Chroniques noires et partisanes

Étiquette : gallmeister (Page 6 of 6)

L’ HOMME POSTHUME de Jake Hinkson/ Gallmeister

 

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traduction:Sophie Aslanides

La collection néo-noir de Gallmeister, à peine un an d’existence, est déjà devenue un rendez-vous incontournable pour les amateurs de Noir ricain. Il faut dire que parrainée par un remarquable Benjamin Whitmer, elle ne pouvait que connaître et dès les premières parutions qu’un grand succès auprès de ceux qui adorent le Noir qui bouge, qui cogne, qui horrifie, qui offre un très grand plaisir de lecture.  Après l’effroyable « Corrosion » en janvier, voici donc le deuxième opus de l’année avec un nouveau roman de Jack Hinkson après « l’enfer de Church Street » lauréat du Prix Mystère de la Critique (Meilleur roman étranger) et faisant partie des 10 meilleurs polars sélectionnés par le magazine Lire en 2015 prouvant ainsi que dès le départ la collection a trouvé son public et peut être d’ores et déjà considérée comme un Must du genre. Je me demande seulement pourquoi « Cry Father » de Whitmer n’a pas obtenu, lui, cette récompense… enfin.

« Les choses ont vraiment mal tourné quand Elliott s’est suicidé. Ou plutôt quand il a raté son suicide. Car après être resté mort pendant trois minutes, le voici ramené à la vie. Et il y a cette jeune infirmière un peu étrange qui prend soin de lui. Il n’a toujours rien à perdre alors pourquoi ne pas faire un bout de chemin avec elle. Mais une fille comme ça ne voyage jamais seule, alors Elliott devra composer avec des jumeaux débiles. Et Stan the Man. »

Alors si vous n’avez jamais ouvert un roman de la collection neonoir, vous allez être sûrement bien secoués par le cocktail rednecks, violence, tourments, drogue, flingues, coups foireux, personnages au bord de la rupture, déchaînement final qui est particulièrement bien réussi et crée des romans plutôt courts et extrêmement agités dans la veine d’un JimThompson qui a si bien écrit sur les losers, les rejetés de l’Amérique, les sociopathes comme les psychopathes. Tous ces nouveaux auteurs, à qui la maison Gallmeister a offert un blanc seing pour nous montrer les pire déviances de la société américaine actuelle et les combines malhonnêtes et meurtrières utilisées par des racailles ou des gens désespérés pour s’en sortir, suivent bien les traces du grand maître Thompson et font le job d’une manière efficace, sans temps morts avec leur lot de violences et d’actes barbares. Le lecteur débutant s’attaquant à un Neonoir doit absolument savoir qu’il va vivre une expérience qui peut s’avérer parfois assez traumatisante tant la violence est présente et visible, rendue encore plus terrible par l’insouciance, l’absence de remords des bourreaux.

Personnellement, en temps qu’habitué de la collection et de ces lectures noires ricaines, je dois dire que pour une fois, et même si j’ai dévoré le livre en deux heures, je n’ai pas été aussi séduit qu’à l’habitude et je ne pense pas que ce soit le fait d’une certaine lassitude. Le roman m’a paru trop court, privilégiant uniquement l’action, laissant trop de parts d’ombre chez les personnages, certains disparaissant avant que l’auteur ne nous les fasse vraiment connaître autrement que très superficiellement. Malgré cela, on sent  la crise de la société dans les actes, les réflexions, les pensées mais ce n’est pas suffisamment traité à mon goût pour qu’on sente l’aspect social ambiant déplorable créant ce genre de situations. On privilégie l’action et c’est un choix qui se respecte. Violence, coup foireux, trafic de drogue, associés débiles et génie du mal, duel final sont bien présents et on peut y adjoindre aussi le classique des polars ricains la rédemption et encore …la religion qui est une autre grande réalité de la société américaine.

Tout ceci donne un polar qui fonce, ne ralentit pas mais qui peut-être ne laissera pas un souvenir impérissable parce que finalement assez prévisible pour l’habitué vu le schéma initial mis en place et ceci malgré certains chapitres et coups d’éclat très réussis. Alors, attention, le fan y trouvera son bonheur et ce roman est à conseiller aussi à ceux qui n’ont jamais lu cette collection car il est sûrement moins extrême que certains sortis l’an dernier.

