Digging the Vein

Traduction: Annie-France Mistral

« Roman autobiographique, Du bleu sur les veines nous plonge dans la descente rock et opiacée de Tony O’Neill, musicien de Los Angeles et Hollywood. Alors qu’il joue dans des groupes à succès, son addiction aux drogues douces puis dures le coupe de sa passion, de ses amis, et du monde réel. Ne restent que les anges déchus de L.A. qu’il fréquente, qui vivent comme lui une « vie en combustion », prêts à tout pour planer. Jusqu’à s’écraser. »

Du bleu sur les veines, roman paru en 2006 aux USA et chez nous en 2013 aux éditions 13ème note connait une deuxième jeunesse aux éditions La Croisée. Après Mark SaFranko, c’est le deuxième auteur des éditions 13ème note repris par La Croisée. Pour autant, ce bouquin paraît plus proche de Fuck up, roman d’ Arthur Nersesian, auteur new-yorkais également publié par la Croisée qui écrit sur la même fin de siècle, mais sur la côte Est.

Vous l’aurez compris à la présentation de l’éditeur, Du bleu sur les veines raconte le parcours « suicidaire » d’un jeune musico anglais venu chercher la gloire et l’argent à L.A. et qui se brûlera les ailes, tout seul comme un grand, sans jamais approcher la célébrité. Tony connaît la came très jeune, il était déjà addict, entre autres à la coke, bien avant son grand saut dans la Cité des anges et son soleil implacable.  

Ce genre de témoignages d’une descente aux enfers due à l’héroïne ou tout autre pourvoyeuse de déchéance, on l’a déjà souvent lu, alors pourquoi s’attacher à une histoire de mec cabossé une fois de plus ? Peut-être bien, j’en suis d’ailleurs convaincu, que la jolie plume de O’Neill réussit très rapidement à capter l’attention du lecteur pour ne plus le lâcher. On connait d’avance les horreurs de la déchéance, mais tout n’est pas entièrement noir, tout n’est pas entièrement dégueulassé. Aussi terribles que soient la chute, la déchéance et l’isolement créés par l’addiction à l’héroïne, il reste une petite lumière, le bout du tunnel n’est jamais très loin. Encore faudrait-il que Tony décide de l’emprunter. Deux écueils à sa rédemption : sa dépendance bien sûr, mais aussi, hélas, le bonheur infini, la jouissance incomparable que lui procure un shoot.

Ecrit sans aucun misérabilisme, mais aussi avec une franchise pouvant parfois choquer, Du bleu sur les veines séduit durablement. Par son personnage, parfois touchant, souvent troublant, son parcours et ses galères avec des zombies anonymes comme lui. Mais aussi par ses rencontres avec des toxicos plus connus comme l’inénarrable « Atom », fou furieux, que l’on connait mieux sous le nom d’Anton Newcombe leader du foutraque et génial The Brian Jonestown Massacre. On peut voir dans l’extrait ci-dessous, vingt ans après, l’ambiance toujours festive d’un concert de BJM ! Anton Newcombe dans ses œuvres…

Un document fort, une écriture sympa, franchement recommandable.

Clete.