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Chroniques noires et partisanes

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BEST OF 2017 / Wollanup – Clete Purcell.

Allez, c’est la période des bilans même si je sais que certains romans que je n’ai pas eu le temps de lire encore devraient entrer dans ma sélection. Les listes des Nyctas ne devraient pas comporter de réels doublons vu que chacun suit , pour le site, des éditeurs différents. Plutôt que de tailler à la serpette afin d’obtenir un top ten, il m’a semblé plus cohérent de citer tous les romans qui m’ont particulièrement et évidemment durablement marqué en 2017. Cette liste n’est pas un classement, mais suit uniquement la chronologie de mes lectures sauf pour le dernier cité qui est vraiment au-dessus du lot.

PRENDRE LES LOUPS POUR DES CHIENS de Hervé Le Corre / Rivages.

L ‘écriture, l’histoire, les personnages, l’humanité, la classe.

EN PAYS CONQUIS de Thomas Bronnec / SN

Un thriller politique racontant un rapprochement entre l’extrême droite et la droite, roman qui reste d’une brûlante actualité.

PSSICA de Eydir Augusto / Asphalte

Année après année, Asphalte nous fait sentir l’urgence aux quatre coins du globe. Ici, l’État du Pará au nord du Brésil, version sordide. Un roman dur, franc, sans filtre et sans espoir.

 

L’ AMOUR ET AUTRES BLESSURES de Jordan Harper / Actes Sud.

Première grosse baffe de l’année.

« Hautement furieux mais terriblement addictif, « L’amour et autres blessures » est une tuerie, un bouquin qui vous défonce, sans fausse note, une énorme décharge de chevrotine dans la gueule, un grand moment de Rock n’ Roll sans paillettes. »

UN SEUL PARMI LES VIVANTS de Jon Sealy /Terres d’Amérique .

Un premier roman fascinant par sa noirceur et la qualité d’écriture. Une filiation évidente avec les grands auteurs du Sud. Une histoire sale, poisseuse, un très grand roman noir à l’époque de la prohibition.

SAVANA PADANA de Matteo Righetto /la dernière goutte.

Un pulp, un vrai, un féroce, 120 pages furieusement drôles tout en racontant des horreurs. Une bande de truands locaux, les « zozos » en apparence plus cons que méchants, en apparence seulement, en conflit avec une pègre chinoise fraîchement débarquée dans la région, un équilibre précaire, une relation périlleuse et improbable mais fonctionnant, foutue en l’air par l’arrivée en pèlerinage de gitans voleurs de poules peu au fait des règles locales mises en place par un chef des carabiniers alcoolo fini et corrompu et c’est le début d’un bordel sans nom. Du Dino Risi avec une grosse influence westlakienne.

 

LITTLE AMERICA de Henry Bromell / Gallmeister.

La « Pax americana » au Moyen Orient avec la CIA dans les années 50, le crépuscule des colonies, la fin des protectorats, une ambiance à la Lawrence d’ Arabie. Un roman passionnant, admirablement écrit et composé et un magnifique témoignage d’amour filial. L’étoffe des grands romans inoubliables. Beaucoup de charme, énormément d’émotion.

 

HOTEL DU GRAND CERF de Franz Bartelt / Le Seuil.

Ce roman aux senteurs très Agatha Christie avec un Hercule Poirot trash est de plus servi  par une langue riche, particulièrement addictive qui ne permet pas de réelles pauses et sous l’ironie, l’humour, le sarcasme, l’outrance et l’outrage se glisse une description bien navrante de certains comportements humains de la faune locale.

A l’aise, le meilleur polar français de l’année, génialement roccoco, très, très barré avec l’incroyable Vertigo Kulbertus, enquêteur mufle.

 

CALCAIRE de Caroline De Mulder / Actes Sud.

Une nouvelle grosse baffe administrée par Actes Sud. Noirissime.

Le meilleur comme le pire sont toujours envisageables. Le moment unique, l’instant magique apparaît là où on ne l’attend pas, au cœur de l’adversité, dans une lutte contre le mal dans laquelle les personnages ne se soucient plus des apparences, déterminés vers un noble objectif, un but dérisoire mais précieux parce qu’ unique.

 

LE SYMPATHISANT de Viet Thant Nguyen / Belfond.

Sous couvert d’espionnage et d’aventures, « le sympathisant », roman éminemment intelligent, brasse en profondeur de multiples thèmes particulièrement politiques et idéologiques envoyant au tapis à de multiples reprises l’occidental et sa vision de l’Histoire tout en montrant le fossé entre Occident et Orient, deux hémisphères qui se craignent souvent pour de mauvaises raisons. Ecrit avec un incroyable talent, le roman file, impossible de lâcher les belles digressions, les envolées lyriques, la réflexion dérangeante, le sens de l’intrigue, la profondeur de la réflexion et l’humour très fin permettant d’évacuer parfois la crainte voire l’épouvante sur la fin. Un très grand roman.

VULNÉRABLES de Richard Krawiec / Tusilata.

La classe moyenne blanche américaine en perte de repères et en voie de paupérisation. Dur, brutal, provocant, nécessaire, de la même étoffe que Williamson et Fondation. Un must!

SEPT JOURS AVANT LA NUIT de Guy-Philippe Goldstein / Série noire.

Armageddon terroriste, effrayant et intelligent.

LES DOUZE BALLES DANS LA PEAU DE SAMUEL HAWLEY de Hannah Tinti / Gallimard.

