Chroniques noires et partisanes

Étiquette : actes sud (Page 10 of 10)

AMERICAN GIRL de Jessica Knoll chez Actes Sud

Traduction : Hubert Malfray.

« American girl » est le premier roman de Jessica Knoll, rédactrice en chef à Cosmopolitan. Il a connu un grand succès aux Etats-Unis et va être adapté au cinéma.

« Sur le point d’épouser celui que n’importe quel magazine féminin désignerait comme l’homme idéal, Ani, jeune et jolie journaliste, est tenaillée par le doute. Obsédée par son image, elle peaufine compulsivement les moindres détails de sa vie glamour pour incarner aux yeux de tous l’héroïne infaillible qu’elle rêve de devenir. Celle dont la réussite, incontestable, laissera tout le monde sur le carreau. Derrière ce besoin éperdu d’invulnérabilité, derrière ce désir implacable d’être la New-Yorkaise branchée sous tous rapports, un terrible saccage intime, qu’elle refoule depuis l’adolescence. Et une lutte de tous les instants – contre ses souvenirs, contre le regard des autres, contre d’insoutenables accusations, contre la réputation qui lui colle à la peau depuis que sa vie a basculé dans la terreur. Une terreur entière, souveraine. Plus forte que la honte, que le désir de vengeance, que la souffrance – plus forte que tout. »

Dès la première page, on sent que quelque chose ne va pas chez Ani qui, examinant un couteau de cuisine sur sa liste de mariage, pense à le tester en l’enfonçant dans l’estomac de son fiancé. Puis on la suit dans sa vie de new-yorkaise branchée et elle parait assez agaçante, fashion victim dévouée aux apparences dont le but ultime est d’éblouir, d’en mettre plein la vue, écartant ses rivales sans états d’âme au boulot, partout… une vraie peste de chick lit.

Puis les flash-backs commencent, on entre dans l’intimité d’Ani, la narratrice, et sa vulnérabilité apparaît, sa terreur face au regard des autres, des souffrances qu’ils peuvent infliger. Sa quête de perfection, son besoin d’éblouir ne sont qu’une carapace qu’elle s’est forgée pour se protéger. Mais sous cette carapace, elle est loin d’avoir la paix, elle n’a pas toujours été l’éblouissante Ani…

Ani est une pure construction, même ce prénom n’est pas le sien… Peu à peu, par le jeu des flash-backs Jessica Knoll dévoile l’histoire de TifAni, ado ordinaire, virée pour une bêtise de son lycée catho qui veut absolument s’intégrer dans sa nouvelle école, un lycée prestigieux où les gosses des généreux donateurs peuvent faire preuve de cruauté et jouir d’une certaine impunité. Une histoire sombre et violente qu’on ne peut oublier par la simple volonté d’ « aller de l’avant », une histoire de viol, une histoire où la double peine s’applique : la victime devient la salope, et subit d’autres humiliations en prime…

Les personnages d’ados, bourreaux comme victimes et les personnages d’adultes, tous sonnent justes, terriblement justes. Le viol, la dévastation qu’il provoque sont évoqués avec une vérité étonnante qu’on comprend en se renseignant sur la vie de l’auteur : Jessica Knoll a vécu ce traumatisme, elle s’est inspirée de son histoire pour écrire celle d’Ani. Elle n’a réussi à en parler qu’après l’écriture de son livre, bien des années après les faits, cela en dit long sur la difficulté de rompre le silence qui entoure le viol, mais également sur le pouvoir des mots dans la résilience.

Pour le reste des événements du livre, car il y a encore plus d’horreurs dans le parcours d’Ani, Jessica Knoll s’est documentée, elle est journaliste et cela reste crédible. Elle construit son histoire brillamment, mêlant les vies de ces personnages dans le passé et les résonances de leurs actes dans le présent avec une grande habileté.

Un bon roman, âpre, qui se lit d’une traite.

