El misterio del ultimo Stradivarius
Traduction: Albert Bensoussan

Ce roman mêle une enquête criminelle contemporaine inspirée d’un fait réel — l’assassinat sauvage, en octobre 2021 à Areguá (Paraguay), d’un antiquaire allemand et de sa fille de quatorze ans — à une vaste fresque historique remontant jusqu’en 1737, autour du dernier violon fabriqué par Antonio Stradivari, le célèbre luthier de Crémone, alors âgé de quatre-vingt-treize ans.
L’enquête est confiée au commissaire Alejandro Tobosa, homme terne à l’existence insignifiante, « qui avait tout du bureaucrate aux mains propres, la raie des cheveux bien droite ». Il doit composer avec son subalterne, Gutiérrez, rustre et déloyal.
Le récit repose sur une double temporalité : d’un côté, les investigations policières, menées jour après jour par un Tobosa souvent dépassé par les événements ; de l’autre, l’histoire du violon, qui débute lorsque Stradivari appose sa signature sur son ultime instrument. « Le luthier se piqua le doigt avec un poinçon et, outre sa signature sur la table de fond, il laissa tomber des gouttes de sang qui recouvrirent une partie de son nom. »
« Sautant d’un propriétaire à un autre comme monnaie d’échange », le violon traverse les siècles et les tragédies humaines. Et c’est là que réside l’habileté de la construction romanesque : les deux récits finissent peu à peu par se rejoindre, donnant au roman sa véritable ampleur.
Avec ce violon comme témoin silencieux de l’Histoire, le lecteur traverse l’épidémie de choléra qui ravage Naples, l’invasion de Venise, l’assassinat de Sarajevo ou encore les camps de concentration…
La narration demeure toutefois inégale. À des passages remarquablement documentés succèdent des chapitres plus proches du vaudeville. De nombreux clichés ponctuent une écriture parfois trop simple, voire naïve.
Né à Buenos Aires en 1958, Alejandro G. Roemmers semble avoir abandonné le ton moralisateur, arrogant et hyperreligieux qui imprégnait son précédent roman, Le Retour du Jeune Prince, pourtant souvent présenté comme un conte philosophique. Mais cette tendance n’a pas totalement disparu, comme le montre sa volonté affichée de « rétablir l’équilibre moral de l’univers » et de souligner « le pouvoir de l’art, et de la musique en particulier, de soigner les blessures de l’âme et d’élever l’être humain et son destin au-dessus des passions propres aux bêtes. » ( ? )
Un thriller historique ambitieux, susceptible de séduire les amateurs de grandes fresques sombres et de romans érudits, mais qui pourra aussi laisser certains lecteurs sur leur réserve.
Soaz.
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