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Chroniques noires et partisanes

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BYE BYE ELVIS de Caroline De Mulder / Actes Sud.

L ’an dernier, j’avais beaucoup aimé “Calcaire” de Caroline De Mulder mais c’est vrai que cela ne veut pas dire grand chose… Il y a les bons romans que vous oubliez beaucoup trop rapidement.Le plaisir immédiat a pu être grand mais le souvenir s’avère minuscule rapidement.Et puis il y a les autres, plus rares, qui vous marquent durablement. Pareillement, l’empreinte du roman peut s’avérer tangible longtemps par la qualité de l’oeuvre, la beauté du verbe ou par le choc qu’il provoque et quand toutes ces conditions sont réunies comme dans Calcaire, cela fait un très bon roman dynamité par un premier chapitre urgent et noir et que la suite ne démentira jamais.

Alors, dans une rentrée littéraire très moyenne pour l’instant, pourquoi ne pas s’attarder à des romans plus anciens et ce “Bye bye Elvis”, titre un peu irrévérencieux et en même temps finalement assez tendre, à la simplicité complice, je l’avais repéré mais j’avais été stoppé net par la couverture. Il y a plusieurs hypothèses concernant la laideur des couvertures des romans de madame De Mulder chez Actes Sud. Soit quelqu’un dans la maison lui voue une haine sans nom, ou bien à chaque fois elle tombe au moment où on fait plaisir au stagiaire troisième ou enfin la maison a décidé de ne plus s’attacher à la forme du produit livre proposé et interroge le futur lecteur par  des couvertures cryptées, ésotériques et complètement à l’ouest. C’est Vegas que l’on est censé voir? Que nenni, cela ressemble plus à une enseigne de couscous à Barbès. Mais qu’importe le flacon…

Graceland, 16 août 1977, Elvis Presley disparaît et laisse derrière lui des millions d’adorateurs éperdus. Crépuscule du Roi du Rock. Jusqu’à la fin, la longue fréquentation du désastre ne lui avait pas fait perdre toute sa candeur.

Dix-sept ans plus tard, Yvonne entre au service de John White, un vieil Américain au physique fragile. Elle va passer vingt ans à ses côtés, tissant une relation de dépendance avec cet homme dont elle ne sait rien et qu’elle s’efforce de sauver d’une fin misérable…

La pire façon d’aborder ce roman serait de croire qu’ici a été fait un travail à dominante journalistique sur Elvis. Ce roman ne figure pas au catalogue de l’excellente collection Rivages Rouge. Caroline De Mulder a beaucoup lu, écouté, regardé Elvis mais son histoire n’est pas centrée uniquement sur lui. Bye Bye Elvis relève de l’oeuvre romanesque. Le roman se décline en deux narrations s’entrelaçant tout au long du roman. La première raconte Elvis, l’ascension puis le déclin jusqu’ à la chute finale. On entame d’ailleurs le parcours du King par son épilogue, à son retour mort à Graceland au milieu de sa famille et de ses Gars, amis parasites, garde rapprochée et beaux représentants du distingué milieu white trash, des rednecks de classe mondiale quand les fans commencent à affluer. L’auteur reprendra ensuite chronologiquement les étapes phares de sa vie et le propos est tellement addictif, le style convenant parfaitement au ton voulu, froid, désenchanté au départ pour, par la suite, par instants, devenir plus clément, plus compatissant parfois amusé voire tendre vis à vis d’ Elvis sur la fin adoucissant ainsi un ton le plus souvent cassant, dur, sans fard, rock n’ roll. L’auteure avait dû enfiler le perfecto pour écrire.

Alors, forcément on est un peu désarçonné au départ quand nous est racontée l’histoire de ce vieil Américain excentrique, au cerveau en partie décimé  et tout la monotonie, la tristesse, le chagrin de vies perdues ou jamais gagnées qui accompagnent l’histoire de John White et de sa dame de compagnie veuve Yvonne  du milieu des années 90 à nos jours. Bien sûr, la question est quel est le lien avec la foutraque, ringarde et triste geste d’Elvis ? Que vient faire cette histoire, s’insurgeront même certains sûrement ?

A mesure que les histoires avancent dans des lieux et des époques différents, les liens apparaissent, des similitudes dans les situations, des réflexions, des attitudes… L’histoire d’Elvis racontée a bien sûr pour volonté de montrer le côté sombre, la face cachée du mythe américain , vitrine flashy et burnée d’une certaine Amérique blanche du Sud des USA du début des années 60, avant de se faire salement flinguer comme Sinatra par les Beatles. Mais c’est dans les moments de la vie de John White, dans ses excentricités, que l’on trouve les éléments qui permettent de hausser le niveau du roman. Caroline De Mulder montre deux tragédies, l’une sous les feux de la scène, l’autre dans l’anonymat banal du déclin solitaire. Deux univers différents et la même douleur, les mêmes souffrances, les mêmes plaies des mêmes failles mais aussi deux histoires d’amour, amours interdites, amours impossibles, amours destructrices à la même fin glauque.