Raccoon

LA TENDRESSE DE L’ ASSASSIN de Ryan David Jahn / Actes Sud

Traduction: Vincent Hugon

Sortie le premier juin.

Après « De bons voisins », « Emergency 911 » et le magnifique « le dernier lendemain », « La tendresse de l’assassin »est le quatrième roman de l’auteur américain Ryan David Jahn à sortir en France dans la collection « Actes Noirs » d’Actes Sud  qui fête ses dix ans cette année et que beaucoup d’amateurs éclairés ont tort de snober tant elle propose de plus en plus de diversité et d’auteurs talentueux notamment des Américains.

« Andrew était encore un nourrisson quand sa mère fut froidement abattue sous ses yeux à Dallas, en 1964. Pourtant, il se souvient avec une précision déconcertante de ce jour fatidique – l’intrusion d’un homme dans la maison, les coups de feu, les corps de sa mère et de son amant gisant sur le sol –, et l’identité de l’assassin ne fait pour lui aucun doute.
Vingt-six ans plus tard, l’heure de la vengeance a sonné. S’il veut tirer un trait sur son passé, Andrew n’a pas le choix, il doit retrouver et éliminer le responsable de ce drame : son propre père, Harry, ex-tueur à gages, désormais libraire à Louisville, remarié et vivant sous un patronyme d’emprunt.
Mais l’irruption d’un privé menaçant de révéler sa véritable identité et celle d’Andrew va mettre en péril cette nouvelle vie chèrement acquise, et contraindre Harry à sortir de sa retraite pour faire taire le maître chanteur.
Acceptant de faire équipe avec son fils et de l’initier au métier de tueur, Harry est loin de se douter qu’il s’engage avec Andrew dans un jeu à la vie à la mort. »

Afin que chacun comprenne la subjectivité de mes propos, je suis un fan de cet auteur et ce n’est pas ce quatrième roman qui me fera changer d’avis. Les intrigues de Jahn sont toujours originales, la dimension psychologique des personnages est toujours très aboutie et j’adore aussi sa façon d’écrire, pourquoi, mystère, on a tous des auteurs qui nous charment y compris dans les moments plus faibles, plus ordinaires.

Le roman démarre plein pot, ne laissant pas souffler le lecteur, littéralement harcelé dès les premières pages par le récit de la tragédie où la mère d’ Andrew et son amant ont été abattus par son père. L’assassinat est raconté froidement, cliniquement à l’image des agissements professionnels du père assassin actant sans pitié ni remords.

La suite du roman peut se résumer, même si le terme est assez réducteur voire franchement péjoratif et totalement erroné concernant ce roman, à un face à face, un duel, une sorte de huis-clos entre le père et le fils. Harry ne reconnaît pas en ce vieux père l’assassin froid de sa mère qu’il veut venger et Andrew a du mal à se lier à son fils qu’il peine à cerner. Tout le jeu des principaux acteurs est finement raconté par l’auteur qui y adjoint une partie fantasmée par le fils s’imaginant tuer son père en de multiples occasions.

En simplifiant à l’extrême pour vous laisser découvrir par vous-même le charme du roman, « La tendresse de l’assassin » est un roman d’initiation, Harry se disant qu’il deviendra adulte réellement quand il aura tué son père, le parricide comme rite de passage en fait. Il est évident qu’un tel final si prévisible en ferait un roman tel qu’on en lit tellement et si on peut regretter la relative brièveté du bouquin, on ne peut par contre que louer le scénario de l’histoire qui peut provoquer chez le lecteur de bizarres sentiments, d’étranges réflexions et de multiples interrogations tout en le questionnant sur la qualité et l’objectivité de ses souvenirs.

Bluffant.

Wollanup.

LA DERNIERE NUIT A TREMORE BEACH de Mikel Santiago chez Actes Sud

Traduction : Delphine Valentin.

