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Chroniques noires et partisanes

PASSAGE DES OMBRES d’ Arnaldur Indridason / Métailié noir.

Traduction: Eric Boury.

Avec “Passage des ombres”, l’écrivain Arnaldur Indridason termine de  belle manière une trilogie des ombres consacrée à l’Islande pendant l’occupation des troupes britanniques et américaines pendant la seconde guerre mondiale. Ce cycle met en vedette deux enquêteurs Flovent et Thorston finalement assez quelconques dans le premier opus et beaucoup plus attachants dans ce final. Il est à noter qu’il n’est absolument pas nécessaire d’avoir lu les deux précédents romans pour apprécier pleinement celui-ci qui s’avère, ma foi, d’un bon niveau.

“Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine.
Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?
Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».”

Bien sûr, pour apprécier Indridason, il faut s’intéresser un tant soit peu à l’Islande, île pas franchement rock n’roll sous la plume de l’auteur islandais, et aimer les polars d’investigation aux enquêtes précises, minutieuses, lentes et basées essentiellement sur les témoignages de personnes âgées voire très âgées mémoires de meurtres non élucidés très anciens, les « cold cases ».

Indridason est un grand auteur de polars, c’est une évidence, mais qui produit beaucoup et parfois la construction peut fatiguer ou plutôt lasser tant la machine ronronne en mettant bien (trop) en avant la fibre émotionnelle, la compassion, l’empathie pour les oubliés, les déshérités.

Dans la plupart de ses romans Indridason raconte, décrit les heurs et malheurs d’une minorité islandaise bafouée  ou marginale, et dans celui-ci, il montrera le choc de la rencontre des jeunes Islandaises avec les soldats ricains et plus particulièrement le triste destin de jeunes filles ayant rêvé de la lune, abusées, tuées ou disparues. Les premiers romans d’Indridason mettant en scène l’excellent flic Erlendur comme “la cité des jarres”, “la voix”, “la femme en vert” sont les plus convaincants et si la qualité d’écriture reste, les histoires du maître islandais ne sont plus toujours à tomber, reconnaissons donc la grande qualité de “Passage des ombres” qui séduira certainement les fans de la première heure et qui peut représenter une bonne entrée en matière pour les néophytes.

Rendez-nous Erlendur!

Wollanup.

 

4 Comments

  1. J’espace les romans d’Indridason, justement pour ne pas sentir que c’est souvent la même chose. Après tout, c’est aussi le principe des polars. Un mort, trouvé l’identité du mort, puis du coupable.

    Mais ce que j’aime surtout dans Indridason, c’est l’atmosphère qui se dégage de l’Islande, il l’aime bien son île, cela se sent, même s’il n’est pas tendre avec la violence des âmes qui y vivent. Des polars d’atmosphère.
    Alors, je viendrais certainement un jour lire cette trilogie de l’ombre, ne serait-ce que pour poser à nouveau les pieds sur cette île et de découvrir un autre point de vue que celui d’Erlendur.

    • clete

      17 mai 2018 at 15:04

      salut cher Bison,

      Cette trilogie des ombres est tout à fait recommandable. Et tu as sûrement trouvé la bonne solution en espaçant tes lectures.

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