Chroniques noires et partisanes

Étiquette : éditions de la table ronde

UN ESPION EN CANAAN de David Park / Table ronde

Spies in Canaan

Traduction: Cécile Arnaud

“En 1973, Michael Miller, jeune diplomate timide, se retrouve en poste à Saigon alors que les États-Unis s’apprêtent à quitter le Viêt Nam. Travaillant comme gratte-papier dans une des multiples agences de renseignement présentes dans une ville sur le point de tomber aux mains du Viêt-cong, il donne l’impression d’évoluer dans une dimension parallèle, loin de la panique et de la violence ambiantes, jusqu’au moment où Ignatius Donovan le recrute officieusement pour le compte de la CIA… Quarante ans plus tard, Michael, devenu veuf peu de temps après avoir pris sa retraite, vit dans une maison trop grande pour lui au bord de l’Atlantique. S’il replonge dans ses souvenirs, c’est qu’il va devoir, au nom du passé, accomplir pour Donovan une dernière mission, quelque part sur la frontière mexicaine.”

Pour la première fois, je n’ai rien à vous dire sur ce roman. Je viens de le refermer et je ne sais pas encore si je l’ai aimé ou détesté… Je remets le bébé entre vos mains et vous appelle à l’aide.

Je suis preneur de toutes vos remarques au sujet de ce roman qui évoque l’espionnage du point de vue d’une personne recrutée par la CIA. J’ai suivi l’auteur jusqu’à Saïgon où j’ai vécu le départ des Américains dans l’urgence en 75, la fuite laissant derrière eux les Vietnamiens qui les avaient servis. J’ai voyagé avec lui dans le no man’s land de la frontière mexicaine de nos jours. J’en suis revenu. J’ai tourné la dernière page, relu la quatrième de couverture, me suis assis devant mon ordi et là rien. Incapable de dire un mot en bien ou en mal.

Qu’est-ce que David Park a bien pu vouloir dire dans cette histoire sur deux époques par ailleurs bien écrite ou plutôt qu’est ce que je n’ai absolument pas capté?

La panne !

Clete.

DES NOUVELLES DU MONDE de Paulette Jiles / Quai Voltaire.

Traduction:  Jean Esch.

“Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille, près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l’ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d’imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l’argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d’une pièce d’or, sachant qu’il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l’armée fédérale.”

Ainsi introduit ce roman peut donner l’impression d’être un western, ce qu’il est à sa façon dans son décor texan mais prenant parfois des allures de “True Grit”, il raconte avant tout la rencontre d’un vieil homme, bienveillant passeur de culture et d’une enfant devenue une Indienne malgré elle mais qui a fait sienne la philosophie et la vie des Kiowas, oubliant, comme beaucoup d’autres victimes comme elle, à l’époque sa vie antérieure et ne souhaitant qu’une seule chose, repartir vers sa famille indienne, loin de la civilisation des Blancs dont elle ne comprend rien.

Au cours de ce périple périlleux où les rencontres montreront souvent le côté haïssable de l’humain, naîtra puis se développera avec le temps, patiemment une relation entre le vieil homme et l’enfant. Entamée par des regards, des gestes puis par des échanges verbaux, une communication dictée au départ par la survie s’épanouira pour se transformer en affection, en tendresse où chacun, équitablement, apprendra de l’autre. Le capitaine Kidd et Johanna, chacun avec ses atouts, affronteront des obstacles naturels et humains mais aucun ne pourra les détruire tant l’amour qui est en eux soulèvera des montagnes.

Ceux qui espèrent un western classique resteront certainement sur leur faim, les amateurs de suspense n’y trouveront pas non plus leur compte malgré certaines scènes violentes. Par contre si vous désirez lire une belle histoire d’amitié dans un décor majestueux et hostile où les petites conquêtes affectives vous paraîtront bien plus marquantes que les scènes de violence, ce livre est fait pour vous. Le genre de livres qu’on a envie de partager avec les gens qu’on aime. Un immense merci à Paulette Jiles pour ce personnage inoubliable du capitaine Jefferson Kyle Kidd.

« Il ouvrit le .38, le nettoya, le remonta. Il dressa une liste: farine, munitions, savon, viande de bœuf, bougie, foi, espoir, charité. »

Intelligent, tendre, touchant, BEAU!

Wollanup.

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