Neonoir continue donc à montrer, noirceur et violence d’ une certaine Amérique underground mais n’a pas pour objectif de l’expliquer se concentrant sur l’incitation au crime et à la délinquance que l’époque provoque chez les moins armés intellectuellement, les plus déterminés, les plus pourris et les plus désespérés. Et c’est chaud!

Wollanup.

RETOUR A OAKPINE de Ron Carlson chez Gallmeister

Traduction : Sophie Aslanides

 

Ron Carlson est né dans l’Utah et vit actuellement en Californie, ce qui est un peu l’itinéraire de certains de ses personnages, l’Utah est un état voisin du Wyoming où se situe l’action. Il a écrit plusieurs romans et nouvelles qui ont reçu des prix aux Etats-Unis, participe aux cahiers livres du New York Times et du Los Angeles Times et enseigne la littérature.

« La petite ville d’Oakpine, au cœur des magnifiques paysages du Wyoming, offre une vie paisible à ses habitants. Et c’est à cela qu’aspire Jimmy, 50 ans, atteint du sida. Devenu un écrivain renommé à New York, il souhaite désormais retrouver sa ville natale pour y passer les derniers mois de sa vie, et renouer avec ses parents. Il découvre que le destin vient de réunir à Oakpine ses trois meilleurs amis d’enfance : Craig, Frank et Mason. Chacun a fait son chemin, construit une vie, mais tous se trouvent aujourd’hui à un tournant de leur existence. Petit à petit, au gré de ces retrouvailles, les quatre hommes vont se rendre compte que leur amitié est la meilleure arme pour effacer les fantômes du passé et affronter les obstacles du présent ».

Oakpine est une petite ville de l’Ouest où il ne se passe pas grand-chose. La vie est rythmée par les saisons qui amènent leur lot de réjouissances traditionnelles, la chasse aux antilopes et les festivités liées au lycée de la ville : bals et cérémonie de remise de diplômes. La plupart des jeunes quittent ensuite la ville pour aller vers des lieux plus animés.

Sur les quatre amis qui avaient formé un groupe de rock il y a trente ans, le temps de leur terminale, deux sont partis, deux ont fait leur vie à Oakpine. Jimmy, malade du sida et ruiné par le coût des soins revient dans sa ville natale pour y mourir et Mason, en pleine crise existentielle après un divorce, pour y rénover la maison familiale avant de la mettre en vente.

Trente ans passés si vite ! Ceux qui sont restés, ceux qui sont partis… tous sont abasourdis par ce constat. Ron Carlson exprime à merveille cette nostalgie, ce vertige qui nous prend quand on s’aperçoit qu’on a fait plus de la moitié du chemin : la routine qui emprisonne, les doutes, les désirs d’y échapper… Les personnages sont des gens ordinaires et leur vie, leurs pensées, leurs sentiments nous touchent d’autant plus : pas de héros, juste des humains confrontés à l’inéluctable.

Dans le même temps, on suit des ados, le fils d’un des couples et ses amis, là aussi, Ron Carlson est très fort pour raconter l’énergie, les espoirs, la force et l’enthousiasme de ces jeunes, bientôt adultes qui se trouvent face aux choix que leurs parents ont fait avant eux. S’il y avait un bémol à mettre, c’est là qu’il se trouverait : ces ados sont vraiment extrêmement bienveillants avec leurs aînés, cela doit exister sans doute des ados comme ça… Sinon, c’est vraiment très fort ce parallèle entre les générations.

Ces amis vont se redécouvrir, se retrouver, finalement pas si changés mais plus vrais, concentrés sur l’essentiel, conscients que rien ne peut durer. Tout cela dans les paysages du Wyoming qui doivent être magnifiques et que Ron Carlson décrit merveilleusement. Ils participent à l’ambiance du roman : les tempêtes dans la prairie, les orages, la neige, l’air d’Oakpine qui descend des montagnes sont autant de plaisirs qu’on ne peut manquer.

Le récit de Ron Carlson sonne toujours juste, chaque personnage est sondé, aucun n’est héroïque, aucun n’est maléfique, ils sont comme nous tous : vous, moi et c’est ce qui rend le livre si émouvant.

