Chroniques noires et partisanes

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LA OU NAISSENT LES OMBRES de Colin Winnette/Denoël

Traduction:Sarah Vermande.

Colin Winnette est un auteur texan qui a reçu de nombreux prix aux USA pour ses romans et nouvelles et c’est lui que les éditions Denoël ont choisi pour inaugurer cette nouvelle collection Effroi « des romans où le plaisir de lecture nait de la fascination que l’on éprouve souvent pour l’étrange, le plaisir de se faire peur et la violence magistrale des hommes et de la nature ». Si vous adhérez à ce message, si vous aimez ce genre de littérature, sûr que ce terrible roman ne vous décevra pas

« Brooke et Sugar se disent frères et sont chasseurs de primes. Partout où ils passent, ils sèment effroi et désolation. Contraints de quitter la ville après une tuerie particulièrement violente, ils se réfugient dans les bois. Un matin, à leur réveil, ils trouvent à leurs côtés un mystérieux garçon amnésique. Ils l’appellent Bird et en font leur mascotte. Lors d’une expédition punitive dans un village, les deux frères sont capturés par la police locale et mis en prison. Brooke parvient à s’enfuir, mais Sugar, sorte de bête humaine, sale et effrayante, reste derrière les barreaux.La police ne va pas tarder à se rendre compte que le prisonnier n’est pas tout à fait ce qu’il semble être. »

Quittez ce que vous connaissez ou aimez du western, celui-ci est vraiment autre. En fait l’ Ouest américain est juste une toile de fond avec des villes fantômes, des saloons glauques, des déserts où on crève, des forêts où on se cache, des grottes où on se livre aux pire abominations. Point de références géographiques ou historiques, l’Amérique nue et sale où la lie de la société tente de s’enrichir pour certains, de vivre pour d’autres et tout simplement de survivre pour la grande majorité et là tous les moyens sont bons surtout les plus expéditifs et les plus définitifs.

Brooke et Sugar sont frères, semblent l’être, et vous verrez, c’est bien plus compliqué, l’ambiguïté naît dès les premières pages et le doute devient de plus en plus présent, oppressant, dérangeant si vous adhérez d’emblée et vous immergez, vous noyez dans cette fange où le pire de l’humanité s’étale comme les flaques de sang des victimes, la bile des torturés. En leur macabre compagnie, nous découvrons des personnages outranciers, des bêtes, des tordus, des animaux…Leur périple fait parfois penser au roman de Patrick Dewitte « les frères Sisters » mais sans l’humour. Si certains personnages, certaines situations ou décors rappellent les frères Coen de True Grit, l’humanité, ici, est bien peu visible.

Le roman est un déchaînement de violence de la plus vile espèce, misérable avec des couteaux comme seule arme parce c’est une existence dans le plus grand dénuement où on est obligé de fuir dans les bois en courant, sans monture … le malheur et la misère collés à la peau comme la crasse qui les couvre tous, les uniformisant pour mieux masquer leurs multiples tares. Et malgré cette vision infernale, du pire peut naître la beauté, la grandeur d’âme en la personne de Martha, divine anomalie de cet effroyable cloaque.

Je ne saurais dire si j’ai aimé ce roman…Certain par contre d’avoir été parfois envoûté par la beauté du texte, souvent surpris par la macabre poésie de l’horreur et choqué, remué par les outrances et outrages.

Gothique et rude.

Wollanup.

 

A MAINS NUES de Paola Barbato/Denoël

 

 

« Il a seize ans, une gueule d’ange, un avenir tout tracé. Un jour, il se rend compte qu’il peut tuer sans le moindre scrupule. Un monde nouveau s’offre à lui…

Davide a eu une enfance choyée et sans histoires. Un soir, lors d’une fête, il est kidnappé et enfermé à l’arrière d’un camion. Tapi dans le noir, un inconnu lui saute dessus et tente de le massacrer. Terrorisé, Davide agit par réflexe et tue son adversaire. Il est alors conduit dans une cave, où il rejoint d’autres prisonniers. Comme lui, ils sont là pour s’entraîner à combattre et intégrer un jour l’élite des tueurs. Abasourdi, Davide comprend que son seul moyen de survie est de tuer. Il remporte chacun de ses combats. Un jour il décide de s’enfuir, mais l’organisation ne l’entend pas de cette oreille…
Naît-on assassin? C’est la question que se pose Davide tout au long du roman lorsqu’il découvre qu’il peut tuer avec ses poings sans le moindre scrupule.

C’est la question que se pose Davide tout au long du roman lorsqu’il découvre qu’il peut tuer avec ses poings sans le moindre scrupule. »

Si l’auteure s’ingénie à tremper sa plume dans le fiel ses esquisses pugilistiques létales ne cherchent pas à nous rebuter. Elle nous laisse maîtres de nos émotions, de nos images sans inférer sur nos esprits.

Cette qualité nous invitant à diriger notre lecture en disposant d’anfractuosités, de pitons pour assurer nos appuis. La navigation dans cet écrit limpide nous réconforte à cette littérature noire qui ne se veut ni moralisatrice ni interventionniste. On peut alors classer Barbato dans le camp des Behavioriste.

Le bouquin scindé en trois volets nous projette violemment dans la destinée et la furie d’un ange vengeur, où la filation forcée de Davide et Minuto sert d’alibi à une quête euristique d’identité tapie dans un subconscient .

Ecrit vénéneux, lourd par son fond, mais un réel plaisir littéraire. Attention à ne pas mettre dans tout les métacarpes !

Chouchou.

 

 

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