Chroniques noires et partisanes

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MORDRE LA POUSSIÈRE de Frank Bill / Plon.

Back To The Dirt.

Traduction: Yoko Lacour

Voilà un retour qui fait vraiment plaisir. Certains se souviennent certainement des débuts de Frank Bill en France. C’était il y a plus d’une décennie avec un remarquable recueil de nouvelles publié par la Série Noire et intitulé Chiennes de vie. Dans l’édition originale Crimes in Southern Indiana: Stories. Frank Bill y racontait la réalité de la violence de sa petite ville natale de Corydon où il vit encore, au fin fond de l’Indiana, un trou perdu de 3000 habitants. S’en est suivi son premier roman l’année suivante: Donnybrook adapté à l’écran par Tim Sutton en 2018. En 2017 Kill Bill a également écrit une dystopie The Savage qui n’est jamais parue en France.

Pour situer un peu l’auteur, sachez que dans ses remerciements, il cite Donald Ray Pollock qu’il remercie pour son soutien et ses conseils. Tout comme Pollock ou McCarthy, Frank Bill aime à montrer le pire des hommes. En conséquence et comme les deux précédents ouvrages, Mordre la poussière est fortement déconseillé aux personnes fragiles ou sensibles. Outre Pollock dont l’exposition de la violence est proche quoiqu’un peu différente, on pourrait aussi citer Harry Crews, Benjamin Whitmer, Daniel Woodrell sans oublier Alan Heathcock. C’est selon : du white-trash, du southern gothic, du rural noir… C’est surtout une explosion de violence crue, le pire de l’Amérique, mais comme tous les auteurs précédemment cités, montré, exposé et parfois même expliqué avec beaucoup de talent.

« Miles Knox est un vétéran du Vietnam qui redoute de perdre son emploi – et avec lui, le lien ténu qui le rattache à une vie stable – pour une bagarre avec un collègue ouvrier. Les traumatismes de la guerre et ses efforts pour contrôler les accès de rage dus à son addiction aux stéroïdes compliquent aussi sa relation avec sa copine, Shelby, une strip-teaseuse au cœur d’or. Du moins est-elle plus douce et généreuse que son frère Wylie, en cavale après son implication dans la mort de deux dealers d’oxycodone. Lorsque Wylie kidnappe Shelby et va se terrer dans le havre de campagne de Miles, la situation menace de déborder l’ancien combattant. »

Jabs, crochets, uppercuts et coups de latte… mâchoires brisées, arcades explosées, nez défoncés… C’est bourré d’adrénaline, ça pue la testostérone, du sang partout. Violence et douleur confondues, Miles extériorise ce qu’il a si longtemps tenté de contrôler. Pas un mauvais type Miles, mais il ne faut pas trop le chercher. Une vie de merde : la peur du chômage, l’addiction aux stéroïdes, les fantômes du Vietnam, des toxicos, des ratés, des bousillés et des alcoolos partout, des politiques qui s’en foutent et maintenant la disparition de Shelby, c’en est trop pour Miles. Mordre la poussière démarre comme un roman qu’on a l’impression d’avoir déjà si souvent lu mais, mais Frank Bill fait tout de suite la différence en cognant dur, en développant les plus sales variantes du mal et en montrant, sans fard, l’horrible, le dégueulasse, l’abject. Frank Bill est né et vit là. Exagère-t-il la situation ? Va savoir, l’Indiana, c’est pas New York.

Porté par une B.O. Seventies impeccable, le rythme du roman est infernal. On avance dans différents cercles de l’Enfer, dans une succession de cauchemars monstrueux car à la folie du moment sous LSD, s’ajoute une histoire vécue au Vietnam, l’indicible qu’on suit le souffle coupé et qui ferait passer Voyage au bout de l’enfer et Apocalypse Now pour du Disney. Mais, on est encore très loin d’être au bout de nos surprises et de nos terreurs. L’intrigue est de premier ordre et dans un twist final éprouvant, Frank Bill, viscéral et létal, vous mettra à terre et vous fera Mordre la poussière.

Choquant et marquant. Aucun doute, on morfle méchamment.