Un roman magnifique, pas noir, plutôt gris spleen.

Raccoon

MEURTRES A WILLOW POND de Ned Crabb/Gallmeister

Ned crabb, journaliste, ayant longtemps vécu en Floride était pour l’instant l’auteur d’un seul remarquable polar « La bouffe est chouette à Fatchakulla » paru chez Gallimard en 1980 qui avait pour cadre un bled de tarés en Floride où sévissait un mystérieux tueur en série. Maintenant retraité à New York, il a choisi son lieu de villégiature estival de North Pond dans le Maine pour créer un polar absolument délicieux à tous points de vue, un petit bonheur de littérature offert, une fois de plus, serai-je tenté de dire, par les éditions Gallmeister. Il est évident que celles et ceux qui ont apprécié son premier opus ne peuvent que se réjouir de ce retour quand bien même la situation comme le traitement sont totalement différents mis à part ce magnifique humour noir qu’on lui connait depuis les années 80.

« Sur les rives d’un petit lac du Maine, Alicia et Six Godwin coulent une existence paisible, entre la librairie qu’ils ont créée et leur passion commune pour la pêche. Jusqu’au jour où ils décident de passer le week-end dans le luxueux lodge que leur richissime cousine, Iphigene Seldon, dirige d’une main de fer. Âgée de soixante-dix-sept ans et dotée d’un caractère bien trempé, la vieille femme a justement convoqué ce même week-end ses nombreux héritiers pour leur annoncer qu’elle modifie son testament. Au lodge, l’atmosphère devient électrique. Et tandis qu’un orage d’une extrême violence se prépare, tous les membres de la famille se laissent envahir par des envies de meurtre. »

Bye bye la Floride et bonjour le Maine des WASP, des séjours paisibles des nantis dans des lodges luxueux où une fois la journée de pêche terminée, tout en se vantant des prises du jour, on savoure entre gens bien la gastronomie locale et l’ambiance feutrée des lieux au milieu d’une nature préservée et entretenue pour faire frémir le tiroir caisse et faire chauffer les cartes bleues des invités. Mais, parce qu’il y a un gros mais, les touristes présents ignorent tout de la tragédie familiale qui va se jouer sous leurs yeux puisque Iphigene, Gene, surnommée par son neveu Brad « il duce » parce qu’il considère qu’elle est la réincarnation en vieille dame du sinistre Benito Mussolini a décidé de modifier son testament et tout le monde s’inquiète. Ses trois neveux ayant déjà tous atteints la quarantaine et qui attendent depuis de nombreuses années la mort de la vieille pourrie qui a déjà vaincu un cancer, pensent que la vieille sorcière va leur faire un tour pendable alors qu’ils ont besoin de l’héritage pour divorcer sereinement. Les conjoints des héritiers, entre magouilles financières et mannes attendues pour retrouver une existence à l’abri du besoin, tremblent eux aussi.

Ainsi, tous les membres de cette adorable famille ont une ou plusieurs bonnes raisons de vouloir la peau de Gene qui ne l’ignore pas mais qui veut jouer le tyran jusqu’au bout et c’est ce qui nous est raconté de façon savoureuse et très caustique par un Ned Crabb qui maîtrise à merveille la réplique qui tue. Pendant une centaine de pages, sans un instant d’ennui le décor et les personnages de l’intrigue nous sont présentés avant un massacre si prévisible tant la haine et les sentiments meurtriers sont visibles. Une centaine de pages qui font penser, c’est vrai à du Agatha Christie mais avec beaucoup aussi de Tom Sharpe pour dynamiser les propos et rendre la narration par moments franchement irrésistible quand on parle de Brad le neveu bourré du matin au soir et de sa soeur sous coke dans les mêmes tranches horaires, des personnages tout droits sortis d’un délire hallucinogène de Mark Haskell Smith.

