Chroniques noires et partisanes

AMERICA! AMERICA!

Mon deuxième festival America et s’il n’ y a plus la surprise de la nouveauté comme en 2014 où l’amateur de littérature ricaine que je suis s’était retrouvé comme un gosse devant cette galerie de grands écrivains, le plateau, cette année, malgré l’absence de dernière minute de Don Winslow était à nouveau de tout premier plan.

Alors, je vais encore me faire des nouveaux amis mais je voudrais juste faire une petite parenthèse. Dans le relationnel avec le lecteur, il y a une énorme différence entre les auteurs français et les auteurs américains. Les Américains sont des pros pour la grande majorité. Ils couplent souvent leur job de romancier avec des cours qu’ils donnent plus ou moins bien dans des facs mais qui leur laissent suffisamment de temps, d’une part pour écrire et d’autre part pour apprendre à vendre leur produit.

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Jamie Poissant

Il suffisait de voir Ellroy faire le cabot ce weekend à Vincennes avec sa chemise hawaïenne qu’il remet à chaque fois qu’il vient en France. On peut donc avoir des bateleurs comme lui mais on a surtout des auteurs dispos, à l’écoute, sympas, sachant parler intelligemment de leurs bouquins, approfondir leur propos, c’est du grand art. D’expérience, je vous garantis qu’il est plus facile d’obtenir un entretien d’un grand romancier américain que d’obtenir, parfois, une réponse à un mail envoyé à un auteur français.

Ils font le job, c’est sûr, cela ne paraît pas toujours innocent, spontané, sincère mais cela fait partie de leur métier d’auteur commencé à la force du poignet dans des ateliers d’écriture quand en France, certains pensent qu’il suffit de noircir une page ou de raconter son petit déjeuner sur Facebook pour envisager l’immortalité.

 

Et donc à America, les auteurs font leur métier dont une partie est de rencontrer leur lectorat et c’est du pain bénit pour les lecteurs et bien sûr pour les bloggeurs en goguette.

Emily Saint John Mandel

En vrac et encore sous le charme:

l’énorme gentillesse de Bret Anthony Johnson, la puissance, la verve de Marlon James égales à celle de son tonitruant roman sur la Jamaïque, la classe d’ Emily Saint John Mandel se promenant dans le parc dimanche matin, la puissance, la force dégagée par Atticus Lish, la grande humanité et les excellents goûts musicaux de Smith Henderson (on en reparlera), une discussion à propos de Woodrell avec l’étonnant David Joy ( à suivre), la bonne santé de David James Poissant, les qualités de sprinter de Brian Hart en retard conséquence certaine d’ un problème de réveil dimanche, les regrets de n’ avoir pas osé dire mon admiration à Thomas H. Cook, Joseph Boyden à la terrasse d’un café, l’excellence de Megan Abbott…

Et tout cela fonctionne à merveille dans un cadre magnifique, dans une ville qui donne (presque) envie d’y vivre, où les différents lieux du festival sont joignables à pied très rapidement et sont autant de lieux magiques où se révèlent la passion, le talent, l’intelligence, la classe et la réflexion .

Atticus Lish

Atticus Lish

L’organisation est, elle aussi, très pro et les hôtesses comme les animateurs de débats, tous bénévoles, contribuent par leurs sourires et leur altruisme pour les unes et leurs compétences pour les autres à faire de l’événement un rendez-vous culturel de premier plan pour les amoureux de littérature d ‘outre atlantique.

Les grands pros comme Christine Ferniot de Télérama ou Bruno Corty du Figaro qui a animé avec talent un poignant « Après la guerre »avec Willy Vlautin, Atticus Lish et Kevin Powers tout comme les passionnés éclairés comme Sandrine Brugot- Maillard du site « tête de lecture » ont su se mettre au diapason pour élever les débats à un niveau passionnant au travers d’animations très travaillées.

America, personnellement, c’est aussi des rencontres avec des personnes avec qui je corresponds ou que je lis depuis des années sans les avoir jamais vues: Hélène, Léa de « Léa Touch book » qui venant de l’ Hérault a découvert la pluie, Chouchou qui fait un bout de chemin sur Nyctalopes, Sandrine de « Tête de Lecture », Brigitte Semler de Belfond qui m’a offert une rencontre magique avec Smith Henderson, Nathalie Perrony traductrice de « Yaak valley Montana » qui m’a sauvé plusieurs fois dans l’entretien, Muriel Poletti attachée de presse « free lance » qui fut une des premières à me faire confiance …et des rencontres ratées avec Christelle de « Dealeur de lignes », Diane de Belfond l’ Arlésienne de Vincennes, Joséphine de Denoël…

Smith Henderson et Nathalie Perrony

Smith Henderson et Nathalie Perrony

C’est tout ce petit monde réuni autour d’une passion pour un continent, une culture, une littérature, une histoire par le plus grands des passionnés Francis Geffard que je tiens à remercier pour ce beau weekend.

Wollanup.

PS: manque juste un peu de bonne zik.

9 Comments

  1. Marie-Claude

    Sans faute, j’y serai dans deux ans. Je traverserai l’océan à la nage s’il le faut. Ironique, tout de même, que je doive aller en France pour rencontrer en un seul lieu tous mes auteurs chouchous. Juste pour Vlautin et Boyden, j’aurais fait le déplacement!

    • clete

      Mais oui, il faut venir.L’Amérique,c’est ici.

    • Fournier

      Je compte sur toi !!! Helene

      • Marie-Claude

        J’y serai! Je me construirai un radeau, s’il le faut!

  2. Sandrine

    Je rajoute mon petit plaisir personnel : celui de pouvoir discuter avec Woolanup et Racoon, tous les deux charmants et si connaisseurs et (presque !) toujours de bon goût 😉 Qu’il a été sympathique de vous rencontrer : à renouveler, bien sûr !

    • clete

      Quoi,quoi? Tu veux que je répète les horreurs que tu as dites sur certains auteurs que tout le monde aime?

  3. BS

    Après le festival, il reste le web 😉
    Pour ceux qui souhaitent se renseigner, je vous encourage à consulter le dossier dédié sur Bibliosurf II, le documentaliste bénévole du livre https://www.bibliosurf.com/+-Festival-America-+.html

  4. Guillome

    tu nous fais saliver ! j’aurais aimé rencontrer Jamie Poissant , j’ai adoré ses nouvelles !

    • clete

      Je l’ai interviewé à Etonnants Voyageurs l’an dernier.Très sympa Jamie Poissant.

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