Clete.

LES VOIES SOUTERRAINES de Sylvain Kermici / Plon.

Le rythme d’abord : au présent et mitraillée en de courtes phrases sans sommation, l’écriture de Sylvain Kermici nous hypnotise et nous entraîne vers ces Voies souterraines qu’il tapisse volontiers de formules en velours. Velvet Underground en somme. Le sujet ensuite : lui n’a rien de douillet ni de confortable. Liz et Joshua endossent la panoplie rugueuse de cette jeunesse en friche, jetée à la marge au moindre aveu de faiblesse, au moindre refus de marcher au pas. Les mots de l’auteur (déjà croisé en Série Noire ou aux Arènes) sont choisis, méticuleux et tranchants, succincts et doux à la fois, tout l’inverse de l’avenir bouché et échevelé qu’il assigne à ses personnages.
De paumés à délinquants, il n’y a qu’un toboggan, plus ou moins savonné, selon le degré de cruauté d’un destin accidenté. Et celui de Liz et Joshua ne connaît pas la clémence. Elle est d’emblée sous le joug d’une schizophrénie galopante, il a la rébellion chevillée au corps. Leur couple de guingois ne peut que foncer dans le mur. D’hôtels borgnes en expédients miteux, ils détalent à l’aveugle et ventre à terre, le monde à leurs trousses, l’adversité collée à leurs basques. Ils ne demandent rien mais ont néanmoins besoin de la nécessaire ration de survie. Alors, la débrouille pousse à la faute : le plongeon subséquent s’annonce vertigineux.
En route, on apprend un peu du passé de chacun. Origines simples pour elle, une famille, Papa, Maman, inquiets bien sûr, mais une folie très vite diagnostiquée, d’abord soignée, puis garrotée derrière les barreaux. Désastre familial pour lui et inéluctable fuite vers un horizon sans illusions. Elle est entravée par des monstres imaginaires et lui par des monstruosités bien réelles. Leurs déséquilibres s’incrémentent et leur amour désespéré enfle au gré des dangers en étau. Ils ne font bientôt plus qu’un. La rapine prend ses aises, dans le métro ou ailleurs, pour rapidement devenir vol qualifié puis extorsions plus carabinées. Ils s’inquiètent pour l’autre, ils inquiètent l’autre. Pourtant, jamais Liz ne verse dans l’hybristophilie. Elle peut certes se méfier de Joshua, ne pas adhérer à tous ses plans tordus, mais leur dichotomie se fait symbiose foudroyante. Jusqu’aux meurtres en série qui, forcément, vous alignent dans la mire des chasseurs ou vous attribuent le rôle du lapin dans les phares. Et, dès lors qu’on devient gibier, ce sont les pièges et collets qui vous signalent le bout du chemin.
Le sujet des amants à la dérive et de la cavale sanglante est classique, exploité depuis Bonnie Parker et Clyde Barrow, voire depuis Adam et Eve, mais Sylvain Kermici réussit pourtant une ode inédite à ces enfants qui ne sont rien et le resteront, condamnés à divaguer au bord du précipice. Liz et Joshua en sont la version ultime et dérisoire, punk par défaut. Selon ces mêmes codes balisés, la fugue finira mal. Mais le traitement habile du thème fait des Voies souterraines un roman attachant et accompli.

JLM

DICTIONNAIRE AMOUREUX DU POLAR de Pierre Lemaitre / Plon.

Tous les ans en décembre, Nyctalopes est plus visité qu’à l’accoutumée, souvent des gens fiévreux à la recherche du polar de l’année. Alors, plutôt que d’offrir un roman se situant au fin fond de la Norvège à une personne qui ne rêve que du Texas ou de l’Arizona ou un polar psychologique à un ami qui aime l’excès d’adrénaline, pensez sérieusement à offrir ce dictionnaire amoureux du polar à tout amateur du genre et ainsi évitez la grimace de tonton Maurice, navré, découvrant un Harlan Coben dans un emballage où il rêvait de découvrir le dernier Burke.