Puis, à partir du premier quart, on entre dans l’action avec un premier drame et le lecteur attentif aura bien remarqué que dans le titre, meurtres est écrit au pluriel, et à partir de là, fini le thé et l’arsenic des intrigues policières british anciennes et bienvenue dans le monde des frères Coen avec une équipe de flics ruraux bien sympathique mais peu habituée à pareilles affaires et bien embarrassée à enquêter dans cette famille si particulière. Ned Crabb nous offre ici un beau huis clos où, une fois de plus, sa prose fait mouche, créant un climat de suspicion bien tangible et mené avec virtuosité pour ne pas laisser le loisir au lecteur d’élaborer ses propres théories.

Dans le dernier quart, lors du final, on change à nouveau de style, et comme on est chez Gallmeister, la nature, les lacs, la pêche joueront un rôle important sans pour cela déplaire aux non-amateurs de l’activité « sportive » ni faire fuir les fatigués des innombrables longues pages sur la beauté de la nature américaine qu’on nous assène si souvent.

Roman qu’on lit vraiment d’une seule traite si on a su rester concentré au début, « Meurtres à Willow Pond » est une sorte de cluedo diabolique où on chercherait non pas le coupable mais tout simplement un innocent, et qui devrait ravir tous les amateurs de polars.

Wollanup.

LA FEMME QUI AVAIT PERDU SON ÂME de Bob Shacochis chez Gallmeister

Traduction:François Happe.

 

Bob Shacochis n’est pas un inconnu des lecteurs français puisque est déjà paru chez nous « Au bonheur des îles » également chez Gallmeister. Pour ce nouveau roman paru en 2013 aux USA, il a été finaliste du prix Pulitzer devancé par « le chardonneret » de Donna Tartt. Si les deux romans n’ont pas grand-chose en commun, on peut néanmoins dire qu’ils partagent une qualité d’écriture qui habille toujours ce qu’on appelle les grands romans.                                                                                                                                                                   Correspondant de guerre lors de la deuxième occupation  d’Haïti par les Américains en 1994 succédant au terrible précédent débuté en 1915 et terminé en 1934, Shacochis s’est servi de son expérience pour situer une partie de son intrigue dans cette île, première de la Caraïbe à avoir obtenu son indépendance, modèle à suivre autrefois et maintenant honte de tous les Caraïbéens tant le fiasco du pays est visible.

« Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d’une route en Haïti. Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ? Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l’avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnette, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l’histoire du monde dans l’ombre des gouvernements. »

Alors comme « la griffe du chien » de Winslow, comme « Underworld USA » de Ellroy dont une partie se passe aussi en Haïti, « La femme qui avait perdu son âme » est un roman impressionnant de 800 pages qui nécessite une grande disponibilité, une attention soutenue mais qui seront récompensées au centuple. Ceux qui ne sont pas venus à bout de « Pukhtu » de DOA vont connaître des difficultés au moins similaires. Le propos est complexe mais très clair si vous faites l’effort de chercher sur tablette ou ordi des compléments d’information aux faits et périodes qui vous sont présentés et que vous avez oubliés et tout cela avec un style magnifique, fruit de 10 années d’un travail colossal pour votre éblouissement. J’ai parlé de Haïti en préambule mais il y a aussi les Balkans et la Croatie, l’Afrique, l’Allemagne, la Turquie, les USA bien sûr…dans un décor complexe pour vous offrir 50 ans de guerre sur la planète, un demi-siècle d’horreur quel que soit le pays couvert avec la même cruauté humaine quelle que soit la latitude.

Formidable roman d’espionnage comme les œuvres de Le Carré, « La femme qui avait perdu son âme » est aussi un magnifique roman d’amour et un réquisitoire terrible contre l’homme guerrier tout en donnant de nombreuses clés géopolitiques. Il serait vain de tenter de parler de ce qui s’y passe réellement mais sous la description de théâtres sanglants, derrière l’aventure se glissent de bien beaux sentiments, de belles pages à savourer et des réflexions sur l’humanité de très, très haut vol.

« La femme qui avait perdu son âme » est un roman génial dans lequel  il faut faire l’effort d’entrer pour les 150 premières pages et qu’on ne peut quitter ensuite qu’à regret, ébahi,ébloui  par la formidable histoire qu’on a vécue.Vous n’en sortirez pas indemnes.

Géant.

Wollanup.