Mikel Santiago est né et vit actuellement au pays basque mais il a longtemps vécu au Pays Bas et en Irlande où se passe « La dernière nuit à Tremore Beach », son premier roman.

« Clenhburran : cent cinquante âmes en hiver, ses routes sinueuses entre vallons verdoyants et récifs escarpés, ses tourbières et ses fleurs sauvages. C’est en Irlande, dans ce hameau du comté de Donegal, que le célèbre compositeur Peter Harper est venu trouver refuge dans une maison isolée sur la plage. Pour s’accommoder d’un divorce orageux et renouer avec la musique.

Au retour d’un dîner chez des amis par une nuit de tempête, il tente de dégager la branche d’un vieil orme qui lui barre le chemin, quand il est frappé par un éclair d’une rare violence. S’ensuit une migraine chronique qu’aucun traitement ne parvient à apaiser, suivie, quelques jours plus tard, par de récurrents cauchemars sanglants où peu à peu apparaissent ses voisins et ses propres enfants, qu’il attend pour les vacances. Ces rêves semblent l’avertir d’un danger imminent auquel personne n’est disposé à croire. Saisi d’une angoisse vertigineuse lorsqu’il constate que jour après jour des pans entiers de ses visions nocturnes s’incarnent dans la vie réelle, il doit lutter seul contre la menace qui désormais enserre les siens.

Dans ces paysages irlandais aussi grandioses qu’inhospitaliers, c’est la part d’ombre de chaque personnage qui se dévoile, tous rattrapés par ce qu’ils sont ici venus fuir. »

Peter Harper, en pleine dépression, en panne d’inspiration espère retrouver un peu d’équilibre dans cette maison isolée au fin fond du Donegal : un couple de voisins à une centaine de mètres, le plus proche village bien loin, la mer en face avec les tempêtes et les orages qui se déchainent brutalement et violemment…

Dans cette petite communauté, l’isolement resserre les liens et on s’intéresse aux nouveaux venus. Mikel Santiago nous décrit cette vie de petit village de manière très réaliste, la curiosité des indigènes, les liens qui se tissent entre nouveaux venus : les voisins les plus proches, une jeune femme Judie qui ne laisse pas Peter indifférent.  Les personnages sont bien campés, crédibles, attachants. On soupçonne chez tous des secrets mais c’est bien ordinaire, on a tous des secrets, des zones d’ombres qu’on ne livre pas facilement.

Tous les ingrédients classiques du thriller sont mis en place et Mikel Santiago les utilise avec brio. La solitude des lieux, la violence des éléments… il sait créer une atmosphère inquiétante où la tension va monter, forcément.

Mikel Santiago introduit une petite dose de fantastique ou de paranormal comme Stephen King (on le surnomme d’ailleurs le « Stephen King espagnol »). Après avoir été foudroyé, Peter Harper a des visions d’horreur, des rêves éveillés hyper réalistes qu’il pense prémonitoires. Un don de vision hérité de sa mère ! J’avoue que j’ai du mal à adhérer au fantastique, mais là, Mikel Santiago s’en sert vraiment bien : Peter tente de rationnaliser, il cherche des explications médicales, psychologiques et comme c’est lui le narrateur, on suit tous ses efforts pour comprendre ce qui lui arrive. On ne sait plus, comme lui, ce qui relève des hallucinations, de la réalité… On perd pied avec lui : ses visions sont peut-être juste l’expression de son inconscient ?  Peut-être est-il lui-même le danger ? On en vient à douter de sa santé mentale, de tout, de tous…

Bref, on est happé par cette histoire et Mikel Santiago nous trimballe à son gré et avec un grand talent jusqu’au dénouement.

Pour un premier roman, c’est une réussite, un très bon thriller.

