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Chroniques noires et partisanes

Étiquette : Jacques-olivier bosco

LAISSE LE MONDE TOMBER de Jacques Olivier Bosco / Pulp Editions.

Pour son nouveau roman, Jacques Olivier Bosco nous plonge dans une banlieue parisienne, bien glauque, bien noire, où peu d’espoir est permis. Pas d’horizon pour ses habitants, ni visuel, ils sont entourés de barres d’immeuble avec un ciel bas, ni dans leur vie. Pour eux, pas de rêves de vie meilleure, autre part, dans un monde plus bleu.

On suit Jef et Hélène, deux flics de quartier malmenés par la vie, qui vont devoir faire face à une enquête encore plus cruelle que leur environnement. Un gamin, puis une femme sont retrouvés morts, bouffés et tués par un chien, un monstre de férocité. L’autopsie révèlera que leurs visages ont été pelés. Cet animal n’agit donc pas seul, il a un maître qui tue les habitants de cette banlieue, dans une barbarie inhumaine.

JOB nous plonge dans cet univers sans nous laisser la moindre espérance. Une telle noirceur entoure chaque personnage, une telle haine contre le monde,  qu’il arrive à nous faire tomber toujours plus profond dans le précipice. Chacun voudrait trouver la rédemption, parfois dans l’amour mais comment trouver cette étincelle dans un tel contexte. Les habitants ont la haine, les flics sont seuls et démunis.

« Je croyais qu’être flic c’était quelque chose, être crainte tout du moins aimée, respectée. Reconnue. (…) il n’y avait que des insultes, du rejet, de la haine, des crachats à longueur de journée. Du mépris, ils étaient la lie de la lie dans ce lieu banni, la banlieue. »

On pourra regretter une violence parfois dans la surenchère sur la première partie du bouquin, mais qui se rattrape par davantage de profondeur dans la seconde. Cette deuxième partie permet d’intensifier les personnages, de mieux comprendre d’où vient cette profusion de rage. Le dénouement de l’enquête arrive un peu vite mais pour mieux s’axer sur la conclusion de l’histoire de ses protagonistes. Aucun n’est épargné, pas de gentils et de méchants, mais plutôt des personnalités qui trouvent dans la brutalité, dans la sauvagerie, le seul moyen de faire face aux horreurs qu’ils ont subies.

Aucun répit ne nous est donné dans ce roman, véritable « roman noir » dans sa  définition même, les amateurs apprécieront.

Marie-Laure.


COUPABLE de Jacques-Olivier Bosco / La bête noire / Robert Laffont.

 

Avant toute chose, ne lisez pas la 4ème de couverture, qui dévoile, je trouve, un peu trop des imbrications de l’enquête. Le premier plaisir que j’ai trouvé dans ce livre est de me laisser mener par Jacques Olivier Bosco dans les méandres de l’histoire et dans la chronologie souhaitée par l’auteur, sans être polluée par des informations déjà apportées par le résumé. Pour ceux qui ont aimé le premier opus, Brutale, on retrouve ici notre héroïne Lise Lartéguy, flic ultra speed, en proie à ses démons, qui tente de se maîtriser et d’avoir une vie « normale ». Mais une personne qui est incapable de faire face à ses ténèbres est-elle capable d’avoir une vie sociale et humaine acceptable dans notre société ? Ce tome est l’occasion pour Jacques Olivier Bosco d’approfondir son personnage, et ainsi de nous en apprendre un peu plus sur Lise et sur les raisons de son comportement ultra violent. Cela nous permet de nous attacher un peu plus à elle et de tenter de la comprendre.

La base de l’histoire est liée à un de ses proches, son parrain et directeur de la PJ, qui est retrouvé assassiné dans une rue de Paris, l’équipe de Lise étant chargée de l’enquête. Que s’est-il passé ? Lise est-elle directement impliquée, son animalité a-t-elle pris le dessus, et l’a-t-elle poussée à agir indépendamment de sa volonté ?

On a l’impression de voir se dérouler devant nos yeux un bon film d’actions à l’ancienne, avec ses scènes bien violentes, ses cascades à la Belmondo, imprimé dans un contexte plus français qu’américain, et une atmosphère bien contemporaine.

Le récit est entrecoupé de flashback sur la jeunesse de Lise, l’évolution de son mal être durant l’adolescence, et sa façon de gérer ses comportements ultra violents dans sa vie de tous les jours. Nous en apprenons également davantage sur la vie de ses parents à cette époque, de leur relation de couple et dans leur façon de soutenir, canaliser leur fille ou au contraire accentuer ses dérives. Ces retours en arrière cassent le rythme du livre, ce qui le rend moins précipité que Brutale. Cela permet de reprendre son souffle dans le récit. L’écriture est fluide, rapide et simple, qui colle parfaitement à la personnalité de l’héroïne et au tempo imposé dans le livre. Vous commencez, vous ne vous arrêtez pas, vous cherchez vous-même à comprendre pourquoi, à résoudre l’enquête et à connaître l’origine du mal de Lise au fil des indices distillés dans l’histoire.

Ce livre est la suite logique du premier volume  où apparaît Lise, nul doute que si vous avez apprécié Brutale, vous aimerez Coupable, et vous aurez envie de retrouver à nouveau ce personnage atypique, violent, et pour autant extrêmement féminin. Oui elle est flic, agressive, elle n’a peur de rien, mais elle est quand même très féminine et très sexy, à l’image d’une Nikita ou de Black Mamba dans Kill Bill. N’hésitez plus !

Marie-Laure.

MON AMÉRIQUE A MOI DE Jacques Olivier Bosco. (BRUTALE chez Robert Laffont).

Jacques Olivier Bosco est un auteur de polars ayant commencé sa carrière chez Jigal et qui la poursuit actuellement chez Robert Laffont dans la collection « la bête noire » de Glenn Tavennec. C’ est aussi un ami du site pour qui il a déjà chroniqué De Cataldo et Montero. Son explosif nouveau roman « Brutale », titre amplement mérité, raconte les débuts romanesques de Lise, flic extrêmement dangereuse utilisant des méthodes très particulières et vient de sortir en janvier, pour les amateurs de sensations très fortes..

Ici, il nous conte beaucoup plus sereinement ses souvenirs d’Amérique, son rapport au pays. Continue reading

BRUTALE de Jacques-Olivier Bosco / Robert Laffont, La Bête noire.

« Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d’horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l’arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.
Que veulent-ils ? Qui est cet « Ultime » qui les terrorise et à qui ils obéissent ?
Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille. »

Le bouquin le plus difficile à chroniquer, et de loin, est celui écrit par un ami et JOB est un pote, épistolaire, mais un pote dans le sens où on partage certaines idées, certaines passions et colères. J’ai eu l’occasion de « bosser » un peu avec lui sur un bouquin qui n’est pas encore édité et j’ai pu voir en partie comment il fonctionne. Et en lisant ce « Brutale » j’ai bien retrouvé l’auteur de ses années Jigal avec ses qualités et parfois ses emportements ainsi que l’ apparition d’une certaine maturité dans ses choix plus affermis. Continue reading

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