Traduit par Pierre Ménard

 

La douleur. L’écorché, la déchirure dans la disparition du sang de son sang, de la chair de sa chair ! L’auteur nous accompagne pour cette lecture où la peine et la sécheresse des esprits seront au rendez vous d’une, de lutte(s) incessante(s).

« Le cauchemar de tous les parents : un enfant qui disparaît dans la foule.

Beth élève seule sa fille de huit ans, Carmel, et n’a qu’une hantise : que celle-ci, qui a une fâcheuse tendance à s’égarer, vienne à disparaître.

Et son pire cauchemar ne tarde pas à se réaliser.

Un samedi matin brumeux, alors que mère et fille participent à un festival local, Beth perd Carmel de vue dans la foule.

L’instant d’après, la petite a disparu.

Anéantie, Beth se lance alors dans une quête solitaire.

Peu importe ce que lui disent les autorités, elle n’en démord pas : elle sait que Carmel finira par revenir.

Pendant ce temps, Carmel est entraînée dans un étrange voyage qui va la conduire dans un lieu des plus inattendus où elle ne pourra compter que sur ses propres ressources.

Racontant tour à tour les histoires de Beth et de Carmel, La Fille en rouge fait partie de ces romans inoubliables qu’on adore recommander entre lecteurs passionnés. »

Deux mains qui se séparent, deux êtres qui se désunissent et l’on doit affronter un abime de peur, de colère, de déni, de refus de la, d’une vérité. La filiation procure des liens immatériels, inexpliqués qui bien souvent se traduit par des besoins intimes, lestes de simples présences… Mais, donc, dans cet écrit il y’a la disparition, l’absence. Beth ne peut pas résoudre à l’évidence et derrière un miroir opaque Carmel continue son existence. On la mènera dans un contexte empreint de religiosité, de croyances aux antipodes de l’esprit cartésien et Carmel en est le centre.

Comme d’une volute parte en fumée elle est tour à tour dense, compact puis diaphane et imprécise. L’espoir d’une mère, son intime conviction traverse des états distincts semblables au deuil. Sans s’y résoudre elle conçoit inconsciemment et progressivement à sa reconstruction malgré l’épreuve.

Carmel brinqueballée comme une attraction de foire ne comprend pas les enjeux initiaux mais s’instillera en elle une conscience « maturante » qui lui permettra d’acquérir les outils nécessaires à un équilibre permettant de faire face à cette déviation de destin non voulue.

« L’émoi et nous nous enlaçames

Les mois et nous nous en lassâmes

J’essuie les souvenirs qui coulent sur mes joues »

Sensible sans sensiblerie pour un cauchemar universel !

Chouchou.