On ne peut pas non plus ne pas parler de ces personnages qui dans les deux histoires faisant abstraction de leur personne, de leur vie, par pitié ou par réelle compassion, tendresse… donnent éperdument à l’autre parce que de toutes façons, sinon à qui donner ? Caroline De Mulder, ne voulant rien oublier sur ce mythe a su, très finement, lui adjoindre sa continuité délirante à laquelle vous penserez de plus en plus précisément au fur et à mesure que l’intrigue avance.Paradoxalement, en nous montrant le marasme, Caroline De Mulder parle beaucoup de tendresse, d’attachement et d’amour.

“Entre white trash et trash noir, Bye bye Elvis ou l’envers de la gloire.” Caroline De Mulder.

Talent!

Wollanup.

PS: Caroline De Mulder en entretien samedi.

 

4 3 2 1 de Paul Auster chez Actes Sud

Traduction : Gérard Meudal.

Paul Auster a publié une trentaine de livres, écrit et traduit de la poésie, réalisé des films… il est pour moi parmi les très grands de la littérature américaine. Il a mis trois ans à écrire ce roman, plus de mille pages, une quadruple fresque dans l’Amérique des années 50 et 60, quatre destins différents pour le même personnage, Archibald Isaac Ferguson né comme l’auteur en 47 dans le New Jersey. Un roman immense, au sens propre comme au sens figuré dont voici le premier paragraphe.

Selon la légende familiale, le grand-père de Ferguson serait parti à pied de sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, il aurait fait route vers l’ouest jusqu’à Hambourg en passant par Varsovie et Berlin et il aurait acheté un billet sur un bateau baptisé l’Impératrice de Chine qui traversa l’Atlantique à travers de rudes tempêtes hivernales pour entrer dans le port de New York le premier jour du XXe siècle. Pendant qu’il attendait d’être interrogé par un agent du service d’immigration à Ellis Island, il engagea la conversation avec un compatriote juif russe. L’homme lui dit : Oublie ton nom de Reznikoff. Il ne t’attirera que des ennuis dans ce pays. Il te faut un nom américain pour ta nouvelle vie en Amérique, quelque chose qui sonne vraiment américain. Comme l’anglais était encore une langue étrangère pour Reznikoff en 1900, il demanda à son compatriote plus âgé et plus expérimenté de lui faire une suggestion. Dis-leur que tu t’appelles Rockefeller, lui répondit l’homme. Tout ira bien avec un nom pareil. Une heure s’écoula, puis une autre et au moment où Reznikoff alors âgé de dix-neuf ans s’assit en face de l’agent de l’immigration pour être interrogé, il avait oublié le nom que l’homme lui avait dit de donner. Votre nom ? demanda l’agent. Se frappant le front de frustration l’immigrant épuisé laissa échapper en yiddish, Ikh hob fargessen ! (J’ai oublié !) Ainsi Isaac Reznikoff commença-t-il sa nouvelle vie en Amérique sous le nom d’Ichabod Ferguson.

Beau début, non ?

Après un bref aperçu des origines d’Archie Ferguson : l’arrivée de son grand-père en Amérique, la rencontre de ses parents… base commune à toutes les versions, Paul Auster, écrivain du hasard et des contingences se lance et raconte l’enfance puis la jeunesse de quatre versions d’Archibald Ferguson à tour de rôle, chapitre par chapitre, nous entraînant rapidement dans un tourbillon narratif extraordinaire. Au début, c’est un peu perturbant, les différences sont minimes, le choix de la ville où s’installent ses parents dans le New Jersey… puis les choses s’accélèrent, Archie grandit et change rapidement et on est happé par ces histoires.

Chacune d’elles prise séparément pourrait être un roman. Quatre romans simultanés, quatre vies parallèles mêlées avec un talent éblouissant car si elles sont indépendantes, elles s’éclairent l’une l’autre, parfois en creux et s’enrichissent mutuellement. C’est bien du même Archie qu’il s’agit à chaque fois : il a les mêmes passions, les mêmes parents, Rose et Stanley, les mêmes oncles et tantes, les mêmes proches dont la bien aimée Amy mais au gré du hasard, des choix, des rencontres, les relations vont se développer diversement et tous auront des destins différents. Paul Auster joue avec « et si ? », cette question universelle et obsédante qu’on se pose tous à certains moments. Il le fait brillamment et quelle que soit la version, Archie est toujours Archie tout en étant complètement différent. Un véritable tour de force déjà !

