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Chroniques noires et partisanes

VERGNE KEVIN de Marianne Peyronnet / LBS éditions.

“Kevin Vergne a dix-huit ans, et du temps pour entretenir sa haine du monde.Vivant chez un ami, dans une ferme crasseuse, il gagne sa pitance en braconnant la nuit. Au détour d’un camp de Roms s’invite alors la sauvagerie.”

Kevin tout comme Dylan, redoutés de légions d’enseignants tant ces prénoms renvoient à des élèves “difficiles” pour rester dans le consensuel… Et ce Kevin Verne confirme bien la règle, la foudroie même tant nous avons ici affaire à une saloperie qui promène sa haine du monde et des autres dans ce coin paumé, endormi, pétrifié, abandonné, exsangue de la France profonde. Ici, point d’ode à la ruralité, à l’harmonie avec la nature, au bon sens des gens du terroir, la campagne, c’est moche et c’est très con. Et kevin, le bien nommé, entame le roman en massacrant un renard, en cognant sa mère puis en fuyant devant le fusil de son père.

S’alliant avec Christian, le très mal nommé (private joke), un ami plus bête que méchant lui permettant de trouver un toit et un compagnon pour ces larcins, il va vite se lancer dans un suicide punk rural nihiliste. Si les premiers exploits font parfois sourire, la tragédie, la barbarie, le meurtre vont vite s’inviter pour donner toute les teintes du Noir à un roman tournant très vite au pire des cauchemars.

Marianne Peyronnet connaît certainement bien le monde qu’elle décrit. Et si elle reste à la périphérie, se préserve d’un quelconque jugement, les scènes, les détails, les dialogues, les comportements, l’ambiance générale montrent un sens de l’observation, une vraie connaissance de la ruralité à des années lumière de la représentation bobo qu’on veut nous faire bouffer depuis quelques années.

« La vérité, c’est qu’il avait choisi la facilité, qu’il avait eu peur de l’avenir, de l’inconnu, qu’il ne savait pas quoi faire de lui. Il avait attendu que le destin choisisse à a place. Tu parles d’un killer. Il se dégoûtait. »

J’étais très curieux de lire le premier roman d’une copine du web. J’étais paniqué d’avoir à le chroniquer et je suis encore plus heureux d’écrire que Marianne a réussi un bien beau “KEVIN VERGNE”. L’ écriture soignée, en adéquation avec le propos rude, a tout pour séduire et l’histoire surprendra, effrayera peut-être aussi, par sa noirceur, sa violence, son côté ultime.

Du Noir, pur jus.

Wollanup.

2 Comments

  1. Sans nul doute son comparse de larcin est bien mal prénommé…

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