Pierre Lemaitre était connu pour ses polars par les connaisseurs mais a obtenu un Goncourt amplement mérité en 2013 avec « Au revoir là-haut”. Ont suivi, brillants aussi, “Couleurs de l’incendie” et  “Miroir de nos peines”. Qui d’autre que Lemaitre serait plus légitime pour parler polar ou noir ?

En un mot comme en cent, il sera difficile de parler intelligemment de cet ouvrage racontant des auteurs d’hier et d’aujourd’hui, français et étrangers, des romans, des séries, des films, des journalistes spécialisés, des hommes et femmes qui comptent, des histoires, des éditeurs…

“Lorsque je lis un “Dictionnaire amoureux”, rien ne me fait plus plaisir que de découvrir des choses que je sais déjà. C’est un peu comme pour le Nobel de littérature: le jour de sa proclamation, quand il s’agit de quelqu’un dont je connais le nom, j’ai l’impression d’être cultivé.” Sans hésitation, merci donc à Pierre Lemaitre de m’avoir donné cette impression très fugitive, certes, d’intelligence. Car à côté des chefs d’oeuvre connus de tous se glissent de petites pépites noires que j’ai eu le bonheur de retrouver au hasard des pages, des petites merveilles pour “happy few” qui m’avaient comblé à une époque comme “Je suis un sournois”, “le ventre de new-York”, “Prélude à un cri”…

Il n’ y a pas de bonne manière de lire ce pavé de 800 pages, on peut très bien le dévorer comme un ouvrage normal, le rythme et la longueur des chroniques offrant une très grande diversité, passant de la recension d’un roman à la carrière d’un auteur à la présentation d’une série culte en distillant des anecdotes souvent inédites ou mal connues. Mais on peut aussi aborder le dictionnaire par l’index de fin, en retrouvant les auteurs qu’on aime et se délectant des portraits dressés .Lemaitre y montre son admiration pour certains de ses devanciers ou coreligionnaires avec beaucoup de déférence et d’éloges tout en en ne négligeant pas non plus quelques petits tacles envoyés l’air de rien. De très belles pages sur Sallis, Incardona ou Burke pour donner des exemples pas du tout choisis au hasard. De manière générale, on lit surtout une passion, une érudition, un enthousiasme communicatif offrant au passage, merci à lui, aussi une bonne dose d’humilité au blogueur…

Bref, “Le dictionnaire amoureux du polar” est un beau diamant noir couvrant brillamment l’univers du polar tout en éclairant le petit monde du polar.

Clete.

CORRUPTION ORDINAIRE de Christophe GAVAT/ Sang Neuf / PLON.

Plongée au coeur au coeur d’une instruction judiciaire politique où les mécanismes sont disséqués minute par minute afin de mettre en évidence les déliquescences d’un pouvoir perverti. C’est une autopsie d’un dossier sensible et dans toute nécropsie on attaque par les viscères pour fissurer l’affect, se terminant par la boite crânienne permettant la mise à jour de la psyché, les tenants et aboutissants qui ont motivé les mis en cause à franchir la ligne jaune.

« Tous pourris. C’est le sentiment qui prévaut dans cette commune du Sud-ouest quand le maire et ses adjoints sont arrêtés à la sortie d’un conseil municipal, comme de vulgaires voyous. Robert Delacour ne comprend pas. L’édile pensait être protégé. C’était sans compter sur deux flics, Christian Chabreuil et David Vallespir, qui n’ont que faire du poste occupé par cet homme, Mais qui vont devoir subir pressions, mensonges et trahisons pour mener à bien leur enquête.

Une commune du sud-ouest de la France. Tous, maires, premier adjoint, élus, cadres administratifs, chefs d’entreprises de la région, se connaissent et font des affaires ensemble. Ils sont tous mouillés dans un dossier de corruption qu’une équipe de flics a pris en main avec une idée : traquer ces élus comme ils le feraient avec les grands voyous. En détention provisoire, le maire qui, au fil du temps, s’est transformé en petit empereur local, se suicide. Provoquant la polémique, mais aussi obligeant ses « amis » et ses « ennemis » à se dévoiler. »

Christophe Gavat est commissaire de police. A ce jour, il est en poste à Marseille, il a été notamment le numéro un de la P.J. de Grenoble. Proche de Michel Neyret, il signe son premier roman après avoir publié deux témoignages. Son premier ouvrage a été adapté pour France 2 par Olivier Marchal, sous le titre Borderline, dont il a cosigné le scénario.