Et puis il y a le style ! Paul Auster nous offre des phrases magnifiques, ciselées avec un rythme et une musique tellement époustouflants qu’on a envie de les savourer lentement. Et on a la chance d’être assurés de l’excellence de la traduction puisque Paul Auster qui maîtrise parfaitement le français l’a validée. Il est lui-même traducteur de poètes français à l’instar d’un des Ferguson…

Paul Auster puise beaucoup d’éléments de sa propre vie pour nourrir celles de ses personnages : ce qu’il a connu, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu… autant d’éléments qui font que toutes les versions de Ferguson sonnent juste. Ils ont les mêmes passions : le sport, le cinéma, la littérature qui s’exprimeront différemment selon l’évolution de chacun mais dont ils parlent tous avec ferveur. Les années cinquante et soixante sont aussi celles de la jeunesse de Paul Auster, il a vécu les événements qu’il raconte : la lutte pour les droits civiques, l’assassinat de Kennedy, les émeutes raciales de Newark, la révolte étudiante de Columbia, le refus de la guerre du Vietnam, des pages noires de l’histoire de l’Amérique dont il réussit à rendre l’atmosphère d’une manière très réaliste.

Mais il puise également dans son œuvre et dans ses propres fictions : un scénario qu’il a écrit, des poèmes qu’il a traduits et Marco Stanley Fogg de « Moon Palace », David Zimmer de « Le livre des illusions », Adam Walker d’ « Invisible » qui apparaissent brièvement, clin d’œil et lien avec ses autres romans. Et une pirouette finale transforme encore ce roman vraiment foisonnant !

Un chef d’œuvre !

Raccoon

MILENA OU LE PLUS BEAU FÉMUR DU MONDE de Jorge Zepeda Patterson / Actes Sud.

Traduction: Claude Bleton.

Tel un Félix Faure des Tropiques, un patron de presse mexi­cain succombe dans les bras d’une ravissante Croate, connue sous le nom de Milena. À seize ans, elle a quitté son village pour suivre un passeur lui faisant miroiter les fastes de Ber­lin. Le voyage s’arrêta à quelques encablures de Zagreb, dans une bâtisse délabrée qui ouvrait grandes ses portes sur l’en­fer de la prostitution.

Privée de son protecteur, voilà Milena livrée de nouveau aux exactions de la mafia ukrainienne qui pendant des années l’a contrainte à vendre son corps dans tous les palaces et les cloaques de Marbella. Son seul sauf-conduit : un précieux carnet où sont consignés des numéros de comptes bancaires prouvant l’implication de sociétés russes dans des opérations illicites. Pour lutter contre l’avilissement et le dégoût de soi, elle y avait aussi noté les confidences de diverses figures de la vie publique (l’évêque, le magistrat, l’avocat…) passées par son lit, justifiant toutes, avec un naturel confondant, de leur recours au commerce des femmes. Nombreux sont donc ceux qui veulent aujourd’hui la faire taire.”

Mais, mais, la belle demoiselle n’est pas seule. Quatre amis de 40 ans dans la force de l’âge, vont tout faire pour la retrouver. Comme ils sont beaux, puissants et sacrément intelligents, les quatre membres de ce club des “Bleus” unis depuis la plus tendre enfance et ayant tous quatre réussi leur parcours dans la vie. D’un point de vue affectif, on remarque aussi qu’ils n’ont pas atteint encore la maturité que l’on serait en droit d’attendre d’eux puisque deux continuent à se chamailler pour la représentante,très séduisante et puissante, du club des Bleus. Un universitaire, un spécialiste de la cybersécurité ancien patron des services secrets mexicains, le nouveau patron d’un puissant quotidien et la leader du plus grand parti de gauche vont unir leurs efforts pour sauver la belle Slave de ses tourmenteurs dans un pays qui bat des records en matière de délinquance et de criminalité en tous genres, hérités de traditions ou nés de nouvelles demandes.

Alors, ce roman luxueux dans sa couverture, ne m’a pas totalement séduit. D’abord, il convient de savoir que ce roman reprend les personnages de “les corrupteurs” sorti en mars 2015 chez Actes Sud et si ne vous ne connaissez pas ce précédent, les allusions dans le début de “Milena” vous priveront d’une lecture ultérieure non spoilée. Pourtant, l’auteur écrit bien, très bien, les situations s’enchaînent, le propos est tout sauf ennuyeux et souvent teinté d’humour. Peut-être est-ce dû à un manque de réalisme, cette âpreté que l’on retrouve abondamment chez d’autres auteurs mexicains écrivant leur pays de façon bien plus dure et mordante.Et puis, j’avoue les héros,sans défauts, ne m’intéressent pas trop. Un roman un peu lisse, pas assez noir, finalement, malgré certains passages. Les maux qui gangrènent le pays sont pourtant dénoncés à l’unisson des Arriaga, Sariaba, Diez et autres Serna et Taibo II mais… trop vus ici du côté d’une élite nantie, pas assez du côté des populations qui en souffrent le plus.

Néanmoins, « Milena »  devrait drainer un très large public car l’auteur montre de belles qualités de conteur et propose un déroulement tout à fait prenant.

De qualité, romanesque, mais néanmoins mainstream.