Raccoon

BULL MOUNTAIN de Brian Panowich/Actes Sud

Alors, il y a  des périodes où le chroniqueur qui enchaîne les romans commence à sentir des signes de lassitude à lire un peu toujours les mêmes romans, à la mode, dans l’air du temps, tout en se disant que pour un roman « rural » qui tient la route, qu’il soit français ou américain, nombreux racontent les même histoires de péquenauds avec des flingues, de ladrogue, de la violence et semblent empruntés, factices, même s’ils sont habilement écrits pour ressembler aux séries ricaines qui fonctionnent. Bon, cela a aussi l’avantage qu’on apprécie encore plus les romans qui se démarquent, qui restent dans le tissu urbain comme  « la ville des brumes » de Sara Gran, « the whites » de Richard Price, « j’ai été Johnny Thunders » de Carlos Zanon » voire « magic time » de Doug Marlette pour ce qui est des sorties de l’année.

Et puis, il y a l’exception, le roman qui par une alchimie réussie entre péripéties crues et style, entre action et réflexion fait mouche et dans cette catégorie de romans qui vous pètent à la figure, il y a ce magnifique BULL MOUNTAIN, œuvre de Brian Panowitch, pompier de Georgie et auteur d’un premier roman qui, sans être forcément le chef d’œuvre qui fera date, est vraiment un roman immanquable pour tous les vieux cowboys qui adorent les histoires dures, cruelles du Deep South ou des contrées reculées du Midwest ou des Appalaches.

« Chez les Burroughs, on est hors-la-loi de père en fils. Depuis des générations, le clan est perché sur les hauteurs de Bull Mountain, en Géorgie du Nord, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine jusque dans six États, sans jamais avoir été inquiété par les autorités. Clayton, le dernier de la lignée, a tourné le dos à sa fratrie, et comme pour mettre le maximum de distance entre lui et les siens, il est devenu shérif du comté. À défaut de faire régner la loi, il maintient un semblant de paix. Jusqu’au jour où débarque Holly, un agent fédéral décidé à démanteler le trafic des montagnards. Clayton se résout alors à remonter là-haut pour proposer un marché à son frère. Il sait qu’il a une chance sur deux de ne pas en redescendre. Ce qu’il ignore, c’est que Holly en a fait une affaire personnelle, et que l’heure des pourparlers est déjà passée. »

« Bull Moutain », c’est avant tout le mythe de Cain et Abel revisité à la sauce Georgie, un état du sud bien délabré si on excepte Atlanta, Coca cola city. Entre tensions actuelles et histoire violente du clan sur trois générations, Panowitch réussit un sans-faute passionnant, un roman franchement addictif de la première à la dernière ligne. La violence peut être parfois assez insoutenable puisque cette famille de tarés les Burroughs, qui pratique le meurtre comme certains la pêche, ne se contente pas de tirer sur ceux qui les gênent mais pratique le massacre d’autrui, le passage à tabac, la mutilation, toute la panoplie du mal… et de la connerie congénitale et ordinaire.

Dès le premier chapitre, vous êtes choqués par ce déballement  de barbarie et cette absence d’humanité et cet état de choc va être vôtre tout au long du roman, présent ou dangereusement latent. Mais, « Bull Mountain » n’est pas uniquement une nouvelle  démonstration de la connerie humaine dans ces régions. L’histoire propose une intrigue fine avec l’apparition d’un flic du FBI qui veut régler ses comptes avec la famille.

Souvent dans ces romans, les femmes ne jouent que les utilités mais ici, comme chez Larry Brown, des destins tragiques sont racontés, des histoires effroyables qui vous remuent tant Panowitch écrit de façon juste, humaine, brillante dans un style riche mais simple un peu comme Steinbeck.

Les médias américains parlent, une fois de plus de Faulkner, mouais, si on veut. Pour ma part un roman puissant, sauvage et humain, une intrusion très réussie de la tragédie grecque dans le polar, une plume très habile, une œuvre que l’on peut placer à côté de l’époustouflante « trilogie du bayou » de Daniel Woodrell , c’est dire la perfection du roman et du talent en train d’éclore rythmé par les guitares de Lynyrd Skynyrd..

