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Chroniques noires et partisanes

LE LAGON NOIR d’Arnaldur Indridason/Métailié noir.

Traduction, évidemment, le talentueux et fidèle compagnon Eric Boury,

Douzième roman de la saga du flic Erlendur en Islande, « le lagon noir » ravira les habitués d’ Indridason tant le personnage est savamment étudié par le grand maître. Alors, depuis qu’il a égaré son héros dans la région des grands lacs de l’est ou de l’ouest de l’île lors d’une enquête, je ne sais plus exactement, et qu’il ne sait plus quoi faire de son flic en 2016, Indridason écrit des prequels qui ravissent les fidèles du flic taciturne et qui nous montrent en partie les causes des tourments de son héros tout en nous révélant ses obsessions, sa grande humanité et sa compassion pour les oubliés, malades, émigrés, bannis. S’il s’adresse en premier aux lecteurs compulsifs de l’auteur, ce tome comme tous les autres peut très bien être lu par les néophytes qui apprécieront certainement les qualités d’écriture de l’auteur, véritable ambassadeur de ce petit caillou glacé de l’Atlantique Nord.

« Reykjavik, 1979. Le corps d‘un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base.

Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais.

En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine. »

Flic très atypique, Erlendur, s’intéresse, de manière privée, une fois de plus, au « cold case » d’une jeune fille disparue et c’est l’occasion de belles rencontres avec des Islandais ordinaires, derniers témoins avant l’oubli afin d’aider Erlendur dans des recherches d’une personne dont tout le monde, des décennies plus tard, n’a plus grand chose à faire. On le sait, Indridason va à son rythme, s’intéresse aux petits détails, ausculte de manière très pointilleuse les histoires, creuse les moindres pistes, fait des investigations qui n’intéressent que lui et toute cette quête est, à nouveau, de premier ordre en montrant aussi une facette plus musclée qu’on ne lui connaît pas forcément.

Parallèlement on suit l’enquête sur la mort mystérieuse d’un homme retrouvé flottant dans un lagon d’une région désertée par les Islandais et les fans se réjouiront de retrouver Marion, la chef et mentor d’Erlendur, à ses côtés. Les investigations vont tourner autour d’une base américaine, vestige de l’occupation des forces alliées pendant la seconde guerre mondiale et considérée comme une verrue sur le sol islandais par Erlendur comme par son créateur. Indridason connait parfaitement le sujet puisque jeune, il a lui- même travaillé sur cette base et ceci lui donne une nouvelle occasion de montrer sa farouche opposition aux invasions étrangères sur son ile.

Attention, Indridason ne ronronne pas, c’est très bon et comme toujours admirablement écrit que ce soit dans les descriptions des Islandais ou dans le tableau amoureux de la nature tourmentée du pays.

Humain!

Wollanup.

 

4 Comments

  1. Ferey et Indridasson le même mois, que demande le peuple ?

  2. Ah ! Il est dans les trois livres que je vais acheter dans 15 jours, avec Bouysse et C.Johnson. Je lirai ta chronique après ma lecture ( sachant juste que tu as aimé ).
    Et hâte de taper la causette avec Boury

    • clete

      16 mars 2016 at 18:18

      C’est un bon roman.Mais dis-moi « a vol d’oiseau »,le C.Johnson,ce n ‘est que début mai.

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