Wollanup.

FEMME DE FEU de Luke Short / Collection  » L’Ouest, le vrai  » / Actes sud

Traduction: Arthur Lochmann

 

Bien que la répétition soit pédagogique, l’auteur de cette chronique invite à parcourir l’essentiel du compte-rendu d’un précédent ouvrage du même auteur (Luke Short) dans la même collection (L’Ouest, le vrai) tant ces lignes vous aideront à cadrer l’essentiel et lui épargneront l’écueil du plagiat.

Après Ciel Rouge, Femme de Feu est le second ouvrage de Luke Short proposé aux lecteurs francophones. A l’origine publié en 1943 sous le titre de Ramrod, le roman est adapté au cinéma par Andre De Toth en 1947. Pour le public français, ce western s’appellera Femme de Feu.

 « On disait que c’était un pays béni des dieux jusqu’à ce que le démon y mette cette femme ». Cette phrase ornait certaines des affiches de hall de cinéma à l’époque de la sortie américaine, du film de De Toth. Avec le titre de la VF, il est aisé de comprendre que Luke Short a fait de Connie Dickason, le personnage principal de son intrigue noire, une femme qui cherche à s’émanciper d’une société patriarcale autant qu’à se venger des figures de ce patriarcat, son père Ben et Frank Ivey, tous deux puissants éleveurs dans l’Utah en 1870. Elle fera montre d’un caractère, d’une duperie et d’une brutalité équivalente à celle de ses adversaires masculins pour prendre son indépendance et monter son exploitation. Il y a là un schéma classique du western (une guerre pour la terre et les bêtes) dans lequel Luke Short insère un personnage typique du roman noir, la femme fatale ou la femme tragique. C’est en soi une originalité, parfaitement maîtrisée par l’auteur dans sa trame narrative et dans les ressorts psychologiques qu’il actionne.

 Connie Dickason embauche Dave Nash, un cow-boy sans attaches, réprouvé et orgueilleux, ainsi que d’autres hommes pleins de rancœur contre les deux barons de l’élevage et les entraîne dans un jeu de manipulations et de coups bas. Au milieu de la communauté locale divisée, le shérif Jim Crew, pourtant aguerri, tente de faire valoir le droit et la justice et d’empêcher le sang de couler, et Rose Leland, une couturière, femme libre aussi à sa manière, essaie d’éviter à Nash auquel elle s’est attachée, les conséquences d’un choix douteux et d’une attraction dangereuse. Impossible pourtant de séparer de façon nette les bons et les méchants dans cet affrontement sanglant. Quand la violence se déchaîne sous la plume de Luke Short, elle le fait avec force et rapidité et n’épargne pas plus un côté que l’autre.

 Presque aussi bon que Ciel Rouge ? En tout cas, un western cynique et sombre, écrit avec une élégance nerveuse qui nous vient du siècle du hard-boiled.

 Paotrsaout

COMME DES RATS MORTS de Benedek Totth / Actes sud.

Traduction: Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba.

« Ils fréquentent le même lycée et partagent les mêmes passions : la natation, le sexe, la drogue, les jeux vidéo… Quand ils ne sont pas à la piscine en train de s’entraîner, ils picolent, fument joint sur joint, jouent à GTA, matent des pornos et cherchent à se faire sucer par les filles. Le problème des ados, c’est que ça s’emmerde vite, et des ados qui s’emmerdent, c’est jamais très loin de faire une connerie. C’est ce qui s’est passé ce soir-là. Ils avaient coché toutes les cases : une voiture « empruntée », l’aiguille dans le rouge au compteur, les pupilles bien dilatées. Résultat : un mort. À partir de là, tout s’enchaîne. »

« Comme des rats morts » est le premier roman du Hongrois Benedek Totth qui s’est aussi distingué par ses traductions d’auteurs américains comme Cormac McCarthy, Hunter S. Thompson et Bret Easton Ellis. On note de suite la parenté visible avec les romans de Brett Easton Ellis comme « moins que zéro », « les lois de l’attraction » pour l’univers d’ados glandeurs et « Glamorama » sur les délires dus aux addictions… Je sais que Easton Ellis est aussi souvent détesté qu’apprécié et si vous ne faites pas partie du cercle des aficionados, restez néanmoins car l’auteur a su faire preuve d’originalité par rapport à celui qui semble être un peu son modèle.

Par ailleurs, une autre recommandation très utile, n’allez pas plus loin que moi dans la lecture de la quatrième de couverture sinon, vous vous priverez d’une « surprise » de l’histoire et le long résumé vous mènera, inutilement, à une vingtaine de pages de la fin.

