »

Sortie aujourd’hui en folio d’un grand roman récompensé en 2011 par le grand prix de la littérature policière.

Même écriture sèche, précise, informée, Politique mais non politisée, puissante et révélatrice des coulisses du pouvoir et des affaires de la France et du monde, Dominique Manotti et DOA, deux monstres du roman noir français avaient tout pour se rencontrer tant, malgré des carrières et des parcours différents, ils empruntaient les mêmes sentiers qui mènent à la connaissance, à la véritable information. A l’origine un projet télévisé avorté pour Canal +, le scénario  a été retravaillé par les deux lanceurs d’alerte qui n’ont pas renoncé pour créer ce roman à quatre mains qui m’a fait hurler de bonheur quand j’ai appris cette « union » en 2011. Depuis, ils ont continué excellemment chacun de leur côté avec un brillant « Or noir » pour Dominique Manotti et par un monstrueux Pukhtu dont paraitra la deuxième partie en octobre pour DOA.

Alors le monde politique, des médias, des services de l’état et des affaires présenté dans ce roman est bien dégueulasse, puant, mais cinq ans après sa parution , »l’honorable société » reste hélas toujours d’actualité pour montrer cet univers des puissants prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir, de richesses en écrasant tous ceux qui les gênent. Le contenu de l’information en 2016, pourtant bien édulcoré offert par les médias actuels, offre de nombreuses tristes similitudes avec le roman sauf que ce que nous vivons n’est pas de la fiction.

Un choc essentiel et indispensable.

Wollanup.

AU PLUS PRES de Joy Castro à la Série Noire Gallimard

Traduction de Thomas Bauduret.

Joy Castro est une auteure américaine. Professeure à l’université du Nebraska, elle a beaucoup écrit  de « non-fictionnel » : ses mémoires d’enfant adoptée puis maltraitée, des essais, de la poésie. Elle a fait sa première incursion dans le polar avec « Après le déluge » paru à la SN en 2015, la première aventure de Nola Céspedes journaliste au Times Picayune. Ici, c’est le deuxième roman où on retrouve ce personnage et ceux qui, comme moi, n’ont pas lu le premier vont tout de même tout comprendre : l’auteure donne rapidement les clés du premier opus et on s’embarque sans peine dans son histoire, dans l’ambiance de la Nouvelle Orléans, théâtre une fois de plus d’événements sanglants. Et sans doute, l’envie de lire le premier sera alors très forte, non par nécessité de compréhension, mais pour le plaisir de retrouver Nola et ses premiers pas d’enquêtrice.

« Alors que la Nouvelle-Orléans s’éveille et qu’elle fait son jogging dans un parc, la journaliste du Times-Picayune Nola Céspedes se retrouve au beau milieu d’une scène de crime. Et elle connaît la victime de ce meurtre : il s’agit de Judith Taffner, son ancienne professeure de journalisme. Nola décide de mener sa propre enquête.

« Taffner s’intéressait de près à des affaires sensibles, dont celle d’un vieil homme noir abattu par la police dans des circonstances douteuses : est-ce là ce qui a provoqué sa perte? Et quel rapport avec les actes de vente de chevaux pur-sang trouvés en sa possession? Alors que les meurtres se multiplient, l’enquête de la jeune journaliste la fera remonter jusqu’à la plus haute société de Louisiane, où la notion de classe sociale est omniprésente. Dans une ville marquée par les stigmates de Katrina, la vie humaine ne vaut pas cher… »

La Nouvelle Orléans est une nouvelle fois le théâtre d’un polar avec une nouvelle voix pour décrire cette ville : Joy Castro. Une voix féminine rauque, rageuse, révoltée contre tous les préjugés, de classes, de races qui règnent sur la ville et perpétuent des inégalités criantes. On retrouve l’ambiance oppressante de violence, de corruption, de racisme, de misère et de pauvreté dans un décor somptueux, une chaleur étouffante qu’on connaît bien depuis Burke, Sallis, Gran…

Nola Céspedes, la narratrice, est issue de la minorité hispanique. Elle revient de très loin avec une enfance plus que compliquée, élevée par une mère seule, parlant peu anglais, dans une cité sordide. Violée à huit ans, elle s’en est relativement bien tirée, au moins au niveau social : boursière après le lycée elle a pu obtenir ce diplôme de journalisme. Sur le plan personnel, c’est une autre histoire : une enfance massacrée laisse des traces. Autodestructrice, instable, elle s’insère parfaitement dans la lignée des enquêteurs de polar qu’on aime tant : désespérés, tortueux sans trop d’illusions et qui n’ont pas froid aux yeux. Nola essaye pourtant d’aller bien par tous les moyens : de la vengeance à la psychothérapie…

