Chroniques noires et partisanes

Étiquette : jean-pierre perrin

LE TOURNOI DES OMBRES de Jean-Pierre Perrin / Rivages

Il y a deux ans dans Une guerre sans fin l’ex grand reporter Jean-Pierre Perrin nous délivrait un très beau roman, que nous qualifierons ici très sommairement et injustement, de guerre…L’histoire se situait dans une Syrie ensanglantée et montrait comment des hommes affrontent l’innommable, ce qui les fait tenir, comment on peut être plus fort que le cauchemar dans lequel on se noie et tous ces petits riens qui permettent d’entretenir la flamme de la vie.

Cette année avec Le tournoi des ombres, l’auteur nous introduit dans un autre pandemonium, l’Afghanistan quand les Ricains se carapatent laissant le pays entre les mains sanguinolentes des sinistres Talibans. Perrin reprend un schéma qui de prime abord peut sembler identique à son précédent roman mais qui est en fait une nouvelle variation, une nouvelle danse avec le diable pour trois personnages animés par des sentiments forts, plus forts que la vie, plus forts que la mort. 

“Une romancière à succès, Judith, convainc un ancien commando, Charles, de l’accompagner dans l’Afghanistan en guerre pour se documenter sur Alexandre le Grand. Mais Judith a une motivation secrète : venger son ancien compagnon, flic de l’antiterrorisme, qui s’est suicidé après la tuerie de Toulouse, en 2012. Charles, quant à lui, a également des comptes à régler avec un criminel de guerre russe qui vit dans la région. En parallèle, un étudiant illuminé part à la recherche, en plein pays taliban, du manuscrit perdu d’un grand poète afghan.”

Si, en Syrie, les damnés se battaient pour tenir, un morceau des Stones, tel un mantra, devenant la seule défense face à la souffrance, à la folie, ici c’est leur Highway to Hell qui est raconté…

Comment la vie peut n’avoir plus beaucoup d’importance face à la volonté, la détermination, le but ultime.

Comment l’amour d’un poète disparu depuis des siècles vous guide aveuglément dans une quête impossible et folle.

Comment la mémoire de l’être aimé disparu à cause d’un enculé tueur d’enfants vous fait réclamer le sang des ordures complices. 

Comment le besoin de rédemption peut vous faire devenir un chasseur impitoyable…

Le tournoi des ombres est juste, érudit, un témoignage touchant d’une belle humanité qu’on sent page après page dans la plume de Jean-Pierre Perrin, un roman d’une grande noblesse.

Clete.

Bilan 2021 / Clete Purcell

Bon, quand on fait l’inventaire, 2021, dans la vie comme en littérature, c’était loin d’être génial même si le pire est peut-être encore à venir. Bref, au niveau polars et littérature noire de manière plus générale, de la quantité pour rattraper 2020, première année de gouvernance du COVID, mais du coup quelques foutages de gueule et certainement beaucoup de bouquins restés dans l’ombre, noyés dans la masse.

Néanmoins la qualité était parfois au rendez-vous et ces dix romans en provenance de Belgique, Irlande, Pologne, Espagne, USA, Australie et France, ces dix coups de cœur, ces bons coups de latte le démontrent haut la main. Chronologiquement…

MANGER BAMBI de Caroline De Mulder / La Noire Gallimard

 « Et petit à petit, à l’effarement et à l’irritation provoqués par les agissements barges des gamines succède une autre lecture, celle du mal être, de l’abandon, de la difficulté de la création de la personnalité quand on n’a aucun modèle autre que ceux proposés par les réseaux sociaux ou MTV, les affres et le drame des gamins abandonnés à leurs peurs. »

TRAVERSER LA NUIT de Hervé Le Corre / Rivages

“TRAVERSER LA NUIT est l’exemple du roman noir parfait ».

UNE GUERRE SANS FIN de Jean-Pierre Perrin / Rivages/ Noir

« Rejoignant parfois “Pukhtu” de DOA dans sa réflexion sur la guerre et sur les hommes et les femmes qui la vivent et la subissent, “ Une guerre sans fin” est un putain de grand roman.« 

NE ME CHERCHE PAS DEMAIN de Adrian McKinty / Actes noirs

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 9782330148607.jpg.

« Sean Duffy, un peu intello, un peu alcoolo, un peu toxico et néanmoins peu chargé des poncifs traditionnels et finalement assez irritants des policiers de papier est un personnage en tous points réussi et c’est bien volontiers qu’on le suit dans cette nouvelle enquête. »

ÉBLOUIS PAR LA NUIT de Jakub Zulczyk / Rivages

“ Éblouis par la nuit” est un roman magnifique. Du grand noir écrit intelligemment, du très lourd. Gros, gros coup de cœur.« 

TERRA ALTA de Javier Cercas / Actes Sud.

« Les habitués de Cercas seront en terrain connu avec la continuité des thèmes majeurs de son œuvre: la justice, la vengeance, le pardon, la guerre d’Espagne. On retrouve tout cela au service d’un roman noir et le résultat est très emballant. »

LE SYSTÈME de Ryan Gattis / Fayard.

« Ryan Gattis, sans aucun doute, le meilleur du polar américain actuellement. »

LA CITÉ DES MARGES de William Boyle / Gallmeister

 « William Boyle a écrit un bien beau roman, tout en empathie, respect et délicatesse. »

SARAH JANE de James Sallis / Rivages

« Toute l’oeuvre de Sallis explore le grand thème de la solitude des êtres, leur cruelle confrontation solitaire à des situations qui les dépassent. Si le propos est lourdement triste,  méchamment mélancolique, on voit néanmoins le malin plaisir que prend Sallis à nous égarer, à nous aveugler, à nous renseigner, à nous interroger, à nous faire hésiter. « 

MURMURER LE NOM DES DISPARUS de Rohan Wilson / Albin Michel

« On peut décemment évoquer Cormac McCarthy par la puissance de la plume et la description de l’inhumanité. »

Enfin hors concours, The Big Boss.

UNE CATHÉDRALE À SOI de James Lee Burke / Rivages

“Une cathédrale à soi”, tout en étant très classique des polars de Burke, ouvre vers un univers hanté, habité et montre que l’auteur peut encore beaucoup surprendre. »  

Clete.

Et puis le retour inespéré d’Arab Strap avec « As Days Get Dark », parfait reflet de l’époque.

© 2024 Nyctalopes

Theme by Anders NorenUp ↑