L’écriture et la structure sont fortement marquées par le pedigree de l’auteur. En maîtrisant les codes du milieu, il s’affranchit des approximations, d’incohérences dans les thématiques relatées. Mais le style et l’atmosphère suggérée manquent de profondeur et de captation. Bien qu’étant dans un tempo sustento, la mayonnaise manque d’assaisonnement et de tenue. La motivation de l’écrit et son fond tentent de décrire des dérives d’ordre politique sur des abus de biens sociaux et de détournement de fond public mais n’est pas qui veut David Simon.

En revanche, le roman présente un bénéfice, une moralité en filigrane. Car en menant de front deux affaires distinctes, la P.J. de Bayonne nous montre et démontre que des pouvoirs opposés s’affrontent et laissent au rebut, ou plutôt hiérarchisent des priorités qui ne devraient pas l’être, l’une d’elle, se retrouvant reléguée à un statut subalterne. Cette exemple concret peut, en effet, afficher les choix de la justice pas toujours en adéquation avec le bien de la communauté et où l’homicide ne « rivalise » pas avec le sensationnalisme, le buzz médiatique.

Cet écrit a donc un intérêt de fond propre et connaissance précise du terrain en manquant de littéraire et de faculté à « ventouser » son lecteur.

Chouchou.

LES NUITS INDOMPTABLES de Hicham Nazzal / Plon.

Hicham Nazzal, acteur de cinéma et de télévision, navigue entre le Maroc et la France, signe à 39 ans son premier roman entre thriller et roman d’intrigue. Dans un format ramassé il nous prouve son sens du dialogue et une certaine poésie en filigrane d’une ligne résolument noire.

«Dans un train, Karim, 25 ans, d’une beauté sans égal, éclate en sanglots.Dans un autre train, le même Karim regarde le paysage défiler, l’air plus léger.Entre ces deux trains, un séjour dans un Paris pluvieux et sombre pendant lequel il commet une série de crimes.Aucune préméditation.Pourtant, toutes les victimes présentent un point commun.Ce n’est pas l’histoire d’un serial killer, c’est l’histoire d’une série de passages à l’acte. L’histoire d’une recherche inconsciente qui s’affine.Chacun de nous a été, est, ou sera, ce tueur en puissance.Chacun de nous, à un moment, est confronté au voyage. »

On est dans les chocs d’illusions perdues où les souffrances frontales cinglent des êtres à la dérive. Ils cherchent un chemin, un trajet, sans but, sans orientation afin de se défaire d’une guide qui n’a pas été là quand il devait l’être.

La pugnacité inconsciente de son acrimonie envers ce père cristallise ses haines, dirige sa perdition et se joue de ses pulsions. Ses failles béantes le poussent vers une violence insoupçonnée, incontrôlée, incompréhensible. Ces tableaux de rages symbolisent par ellipse cette relation père-fils fracturée.

Et Karim plonge dans un dédale glauque dans ce Paris inconnu, dans ce Paris impersonnel, dans ce Paris en quelque sorte déshumanisé. A quoi se raccrocher? Vers qui se tourner? Il n’y a plus d’horizon, plus d’aurores que des crépuscules. Karim ne se meut que dans les pénombres, les seuls rais lumineux ne sont qu’artificiels. Il s’emploie inconsciemment à chercher le père, à tuer le père. Ce père qui a la mission d’épauler un fils, d’être présent, compréhensif, qui fait fi des us et coutumes. Il est là derrière ces portes vermoulues, derrière ces tentures crasseuses de lieux de perditions, derrière ces colonnes Morris de la place de Clichy où traînent mélancolie, solitude et êtres égarés.

La violence est bien réelle. La douleur de Karim s’exprime et se matérialise dans un déchaînement non programmé, non prémédité et sûrement pas calculé. Ses actes pulsionnels sembleraient être l’absolution de ce rejet paternel destructeur.