Un mort, donc, un cycliste renversé par une des voitures de sport du père de Greg « empruntée » et conduite par le rejeton complètement défoncé et sans permis, cela va de soi. Greg est le leader de la bande car il a le fric parental pour acheter la came qu’ils s’enfilent et qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Cachetons, marijuana, shit, amphets, mixtures faites maison, space cakes, alcool, tout est bon, tout est consommable… Dans la voiture, se trouvait aussi à l’avant « la bouée », fidèle lieutenant dont la grande taille et le poids de 105 kg offre une bonne protection. A l’arrière, le narrateur  et Dany qui est en train de se faire faire une gâterie par Vicky, 15 ou 16 ans, une des deux créatures de Greg avec sa sœur Nicky (13 ans). Greg, bon prince, partage avec ses potes. Tout ceci, vous l’apprendrez lors d’un premier chapitre très fort présentant le raid nocturne et son issue terrible.

Alors, on s’imagine les remords, le sentiment de culpabilité, eh bien que dalle ! RAF, on continue la vie comme avant, c’est à dire les deux entraînements quotidiens de natation au club qui les prépare pour les championnats régionaux, quelques passages furtifs au lycée et le reste du temps à mater du porno « selon la couleur de la peau, des cheveux, la taille des seins, hentai, bukkake, animale, anal fisting, vomisseur, pipicaca, nectar de Satan, preteen, teen, MILF, BDSM, DP, TP, ATM et autres conneries. Plusieurs centaines de DVD. », à jouer à GTA ou à se taper les deux sœurs tout en se défonçant furieusement avec ce qu’ils ont sous la main.

Bien sûr, on pourrait croire qu’on est dans une version hongroise des « lois de l’attraction » mais, à la différence d’Easton Ellis, Totth utilise l’humour. Alors, attention, pas n’importe quel humour, de l’humour d’ados (et ce n’est déjà pas toujours facile à comprendre si on n’est pas dans le bon état d’esprit) mais de plus, de l’humour d’ados au cerveau cramé et là on atteint des sommets de connerie parfois réellement hilarants. La tentative de redresser un nez fraîchement cassé d’un pote bourré par le narrateur fracassé par la came, la mauvaise rencontre entre un 9 mm et le chat de la maison lors d’une démonstration de l’utilisation de l’arme, une compétition de natation effectuée après avoir ingurgité une gourde de jus de pommes bonifiée par les « amis » de quelques comprimés de viagra pilés … autant de scènes à hurler de rire et si vous arrivez à les supporter, si vous goûtez cet humour trash qui ferait passer McBride et son « Frank Sinatra dans un mixeur » pour un gentil plaisantin, alors vous allez gravement vous marrer une bonne partie du roman.

Mais, bien sûr, leur univers est factice et ils apprendront, à leurs dépens, la vraie vie, les conséquences de leurs actes et la fin sera, elle, forte en émotions et laissera les zygomatiques au repos.

Alors, gardons-nous de faire de « comme des rats morts » un portrait de la jeunesse hongroise. On pourrait très bien situer l’histoire en Allemagne, en Italie, en France, au Canada, au Japon ou aux USA… Des ados en train de plonger, il y en a partout et peut-on vraiment comprendre leurs motivations, ceux qui ont ou qui ont eu un ado à la maison comprendront bien… Tott a su montrer comment les carences parentales peuvent mener à des tragédies, des comportements odieux.

« Comme des rats morts »,  roman trash, roman choc mais exceptionnellement jubilatoire qui, au travers des délires d’un bande de petits salopards, sait aussi très bien montrer une facette dramatique de la démission parentale et les conséquences désastreuses d’une éducation menée par GTA et Youporn. Pour public très averti.

Choc !

Wollanup.

MONTEPERDIDO de Agustin Martinez / Actes Sud / Actes Noir.

Traduction: Claude Bleton.

C’est le nom d’un village perdu au bout d’une route dans les Pyrénées espagnoles. Un terminus qui ne s’ouvre que sur les cols, la neige en hiver, des chemins de randonnées,  et la solitude de la haute montagne. C’est l’histoire de ce village, de ses habitants qui forment une famille. « Dans ce village, chacun avait creusé son trou. Confortable pour les uns, moins pour les autres. »

L’histoire tourne autour de la disparition de deux fillettes de 11 ans, et la réapparition cinq ans plus tard de l’une d’elles. Deux policiers arrivent alors à Monteperdido pour reprendre l’enquête.

J’ai mis une bonne centaine de pages  à vraiment rentrer dans le livre, du fait de la multitude de protagonistes : toutes les personnes liées directement à l’enquête plus des figures qui ont des rôles clés dans le village.

Une fois familiarisée avec eux, on s’attache à Sara, enquêtrice qui retrouve dans cette bourgade et cette enquête une part obscure d’elle-même : elle y plonge tout en ayant la crainte de s’y perdre, son histoire personnelle s’entrelace avec la vie du village : solitaire, blessée, ayant soif de se trouver une famille.

