Chroniques noires et partisanes

VIOLENCE D’ÉTAT D’André Blanc/Jigal polar.

Les odeurs du cuir des holsters, de la cordite, de l’âcreté de la « C » se mêlent, s’entremêlent dans un ballet huilé dans les catacombes, les remugles de nos politiques et les contreforts du « contre » pouvoir des services de la police judiciaire. Transporté dans cet univers manichéen, le lecteur se laisse irrémédiablement happé !

« Suite à un tragique accident survenu sur le périphérique lyonnais, le commandant Farel découvre un important stock de drogue et d’armes planqué dans un cercueil. En remontant la piste de ce qui semble être un trafic régulier, Farel fait sortir du bois une figure du grand banditisme local, un mafieux russe, des hommes de main en provenance des Balkans, une société de sécurité privée et un mystérieux Lupus… Mais au fil de l’enquête, c’est au plus haut sommet de l’État qu’apparaissent quelques personnages inattendus – officier d’état-major, flic à la retraite, énarque, directeur de cabinet – qui semblent, dans le plus grand secret, tirer les ficelles. Après avoir esquivé menaces, intimidations, attentats et autres coups bas, c’est dans un réel climat de guerre froide que Farel et son équipe vont devoir affronter cette étrange coalition ! »

Enquête de contenu plutôt classique, la création littéraire d’André Blanc se pare et se solidifie par des personnages, des personnalités fortes, de vécu complexe mais crédible. Et secondairement, ou sans nul doute, principalement de protagonistes attachants qui évoluent sur des lignes interactives balisées par le respect, la droiture, la dignité et l’attachement à des convictions et valeurs humaines.

Le contrepoint régulier du récit s’établit aussi par l’introspection et les pensées du personnage central Farel, qui mis en exergue, permet d’éclaircir le récit et de le crédibiliser. Cette technique narrative apporte pep’s et étincelle le déroulé.

La dualité et , parfois , des liens licencieux , voire contraire aux préceptes d’une démocratie républicaine nous renvoient vers des heures sombres passées et présentes de notre nation à travers ses dérives honteuses, contraires au contrat moral avec le peuple, l’électorat.

De ce souffle venteux catabatique empruntant la vallée du Rhône, tel “ Le crépuscule des Dieux” de Wagner où Siegfried mort a été placé sur un bûcher et Brunhilde se jette à cheval dans les flammes pour mourir avec lui, se dessine indéfectiblement l’esquisse Préraphaélite du couple fusionnel qui pimentera et bonifiera l’ensemble.

Ce thriller politique est bien plus qu’un “policier”, c’est aussi une lecture d’empathie pour ses personnages intangibles et profondément humains. Notre souffle de lecteur s’accroit vers la polypnée, l’identification aux désordres de vies cabossées mais fidèles à des idéaux indéfectibles.

André Blanc peut aisément se ranger dans la catégorie d’un Hugues Pagan ou autre, plus récent, Olivier Norek, l’auteur a du sens, de la hauteur littéraire, de la sincérité et le souci de son lectorat!

Chouchou.

 

 

 

 

 

 

2 Comments

  1. Guillaume Farel

    Merci pour cette super critique

    • Chouchou

      Une critique jubilatoire découle d’une lecture jubilatoire… Merci à vous!

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