Dans une rythmique balisée par des dialogues arides et anguleux, l’auteur nous prend à la gorge et assène des coups violents en nous immergeant dans ce monde qui semble en perte de repères, de bon sens, se laisser guider par une nostalgie délétère, des croyances héritées de valeurs passéistes. Il faut se reconstruire en tentant de se détacher de liens entravant sa morale, une réflexion propre tout en ayant conscience pleinement d’où l’on vient et où l’on va. Ces meurtres parviendront-ils à reconstruire Karim?

Un livre fort qui pose la question cruciale de la relation Père/Fils et où le meurtre sert de thérapie!

Chouchou.

CEUX D’ICI de Jonathan Dee/ Plon.

Traduction: Elisabeth Peellaert

Jonathan Dee, né en 1962 à New-York, enseigne le creative writing à la Columbia university, il écrit pour The New York Times Magazine et Harper’s Magazine.Suivant Les Privilèges, consacré par le prix Scott Fitzgerald et découverte étrangère de l’année 2011 par le magasine Lire, La Fabrique des Illusions et Mille Excuses. Ce présent ouvrage représente son quatrième édité chez Plon.

La loupe grossissante, sur une société américaine en perte de repères, diffracte les idéaux et la nature même des hommes qui la peuplent. De cette bourgade du Massachusetts s’extrait un exemple type d’un système atone qui perd son relief et l’essence, la nature intrinsèque de ceux qui ont contribué à échafauder leurs forces. Forces, qui concomitamment, sont leur talon d’Achille, le grain de silice grippant des rouages huilés de prime abord. Cet ouvrage nous décrira de parfaite manière ces travers et apposera en exergue la désillusion morne d’une nation qui avait un rêve.

«Howland, petite ville du Massachusetts, attire de nombreux riches vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts depuis un placement hasardeux. Lorsque Philip Hadi, un richissime gestionnaire de fonds d’investissement, s’installe dans la maison d’à côté, cela ne se fait pas sans heurt. Le quotidien de Mark et de sa famille se transforme lentement…

 Quand Hadi se lance en politique et devient maire de Howland, modelant par petites touches la ville à son image, le fossé se creuse encore un peu entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville. »

Personnages campés, profils réalistes sortant d’un manichéisme surfait, utopique structure, ce récit qui pourrait se rapprocher, par certains aspects et par son style, d’un reportage écrit fourni, donnant le temps au temps.Le point d’arrimage primaire semble être à dessein le 11.09.2001. Il illustre avec emphase la dualité d’une population et sa capacité à renvoyer des images, des vertus contradictoires faisant le sel de paradoxes assumés (ou pas!). On pourrait aussi s’interroger sur un éventuel déterminisme politique binaire qui n’entrevoit pas de point intermédiaire à leur propre réflexion, et aux actions qui en découlent. Jonathan Dee possède, sans doute, la faculté effective de décrypter sa société par un prisme spécifique, certes, qui néanmoins peut avoir une valeur standard, voire universelle. L’étoffe du roman réside bien par sa lucidité, par un message sous jacent sans fard ni compromissions. Il a cette volonté manifeste de narrer une histoire dans l’Histoire présente sans attributs ostentatoires, de détournements superfétatoires qui ouvre, par la même, les prémices étiologiques de l’avènement de leur 45ème président…On comprend mieux dans ce cadre, somme toute banni de problématiques sociales, ou sociétales, majeures, la genèse d’un désabusement qui infiltrera différentes couches du peuple américain.

Ce livre est un éclairage franc de la nation à la bannière étoilée en nous proposant la mise à plat de fondements politiques mis à mal au niveau national, mondial, à l’échelle local. La politique surtout dans l’étymologie de la vie de la cité et par extension les acteurs qui la constitue. On est donc bien face à un document résolument romancé important qui dilate les pupilles et instille une réflexion légitime, structuré sur ce qui nous entoure sans s’arrêter sur des concepts de frontières éculées.

Lecture enrichissante par ses mots et ce qu’il y a derrière ces mots!

Chouchou.

 

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