Monteperdido est un personnage en lui-même. La vie y est dure, âpre, hors du temps, ou rien ne peut être caché, mise à part 2 fillettes. Le monde extérieur n’existe que très peu, chacun se serre les coudes dans un milieu naturel hostile, chacun cache les plus noirs secrets des autres, chacun étant ainsi « tenu » par le village. Seuls les étrangers, qui n’en sont pas issus sont rejetés, montrés du doigt. Qui peut avoir enlevé ces fillettes ? Probablement des étrangers du village, cela ne peut pas être quelqu’un que l’on côtoie tous les jours, avec qui on part à la chasse, avec qui on boit un café…

Une fois familiarisée avec les habitants, vous vous laissez porter par ces longues descriptions, par les sentiments éprouvés par les protagonistes : vous êtes ferré et vous ne lâchez plus le livre. Monteperdido est un huis-clos qui tient en haleine, la pression montant au fil des pages. Il s’agit d’une société patriarcale, les hommes ont, semble-t-il, le pouvoir : la domination des femmes quitte à faire appel à la violence, la domination sur la nature.

En fait, les femmes sont véritablement présentes :

Ana, la jeune fille reparue qui veut reprendre son destin en main, Raquel sa mère qui avait décidé de continuer à vivre, alors que son mari se laissait engloutir dans la culpabilité. Montserrat, la maman de la 2ème fillette Lucia, est sous le joug de son mari mais petit à petit elle reprend le pouvoir sur sa vie, ses espoirs et sur son couple.

Ana cache bien des choses, elle est à l’image de son patelin : sauvage, secrète et protectrice. Que sait- elle de son ravisseur, que veut elle bien raconter de ses 5 dernières années de captivité, de sa vie avec Lucia, vécue dans la peur, dans le sous- sol d’un refuge en montagne, peut- elle aider à la retrouver, ou ne le veut- elle pas ? Qui protège t’elle, elle- même, son ravisseur…?

Au fil des pages, ces questions trouvent des réponses, chacun ayant des faces multiples, les sentiments changeant face à la dureté de la vie en altitude

Ce livre est un très bon premier roman, comme une pause dans le temps. L’auteur est sans aucun doute à suivre.

Marie-Laure.

CALCAIRE de Caroline de Mulder / Actes sud / Actes Noirs.

 

« Sur la route de Maastricht, une villa s’effondre brutalement, et son occupante occasionnelle, la fragile Lies, ne donne plus de nouvelles : son ami Frank Doornen la cherche partout. L’enquête de cet ancien soldat se tourne vers le propriétaire de la villa, amateur de jolies femmes et industriel véreux, qui stocke illégalement dans d’anciennes carrières de calcaire des déchets hautement toxiques pour l’environnement. Avec Tchip, ferrailleur à la petite semaine et recycleur impénitent, Frank va s’aventurer dans les souterrains labyrinthiques à la recherche de Lies. Mais la jeune femme reste introuvable… »

Caroline De Mulder est Belge, bilingue, auteure de quatre romans chez Actes Sud et je dois sa découverte à quelques recensions qui faisaient envie et qui s’avèrent à l’usage, très justes. « Calcaire » est un roman noir, assurément, bien plus sombre que ne le laisse imaginer une couverture dont j’avoue ne pas avoir totalement saisi ce qu’elle évoquait dans le roman ni compris ce choix de couleurs pastel quand la couleur dominante est assurément le noir et sans aucune autre nuance. Vous allez vraiment morfler !

N’ayant pas lu d’autres romans de la dame, il m’est impossible de comparer ce bouquin aux précédents mais, néanmoins, il faut bien reconnaître que la dame a écrit là un roman fort, très fort, le genre qui vous en colle une bonne dès l’incipit rock n’ roll avant de cogner fort et souvent là où ça fait mal. Faisant naviguer le lecteur en eaux très troubles, usant de faux –semblants avec talent et créant une horrible cour des Miracles flamande, Caroline de Mulder nous fait croiser, partager l’existence, l’histoire de personnages bien cabossés, des doux dingues aux plus dangereux frappadingues. Et au fur et à mesure que le roman progresse, on s’enfonce dans la fange, dans la putréfaction, l’anéantissement, la pourriture parfois au bord de la nausée.

« Calcaire » tranche généreusement par rapport à une production internationale de plus en plus aseptisée, modélisée, en osant les chapitres très brefs, nerveux, en tabassant  à coups de phrases assassines ou cruelles, et le lecteur comprendra rapidement le fonctionnement, la logique scénaristique et appréciera rapidement l’impression d’urgence, que cette narration donne au roman. Tout n’est ici que pourriture, désenchantement et les phrases de Caroline de Mulder parfois comme des halètements, semblant bâclées alors que le roman est très habilement écrit, jetées à qui voudra bien tenter de comprendre quelque chose dans ce marasme et cette désolation, contribuent, en plus d’offrir un pouvoir d’évocation souvent redoutable, à donner un rythme dément où le pire peut survenir à tout moment.

