クスノキの番人
Kusunoki no bannin
Traduction: Liza Thetiot.

Est-ce la magie de cet arbre gigantesque — ce camphrier dans le sanctuaire de Tsukisato — qui nous procure un tel apaisement ? Ou bien le rythme de l’écriture de Keigo Higashino qui nous donne la sensation de déambuler dans un jardin japonais? Les mots, lisses comme ces petits galets qui nous entraînent dans de drôles de spirales, leur douceur, leur sobriété, leur poésie — on pourrait presque dire leur silence — diffusent une émotion discrète et le motif de l’intrigue se dessine lentement.
Le jeune Reito Naoi « à peine un mois auparavant dormait dans une cellule de commissariat »…Chifune Yanagisawa, une tante oubliée, va lui confier une mission en échange de sa libération : devenir le gardien du camphrier. Il devra veiller au bon déroulement de rituels nocturnes, les nuits de pleine lune et de nouvelle lune…«Il paraît en effet que si l’on fait un vœu auprès du camphrier, il se réalisera. »
Légende urbaine ? Superstitions ? Histoires à dormir debout ? « Pour être franc, je n’y crois pas. C’est complètement invraisemblable. Si sacré qu’il soit, au bout du compte, ce n’est qu’un gros arbre. C’est tout simplement impossible qu’il exauce les vœux, voilà tout.» déclare Reito.
La jeune Yumi veut comprendre ce que son père vient faire régulièrement en se glissant dans la cavité qui s’ouvre sur le flanc du grand arbre, et quelle est la signification de ses marmonnements étranges. Reito, qui se juge pourtant « nul en tout, et pas capable de grand-chose » accepte de l’aider. Avec sa candeur, sa logique et sa grande bienveillance, il va tenter de résoudre ce mystère…
Un mystère qui plonge rapidement dans les racines lointaines d’une famille où « fierté mal placée et obstination mesquine » ont creusé des abîmes de culpabilité et de solitude. Le grand arbre parviendra-t-il à retisser des liens distendus, même au-delà de la perte de la mémoire et de la mort ?
Comme du camphrier, il émane de ce roman délicat, une sérénité qui permet au lecteur de se libérer de l’emprise du temps.
«Ne trouvant rien à répliquer, Reito se gratta derrière l’oreille.»
Soaz.
Le Gardien du camphrier est le quinzième roman de Keigo Higashino paru chez Actes Sud.
Du même auteur sur Nyctalopes: LE CYGNE ET LA CHAUVE-SOURIS, LES SEPT DIVINITÉS DU BONHEUR, LES MIRACLES DU BAZAR NAMIYA , LE FIL DE L’ESPOIR
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