Chroniques noires et partisanes

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BLACK$TONE de Guillaume Richez / Fleur Sauvage.

Attention Black$tone secoue ! Black$tone fait vibrer ! Black$tone fait jubiler ! Black$tone happe ! Black$tone, second roman de Guillaume Richez, est une bonne grosse  baffe dans la G***** !

Vous ne parvenez plus à détacher vos yeux de ces images diffusées en boucle sur toutes les chaînes de télévision, celles d’un bâtiment en ruine au-dessus duquel s’élève un long panache de fumée noire, ni de ces quatre caractères chinois en bas de l’écran, kǒng bù xí jī, « attentat terroriste »… Un Boeing 737 vient de s’écraser sur l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Pékin. Tel est le point de départ de Blackstone, un thriller paranoïaque sur fond de conflit entre deux superpuissances, les États-Unis et la République populaire de Chine. Confrontés au risque d’une nouvelle guerre froide, l’officier de la CIA Malone, l’agent spécial du FBI Rodriguez, la directrice du Service national clandestin Sanders et la sénatrice McGovern sont entraînés dans le tourbillon de l’Histoire en quête d’une vérité qui se dérobe sans cesse.

Après lecture on se demande comment cette idée de conflit entre les Etats Unis et la République populaire de Chine est venue à l’esprit de Guillaume Richez ?

Très rapidement on se retrouve plongé au cœur du système politique US et chinois, auprès des services de renseignements. On côtoie le service des clandestins, les chefs et les agents (qui ne sont pas sans rappeler la série : Le bureau des légendes) ainsi que les politiques magouilleurs et calculateurs.

Du côté Chinois, on découvre le fonctionnement de la politique intérieure du parti, la censure mais aussi l’obligation des cadres, des médecins de garder le silence, de cacher la vérité. Tout est y savamment construit à tel point que ces incidents pourraient être réels. Guillaume Richez visionnaire ?

Fort heureusement, tout cela reste très clair. On peut d’ailleurs féliciter l’auteur pour cette présentation des rouages politiques de ces pays avec autant de précision sans pour autant tomber dans le documentaire.

Bien évidemment, ces explications sont épaulées par une intrigue qui nous harponne dès les premières pages et nous tient en haleine jusqu’à l’épilogue qui nous laisse sur notre faim, c’est si bon !

Pour ceux qui aiment les trames militaires, on cohabite avec les SEALS ou encore l’unité d’intervention du parti, autant que policière avec des tueurs en série tels que l’énigmatique 207 et Robert Hill.

Il ne faut pas oublier de parler des personnages, aussi touchants, dégoûtants, excentrique les uns que les autres. Les femmes fortes : Rodriguez, Sanders on la part belle, fortes mais toutes touchées par le malheur : alcoolisme, rescapées d’un attentat.

Et pour terminer, on ne peut pas oublier de signaler l’incroyable duel aérien sublimement et intensément décrit par l’auteur, et mieux vaut vous laisser découvrir la vie dans un sous-marin par vous-même. On ne veut pas vous gâcher la surprise.

Black$tone est un roman puissant et violent. On croit à cette intrigue dont la force est de rester hyper réaliste. On devine dés le début que l’auteur à donner corps et âme à son roman que ce soit pour la documentation ou l’amour qu’il a donné à ses personnages.

Et il ne faut pas avoir peur des mots : il y a quelque chose de DOA chez Guillaume Richez.

Bravo à lui !

Bison d’or.

DU BARBELÉ SUR LE COEUR de Cédric Cham / Fleur Sauvage.

Cédric Cham dont c’est le deuxième roman chez Fleur Sauvage après « la promesse » travaille dans l’administration pénitentiaire et s’est sûrement servi de son expérience professionnelle et de son vécu humain pour écrire « du barbelé sur le cœur ».