L’intrigue est de très bonne qualité mais ce qui distingue « Calcaire », c’est cette ambiance très proche des magnifiques films de Felix Van Groeningen : « la merditude des choses », « Alabama Monroe » ou « belgica » où le meilleur comme le pire sont toujours envisageables où le moment unique, l’instant magique apparait là où on ne l’attend pas au cœur de l’adversité dans une lutte contre le mal dans laquelle les personnages ne se soucient plus des apparences, déterminés vers un noble objectif, un but dérisoire mais précieux parce qu’ unique.

De la belgitude des choses.

Wollanup.

PS: la zik, le cinéma, Eden Hazard, maintenant les polars, faut arrêter de flamber les Belgicains.

L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DE LAT EVANS de A.B. Guthrie / Actes sud / collection l’ouest, le vrai.

Traduction: Agathe Neuve.

Avec ce titre, Bertrand Tavernier et la collection « L’Ouest, le vrai », clôture la traduction et la publication étalée sur quatre ans en France du cycle The Big Sky, quatre ouvrages écrits dans les années 1950 par Alfred Bertram Guthrie, historien, écrivain et scénariste, qui reçut le prix Pullitzer pour les deux premiers titres de sa saga. Car de saga il s’agit, louée par James Lee Burke par exemple, qui s’étale des années 1830 à 1890, dans l’ouest américain de part et d’autre des Rocheuses. On aimerait vous la lister, histoire que vous n’en perdiez rien :
La Captive aux yeux clairs
La Route de l’ouest
Dans un si beau pays
L’irrésistible ascension de Lat Evans.

Bertrand Tavernier le précise, qui signe la postface de chacune de ces publications : il tient ce quatrième tome comme « l’œuvre la plus mûre et la plus aboutie de l’auteur, et pourtant la plus méconnue. La plus dense aussi, peut-être, parce ce que pour la première fois dans ce cycle, la colonne vertébrale du récit s’appuie sur une problématique sociale et non plus épique. »

Lat Evans, fils d’un couple de pionniers rencontrés dans La Route de l’ouest, quitte le domicile familial de l’Oregon où il étouffe dans un cadre moralement étriqué et laborieux. Il veut de l’aventure, il a de l’ambition. Dans ses projets, un ranch, des terres, des têtes de bétail. Il s’engage dans un convoi de cowboys vers le Montana qui s’annonce à cette époque comme une terre d’opportunités. Entre apprentissage, période de vache enragée, coup de dé et investissement astucieux, Lat Evans va devenir le rancher et le notable qu’il rêvait d’être. Mais il y a un prix à payer, car si les amitiés, les fidélités, la générosité accompagnent et permettent cette ascension, il y a en nombre des reniements, des mensonges, de morts.

On ne peut nier à l’historien Guthrie la fine connaissance d’une époque et de ses changements. Extermination des bisons, marginalisation des tribus, stabilisation d’une société de pionniers et d’aventuriers qui deviennent pour certains (et certains seulement) des entrepreneurs et des notables, enracinement de valeurs morales et religieuses plus conservatrices et intransigeantes. Tout cela infuse le récit. A petites touches, c’est aussi la beauté et la rudesse du Montana qui est donnée au lecteur, contrée où l’auteur vint s’installer avec le succès littéraire.

Il faut confesser peut-être que, parmi tous les personnages distribués dans le cycle, celui de Lat Evans n’est pas le plus attachant à mes yeux. Il y a quelque chose qui agace dans la rectitude apparente de celui-ci, dans son comportement de « do-gooder », terme qui qualifie ceux qui pensent agir pour le bien (il s’agit bien souvent de leur propre bien) sans réaliser que tous les autres ne vont pas nécessairement être illuminés par leurs actes. Avec une facilité étonnante, Lat Evans se met à dos un ami plus tourmenté ou moins en réussite, se détourne d’une femme à qui il doit beaucoup mais dont le statut de prostituée ne peut que contrarier ses désirs de notabilité. On aurait l’impression d’un héros archétypal de western des années 1950, sûr de ses valeurs et son chemin, et il ne peut être mauvais parce qu’il réussit. Seules les dernières pages, un final dramatique et dépouillé, nous le rendraient plus sympathique, qui rappellent que le destin réserve des gifles même à ceux qui oublient qu’ils ne sont pas intouchables.

Terminons avec ce qui est le plus réjouissant. Le cycle The Big Sky est bouclé, donné aujourd’hui dans son intégralité à ses lecteurs francophones. Il est magistral. Groupez les quatre volumes dans votre bibliothèque. Quand vous les aurez lus, ils y seront comme des pics de la chaîne des Rocheuses. Eclairés par le couchant, ils vous feront penser à un beau pays et à de la belle littérature.

Paotrsaout

FARALLON ISLANDS de Abby Geni / Actes Sud.

Traduction: Céline Leroy.