Immanquable.

Wollanup.

NEVERHOME de Laird Hunt chez Actes sud

Traduit par Anne-Laure Tissut

 

Laird Hunt est un écrivain américain. Il a reçu pour ce roman le premier grand prix de littérature américaine créé par Francis Geffard à qui on doit déjà le festival littéraire America. Laird Hunt nous plonge avec « Neverhome » dans la guerre de sécession de manière singulière en y suivant une femme partie déguisée en homme pour aller combattre.

« Dans la ferme de l’Indiana qui l’a vue grandir, Constance jouit enfin, auprès de son compagnon, d’un bonheur tranquille. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate et que Bartholomew est appelé à rejoindre les rangs de l’armée de l’Union, c’est elle qui, travestie en homme, prend sans hésitation, sous le nom d’Ash Thompson, la place de cet époux que sa santé fragile rend inapte à une guerre qu’elle considère comme impensable de ne pas mener.
Ayant perdu la trace de son régiment après une bataille féroce où elle a été blessée, Constance, la rebelle, dépouillée de son uniforme, reprend, au sein de paysages dévastés, le chemin de la ferme, guidée par l’amour infini qu’elle porte à son bien-aimé mais profondément hantée par la violence et l’étrangeté des aventures qui ont marqué sa périlleuse initiation à l’univers impitoyable des champs de bataille et à leurs sordides coulisses. »

 

Laird Hunt s’est appuyé sur des faits réels pour écrire son roman. Il s’est penché sur l’histoire de ces femmes-soldats pendant la guerre de sécession. Dans une interview, il dit qu’elles étaient au moins cinq cents. Elles ont été effacées de l’histoire officielle de cette guerre. Infirmières, cantinières… passe encore, mais c’était inconcevable au XIXe qu’une femme puisse combattre, ça ne rentrait pas dans le schéma de la gloire des hommes guerriers, comme dans l’histoire du far-west ou l’Histoire en général d’ailleurs, et, puisque les historiens aussi étaient des hommes… Elles partaient à la guerre avec la double peur au ventre : celle de la guerre bien sûr, comme tout le monde, et celle d’être découvertes car elles étaient alors humiliées, emprisonnées, enfermées dans les asiles de fous : imaginez, les asiles au XIXe en temps de guerre…

Frances Louisa Clayton

Laird Hunt ne s’est pas inspiré de l’histoire d’une femme en particulier. Il s’agit bien là d’un roman où on suit, intrigué, fasciné, l’itinéraire de Constance à travers cette guerre. Constance, partie à la place de son mari, plus faible qu’elle dans les rangs de l’Union (grosse bourde de l’éditeur sur la quatrième de couverture, corrigée depuis j’espère, au moins au niveau de leur site, Constance est bien dans le camp des Nordistes).

Dès les premières phrases, on est séduit par le langage de Constance. On suit ses pensées, ses visions : des plus prosaïques (elle est aux premières loges et montre sans fard le vacarme des batailles, les charniers qui ensanglantent la nature, les blessés, la boue, la crasse) aux plus intimes. Elle se réfugie dans ses souvenirs, seuls lieux à l’abri dans la guerre, et nous livre ainsi son histoire par bribes. Elle reçoit des lettres de son mari, lui écrit, son amour pour lui la déchire et la maintient en vie. Elle s’adresse aussi à sa mère morte, dans des circonstances qu’on devine tragiques dès le début. S’échapper dans ses pensées lui permet de supporter l’insupportable et l’emmène parfois loin de la réalité, dans un climat onirique où on la suit les yeux fermés tellement c’est beau.

Laird Hunt, dans une langue d’une grande richesse, à la fois sobre et poétique, nous offre le très beau portrait d’une femme au cœur d’une guerre dont elle veut revenir. Une femme forte et en même temps brisée.

Magnifique.

Raccoon

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