DERNIER APPEL POUR LES VIVANTS de Peter Farris /Gallmeister

Sans élaborer un bilan supplémentaire de l’année écoulée, on peut néanmoins déclarer que la collection NEO NOIR de Gallmeister a été le grand succès critique de 2015 et j’ose espérer que l’engouement public a été similaire. Parrainée par un Benjamin Whitmer à qui ,avec « Pike »en 2013, on doit l’arrivée de polars propulsés par la meth dans une maison plutôt spécialisée jusqu’alors dans le Nature Writing. Caractérisé par des épisodes particulièrement violents mettant en scène les pire penchants des pire individus blancs péquenauds du Midwest ou du Deep South se distinguant très souvent dans de piteuses histoires de braquages et de dope et par un humour noir assez ravageur si on arrive à supporter certaines scènes de barbarie,Neo NOIR fait le job et plutôt deux fois qu’une.

Alors, il serait finalement assez déplacé de mettre dans le même sac tous ces auteurs qui profitent finalement d’une mode un peu longuette, à force, des polars ruraux privilégiant des histoires où les pire atrocités commises semblent être le fait de la connerie congénitale,de la misère sociale et de la consommation et du trafic de meth. J’ai déjà écrit plusieurs fois mon admiration pour la prose de Whitmer et bien sûr le poignant « Cry father » malgré un cadre quasiment identique ne peut pas être comparé à « Frank Sinatra dans un mixeur » comédie gore écrite et revendiquée par Matthew McBride dont le prochain roman sera d’ailleurs beaucoup plus grave et, hélas aussi sans l’inénarrable Nick Valentine et son ersatz de chien (un yorkshire ressemble,de loin,à un chien mais ce n’est pas un chien!).

Pour cette dernière sortie de l’année, Les trouducs ricains,toujours,mais aussi deux histoires possibles:façon Larry Brown misère,violence,douleur de l’absence et du deuil mais aussi compassion,respect de l’individu et rédemption ou à la manière de Frank Bill misère,drogues,violence et crises de rire parfois un peu coupables.

A sa sortie, le résumé parlant de braquage,de trahison,de butin et de fraternité aryenne auquel on peut ajouter la présence de deux éclairs de triste mémoire sur la couverture m’avaient convaincu que j’avais lu suffisamment d’histoires de ce genre pour le moment et j’ai eu tort et il temps pour moi de tenter de réparer cet oubli.

« Pour Charlie,ce ne devait être rien d’autre qu’une banale journée de travail à la banque. Pour Hicklin, ce ne devait être qu’un casse de plus. Histoire de se refaire un peu à sa sortie de prison. Pour sa petite amie accro au crack, peu importe, puisque de toute façon rien ne se passe jamais comme prévu. Surtout si, dès le départ, on tente de doubler ses partenaires de la Fraternité aryenne. Et puis pourquoi prendre le jeune guichetier en otage ? Maintenant, combien de temps faudra-t-il aux flics et aux membres du gang pour les retrouver ? »

Passionnant roman avec des personnages particulièrement mauvais et déterminés et des victimes qui sont forcément nées sous une mauvaise étoile en plus de vivre au mauvais endroit,la lecture se fait d’une traite jusqu’à la moitié d’un bouquin qui s’apparente presque, ,j’ai dit presque, à une sympathique série B et puis boum,une énorme surprise nous expédie vers un autre univers classique de la littérature américaine, la relation entre parents et enfants,la recherche d’un lien qui n’a jusque là jamais existé. Et si le cocktail sur-vitaminé;coups,torture,meurtre,viol,séquestration,flingues continue à faire efficacement son effet,il y a une toute autre histoire en cours qui crée une incertitude quant aux agissements d’un Hicklin jusqu’alors très prévisibles.

Cette belle surprise,au milieu de nombreux rebondissements violents, incite,par la suite, à une lecture beaucoup plus lente,plus réfléchie, mais non moins tendue et crée au final un roman hautement recommandable dans ce genre et nul doute que le retour de Farris est maintenant très attendu après cette histoire bien rude qui pue la peur,la testostérone,le sang et la poudre.

Wollanup.

PS:extrait de la carrière de Peter Farris dans le rock au sein de son groupe CABLE.Perso, je préfère quand il écrit…

 

 

 

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