 
« Dris est un délinquant multi-récidiviste qui a décidé de se ranger et de commencer une nouvelle vie. Serge est un pédophile qui compte bien profiter de sa liberté nouvellement retrouvée. Schimanski est un flic de la BAC de Nuit qui se retrouve embarqué dans une enquête le conduisant hors procédure.
Les chemins respectifs de ces trois hommes finiront par se télescoper… »

 
Roman noir par essence, « du barbelé sur le cœur », est un roman qui sans payer de mine avec ces personnages si souvent vus dans la littérature policière, s’avèrera un vrai crève-cœur pour les lecteurs sensibles. Car, si bien sûr l’intrigue a une importance dans un roman policier et il y en a une ici dont le final risque de bien vous surprendre, il ne faut pas non plus négliger l’âme qui peut se dégager d’un écrit et qui donne à des histoires somme toute assez tristement et banalement ordinaires, un écho qui fait que l’on se souviendra de ce bouquin alors que tel autre dans la même veine vous laissera de marbre. Et « du barbelé sur le cœur » appartient vraiment à cette catégorie de romans où on sent qu’il y a de l’humanité qui coule de la plume de l’auteur et que même si c’est dur, même si on souffre, il reste une lumière qui brille et qui fait qu’on avance contre vents et marées, adversité, scoumoune et criminalité.

 
Trois hommes face à leur destin, face à leurs échecs ou à leur chaos psychologique. Dans une banlieue pourrie d’où ne sortent que le crime, le vice, l’embrigadement et une économie souterraine que préfèrent ignorer les autorités de peur d’émeutes déjà connues dans un passé pas si lointain, nous allons suivre les trois hommes dans leurs cheminements borderline en se demandant lequel échappera au destin fatal vers lequel ils sont en train d’avancer à tombeau ouvert. Peut-on échapper à un destin tout tracé ? Les dés ne sont-ils pas pipés pour Schimanski (comme le héros de la série allemande) et Driss dont la volonté de rédemption peut très bien s’avérer très, trop tardive ?

 
« L’un et l’autre doutent. Pour différentes raisons. Des bonnes et des mauvaises. La peur de se tromper. La peur de tromper l’autre. La peur de se perdre. La peur de perdre. La peur de faire souffrir. La peur de souffrir. »

 
Alors, vu le côté blafard, sombre de l’histoire, il vaut mieux être bien dans sa tête pour le lire mais vous auriez tort de ne pas faire connaissance avec Cédric Cham.

 
Authentique.

 
Wollanup.

DUSK de Sébastien Bouchery / Editions Fleur sauvage.

Nebraska 1866

Tout commence par la découverte du cadavre d’une fillette. S’en suit une traque à travers les plaines du Nebraska enneigées commanditée par un candidat au poste de gouverneur. Les politiques sont prêts à tout pour gagner des voix, surtout Dollory !

Sébastien Bouchery nous emmène alors au cœur de cette chevauchée sauvage forte en rebondissements en compagnie de sept  comparses. Il est toujours plaisant de retrouver ces personnages typiques des westerns et fort heureusement l’auteur n’en fait pas des caricatures. Tous ont leur propre histoire, leur fardeau à porter. Et il est d’autant plus attrayant que ces personnages ont des façons de penser presque en décalage avec leur époque. Des personnage typiques mais en avance sur leur temps, ce qui les rend diablement attachants !

On notera que le personnage féminin de Jane Hobblehorn est sacrément charismatique !  » Badass » comme on dit aujourd’hui.

Autre point intéressant que le roman aborde est la transition entre deux mondes illustrée avec l’arrivée du chemin de fer reliant l’Est à l’Ouest encore une contrée sauvage. Bientôt la médecine légale fera son apparition, ici évoquée avec l’autopsie, une technique inspirée par Alphonse Bertillon. Le temps des pisteurs sera rapidement révolue.

Et l’avènement des journalistes d’investigations est proche !

« Dusk » est un western et comme tout bon western, le roman réserve beaucoup de péripéties à ses personnages, des rebondissements très bien maîtrisés par la plume de Sébastien Bouchery.

Dans ce roman on rit, on pleure et surtout on tremble !

Et surtout la fin en plus d’être originale est vraiment inattendue ! De quoi vous en boucher un coin !

Génial !

Bison d’or.

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