Et puis le meilleur, un petit bijou mariant drame, émotion, affection, amour, rires et fantaisie.

Le roman parfait de mon petit univers en 2017.

 

Wollanup / Clete Purcell.

BEST OF 2016 ,Vol 2 // Wollanup.

Ces petits bilans de décembre permettent à chacun de faire un peu le point des romans préférés dans l’année 2016 mais aussi de voir ce que l’on a été le plus fier de louer en cette première année de Nyctalopes.com puisque le site a débuté le 21 décembre 2015.

Ce ne sont pas les meilleurs romans de l’année, je sais que j’ai fait des impasses regrettables comme Cartel de Winslow ou le dernier roman de James Lee Burke, mais tout simplement les bouquins qui m’ont fait hautement vibrer, les pavés qui ont ruiné mon sommeil  et les livres qui m’ont fait devenir particulièrement associal et m’engueuler avec des abrutis. Forcément, en plus, des impasses reconnues, il y a aussi tout le contingent de romans qui m’auraient sûrement plu mais que je n’ai pas su repérer ou eu le temps de savourer. D’autres m’ont beaucoup séduit mais n’ont pas tenu l’usure provoquée par le temps. Par contre, ces dix bouquins sont les reflets parfaits d’une certaine littérature adorée que j’ai, que nous avons humblement tenté de défendre tout au long de 2016

L’ordre de présentation des ouvrages ne représente absolument pas un classement sauf pour les deux premiers cités qui sont, pour moi, largement au-dessus du lot, même entourés de huit autres joyaux qu’il a fallu sélectionner après moult hésitations et éditions de la liste.

  • PUKHTU SECUNDO de DOA / Série Noire.

« Blood, sweat and tears », Le roman sur la guerre au XXIème siècle sous tous ses angles. Sans équivalent en France et du niveau des meilleurs romans des plus grands auteurs anglo-saxons.

 

  • UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE de Donald Ray Pollock / Albin Michel.

Quatre ans après le choc « le diable tout le temps », persévérant dans une terrible veine noire, Donald Ray Pollock, conteur hors pair a su y adjoindre l’humour, la légende d’un Ouest déclinant et une profonde humanité pour créer un roman immanquable pour tout amoureux de cette littérature. Flippant, hilarant et profondément touchant dans son humanité.

 

  • LES MARAUDEURS de Tom Cooper / Albin Michel.

La Louisiane sinistrée et des gens qui tentent de survivre. Entre tragédie et bouffonnerie, des victimes, des salauds, des crapules, des rêveurs et le personnage romanesque de l’année voire de la décennie Lindquist, sa chasse au trésor du pirate Laffitte, son bras articulé, ses blagues à deux balles et la tendresse que finalement sa folie  inspire.

 

  • YAAK VALLEY, MONTANA de Smith Henderson /Belfond.

Le Montana des années 80. Un assistant social et l’envers du décor du rêve américain : les survivalistes, les toxicos, les parents irresponsables dans le portrait cruel et lucide de trois ados en perdition. Humain et passionnant.

 

  • BRÈVE HISTOIRE DE SEPT MEURTRES de Marlon James /Albin Michel.

La puissance du Ellroy de la bonne époque sous le soleil des tropiques en 76. Uzis, gangs, crimes, trafics, CIA, magouilles politiques et ganja rythmés par le reggae, le rocksteady et le ska dans l’ombre du prophète Marley. Extrêmement violent et halluciné, magnifiquement écrit, bienvenue en Jamaïque.

 

  • PARMI LES LOUPS ET LES BANDITS d’Atticus Lish /Buchet Chastel.

Loin des lumières de Manhattan, à Queens, un New York qui bosse, qui survit dans une histoire d’amour belle, terrible entre deux rescapés. Virtuose, effrayant et passionnant.

 

  • J’AI ÉTÉ JOHNNY THUNDERS de Carlos Carlos Zanón /Asphalte

Quand les spotlights sont éteints, quand l’âge vous rattrape, quand les rêves deviennent des regrets, quand le corps n’en peut plus de la came, le retour à la réalité est très dur. Roman magnifique dans une Barcelone blafarde comme un matin de gueule de bois. Noir Rock n’ Roll.

 

  • LA NUIT DERRIÈRE MOI de Giampaolo Simi/ Sonatine.

Quand un cadre se prend la mondialisation dans la gueule, les conséquences de la crise dans l’Italie de Berlusconi. Social et politique dans le sens noble du terme, un roman monté comme du Thomas H. Cook, touchant au plus haut point.

 

  • LE CONVALESCENT de Jessica Anthony /Cherche Midi.

La collection LOT 49 propose tous les ans, en plus de romans souvent brillants, au moins un OVNI littéraire. Cette fable raconte de manière complètement barrée une histoire barge de la Hongrie et propose un portrait sans complaisance de l’Amérique profonde. A hurler de rire.

 

  • MISTER ALABAMA de Phillip Quinn Morris /Finitude.

Moitié alcoolos, moitié toxicos, des marginaux qui vivent paisiblement de pêche aux moules entre deux excès jusqu’à la mort accidentelle du plus responsable d’entre eux, le grand frère. Et ensuite tout bascule, tous cherchent une voie. Drôle, dur et touchant. Le genre de roman épatant que vous ne trouverez jamais chez nous en France. Un vrai roman de buddies.

 

Pour d’autres avis sur ces bouquins, rendez vous sur le brillant site de veille littéraire: https://www.bibliosurf.com/

Wollanup.

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