Le personnage de Nola nous accroche rapidement tant il sonne juste et on retrouve son énergie, son refus de s’avouer vaincue, son envie de crier la vérité dans sa manière d’enquêter où elle va souvent se mettre en danger. Il faut dire qu’à la Nouvelle Orléans, ce n’est pas trop difficile de se mettre en danger : quatre ans après Katrina, les ravages de l’ouragan et le chaos qui s’en est suivi ont réveillé de vieux démons, c’est une ville hautement dangereuse et corrompue où on n’hésite pas à tuer pour étouffer des scandales. Les journalistes ne sont pas à l’abri tant que leur papier n’est pas sorti. Certains se sont relevés très vite de ce désastre, ils en ont profité même et la police n’est pas toujours très motivée pour mener des enquêtes sérieuses d’autant plus qu’elle est parfois mise en cause.

Souvent dans les polars il y a des victimes secondaires, celles qui font avancer l’enquête mais concernent des personnages peu connus ou inconnus et la plupart du temps, on retrouve leur cadavre dans une impasse ou au fond d’un bois et basta ! L’enquête continue…  Ici, Joy Castro réussit, sans s’appesantir, en quelques phrases, à évoquer l’horreur de chaque meurtre, la souffrance des proches, le vide, les vies brisées avec une empathie telle qu’elle nous étourdit un peu. La violence devient plus qu’un climat ou une ambiance, elle est bien plus réelle quand on entrevoit l’abîme de souffrance qu’elle provoque.

Joy Castro construit son roman en mêlant habilement l’histoire de son personnage, celle de la ville à une enquête palpitante et intelligente, où sans surprise, les puissants sont prêts à tout pour le rester et le font sans vergogne et sans états d’âme.

Un roman noir passionnant et intelligent, singulièrement humain.

Raccoon

SOLEIL DE NUIT de Jo Nesbo /Série Noire

Chargé de recouvrer les dettes pour le Pêcheur, le trafiquant de drogue le plus puissant d’Oslo, Jon Hansen succombe un jour à la tentation : l’argent proposé par un homme qu’il est chargé de liquider lui permettrait peut-être de payer un traitement expérimental pour sa petite fille, atteinte de leucémie. En vain… 
Trouvant refuge dans un petit village du Finnmark, le comté le plus isolé de Norvège, et alors qu’il est persuadé d’avoir tout perdu, Jon croise la route de Lea (dont le mari violent vient de disparaître en mer) et de son fils de dix ans, l’espiègle Knut… Une rédemption serait-elle possible? 
Mais on ne trahit pas impunément le Pêcheur. Et «rien de pire qu’une balle dont on ne sait pas quand elle va arriver…»

Il me faut l’avouer, Harry Hole me gonfle au point que j’en ai terminé de lire ses enquêtes où trop de malheur et de misère sont accumulés, trop pour que j’y crois… Mais, néanmoins, certaines œuvres de Jo Nesbo, sans me chavirer, m’ont séduit par le passé et la quatrième de couverture de celui-ci déclarait: « …il poursuit avec Soleil de Nuit son hommage aux grands maîtres du roman noir américain qui l’ont inspiré ». Connaissant le talent incontestable de conteur du Norvégien, je ne prenais pas grand risque en m’engageant dans la lecture de cette histoire et de fait, on peut lire « Soleil de nuit » et l’apprécier comme on peut aussi se demander ce qui arrive à Nesbo tout en se félicitant de ne pas avoir à découvrir ce mystérieux romancier ricain à qui il est censé rendre hommage.

Alors, Nesbo sait écrire et dès le début nous crée deux intrigues : les causes de la fuite de Jon, son passé et le mystère entourant la disparition du mari de Léa dont on se doute ( je ne sais pas pourquoi, le climat général de l’histoire ?) que le héros va rapidement tomber amoureux. Il est dommage que les mystères soient si vite éventés et agrémentés de situations et descriptions effroyablement larmoyantes comme dans le dernier faiblard roman de Árni Þórarinsson . Après, c’est une histoire qui tient debout. Les inconditionnels de Jo Nesbo vont adorer forcément, les amateurs de Harry Hole beaucoup moins et ceux qui veulent découvrir le romancier norvégien ne devraient pas commencer par celui-ci.

Pas réellement un polar, ni un roman noir, « Soleil de nuit », avec quelques petits moments d’éclat mais jouant beaucoup trop dans le pathos, lorgne dangereusement vers le mélo. Malgré quelques belles diatribes contre la religion, pas réellement ébloui par ce soleil de nuit bien pâlichon.

Wollanup.

 

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