« Miranda débarque sur les îles Farallon, archipel sauvage au large de San Francisco livré aux caprices des vents et des migrations saisonnières. Sur cette petite planète minérale et inhabitée, elle rejoint une communauté récalcitrante de biologistes en observation, pour une année de résidence de photographe. Sa spécialité : les paysages extrêmes. La voilà servie.

Dans ce décor hyperactif, inamical et souverain, où Miranda n’est jamais qu’une perturbation supplémentaire, se joue alors un huis clos à ciel ouvert où la menace est partout, où l’homme et l’environnement se disputent le titre de pire danger.

Et si personne ici ne l’attend ni ne l’accueille, il faut bien pactiser avec les rares humains déjà sur place, dans la promiscuité imposée de la seule maison de l’île ; six obsessionnels taiseux et appliqués (plus un poulpe domestique), chacun entièrement tendu vers l’objet de ses recherches. »

Challenge à relever avec ce « Farallon Islands » : écrire une petite chronique d’un roman dont on se rend compte très rapidement qu’on s’est complètement fourvoyé en le lisant et que certainement, si on lit les recensions présentes sur le web, on n’a pas vu du tout ce qu’il fallait voir parce qu’on n’était pas la cible. Loin de vouloir qualifier ce roman de bouquin pour gonzesses, quoique, je dois quand même prévenir celles et ceux qui apprécient à peu près les mêmes bouquins que moi qu’ils pourraient être aussi assez  dubitatifs une fois la lecture terminée.

Avant tout, « Farallon islands » donne la part belle à de nombreux chapitres de nature writing parlant de la faune maritime vivant sur et aux abords de ces cailloux hostiles plantés dans le Pacifique à une quarantaine de kilomètres de San Francisco. Que ce soient les requins blancs, les éléphants de mer, les phoques, les baleines à bosse, les macareux, les goélands… tous sont évoqués dans de nombreux passages, chapitres, nous familiarisant avec ces espèces qui passionnent une Abby Geni qui a déjà écrit un recueil de nouvelles inédit en France « the last animal » qui leur était consacré.

Ensuite, le roman s’intéresse beaucoup aux rapports entre les humains présents dans ce « laboratoire » précaire, isolé, où sont entassés six biologistes uniquement concentrés sur leur objet d’étude, créant un huis –clos, par instants dérangeant et à d’autres un peu banal. Progressivement, on en apprend un peu sur leurs habitudes et leur psychologie tout en s’apercevant qu’ils sont très loin des contingences ordinaires et banales de l’humain lambda. Ici, la vie est réglée par le rythme des saisons apportant les objets d’études sur les îles : la saison des requins, la saison des baleines, la saison des phoques et la saison des oiseaux.

Mais, inévitablement, le ver est dans le fruit, le loup est bien dans la bergerie et deux drames, dans la première partie, donneront une dimension criminelle au roman. Mais jamais, on ne tremble réellement, jamais on ne se crispe puisque cette intrigue criminelle, est très délayée dans le roman qui évoque de nombreux thèmes que l’auteur donne souvent l’impression de simplement survoler. On n’est pas dans un thriller et on le comprend dès le prologue qui raconte la fin de l’histoire, le départ de l’île de Miranda, saine et sauve, au bout d’un an passé sur Farallon avec, apparemment, toute sa tête. Le suspense est donc très secondaire surtout quand, rapidement, les évènements deviennent favorables à une Miranda, légitimement terrorisée dans la première partie du roman. Par ailleurs, les différents personnages étant uniquement passionnés par leurs études, ne sont pas vraiment éclairés par un auteur qui se centre beaucoup sur une Miranda pour qui, je le reconnais, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie malgré le drame vécu.

Parallèlement, le roman évoque beaucoup les rapports entre Miranda et sa mère décédée prématurément. L’histoire est d’ailleurs racontée par les lettres écrites à sa mère morte et fait prendre conscience du poids de l’absence. Alors, tout ceci nous fait un premier roman plutôt bien écrit qui ravira certainement les amateurs de nature writing. Pour les autres qui aiment les histoires proposant un cadre où la nature reprend ses droits en accablant l’homme à la merci des éléments et de la faune tout en proposant une intrigue particulièrement flippante propice à la réflexion, une fois de plus, je ne peux que conseiller cette tuerie qu’est « Aucun homme ni dieu » de William Giraldi.

Décevant.

Wollanup.

L’ AMOUR ET AUTRES BLESSURES de Jordan Harper /Actes noirs.

Traduction: Clément Baude.

Jordan Harper est un auteur originaire du Missouri vivant actuellement à L.A. qui a été critique rock, d’où des références musicales impeccables, pleinement en harmonie avec le propos et scénariste pour des séries TV d’où peut-être aussi ce talent pour créer des situations franchement originales. Son premier roman « She rides shotgun » sort en mai aux USA et ici, il n’ y a plus qu’à attendre pour savoir s’il confirme l’essai éblouissant réalisé par ce recueil de nouvelles. Continue reading

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