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Chroniques noires et partisanes

MANHATTAN VERTIGO de Colin Harrison / Belfond noir.

Traduction: Michael Belano.

Colin Harrison nous revient après une longue absence, avec un nouveau roman dont la toile de fond est la ville de New York, et la thématique principale le pouvoir.

L’histoire se passe donc dans cette ville, où tout tourne autour de l’argent du pouvoir et du sexe, avec trois personnages principaux : Ahmed Mehraz, jeune businessman iranien, qui rêve d’une carrière politique afin d’asseoir sa domination. Il est marié à Jennifer, qui en apparence a tout de la jeune américaine de bonne famille, belle et dévouée.

Le seul ami de Jennifer est son voisin, Paul Reeves, avocat spécialisé dans les dossiers d’immigration, qui subit de plein fouet la crise de la cinquantaine. Il est un avocat moyen, divorcé deux fois, sans enfants, son seul plaisir est sa collection de cartes géographiques de New York pour laquelle il est prêt à dépenser des fortunes.

Bien sûr, une multitude de personnages secondaires viennent agrémenter ce roman avec en tout premier lieu, Bill, jeune soldat revenu récemment de mission et qui n’est autre que l’amant de notre belle Jennifer.

Le décor est planté dès les premières pages, comment Ahmed va réagir en découvrant que sa femme le trompe, lui, si sûr de lui, qui souhaite tout maitriser et surtout tout contrôler ? L’ambiance est assez sombre, angoissante. On sent Ahmed capable de tout, aidé en cela par sa famille, immigrés aux Etats-Unis suite à la révolution iranienne en 1979. Il a l’habitude du pouvoir et de régler tous ses problèmes grâce à son immense richesse et à son réseau mafiosi iranien. Pourquoi en serait-il autrement ? Jennifer lui appartient, et on ne s’immisce pas dans ses affaires.

Nous entrons doucement dans un jeu pervers, noir, où le voyeurisme est à son paroxysme, chacun des personnages est plus noir que le précédent, tous ont des motivations propres et ne mènent leur vie qu’en étant égoïste et donc seul. On parcourt New York au fil des chapitres, la ville ayant elle-même les défauts des personnages.

Les femmes, dans le roman, bien qu’ayant un rôle essentiel, sont décrites comme des personnes faibles, seules, incapables de prendre de bonnes décisions, dont les aspirations ne sont que de se trouver un mari qui les entretient et leur donne des enfants.

Vous l’aurez compris, aucun des protagonistes n’est véritablement attachant. Ils sont parfois stupides, souvent prétentieux, et toujours assoiffés de puissance, mais qu’est-ce que c’est bon ! On se surprend à devenir nous-même voyeur et à aimer ça ! Toute la force du roman est là, l’écriture est fluide, on parcourt les rues de New York au fil de l’intrigue et on prend part pleinement à l’histoire.

Marie-Laure.

2 Comments

  1. Toujours un bon choix musical ici…

    Je me souviens très bien d’un précédent Colin Harrison, « Havana Room ». Excellent, et toujours ancré dans New-York. D’ailleurs tous les romans de Colin sont à NY (non ?)…

  2. clete

    28 juin 2018 at 08:31

    Il me semble aussi que tous ses romans se situent à NY. Souvenirs sympa ce « Havana Room » également pour moi.

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