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Chroniques noires et partisanes

L’AGE DE L’ HÉROÏNE de Quentin Mouron / La Grande Ourse.

Deuxième incursion dans le polar du jeune auteur suisse Quentin Mouron après « trois gouttes de sang et un nuage de coke » et on y retrouve  son héros Franck pas mieux dans sa tête que dans le précédent opus daté de 2015.

« Franck, dandy sur le retour, détective à ses heures, bibliophile, collectionneur de livres anciens, est chargé de retrouver une cargaison de drogue volée. Son enquête le mène jusqu’à Toponah, petite ville américaine située dans l’État du Nevada. Sur sa route se dresse Léah, adolescente mystérieuse tenant autant de la gueule cassée que de l’héroïne cornélienne. Parmi les existences ployées et amoindries, la jeune femme scintille, détonne ; elle incarne quelque chose que Franck ose enfin nommer la vie. »

Ce court roman séduira ceux qui ont apprécié le précédent roman qui n’avait déjà du polar que le nom, un décor, des clichés empruntés au genre pour mieux les déglinguer jouant de l’outrance pour mieux déranger le lecteur, le provoquant sans relâche, le tenant constamment sur ses gardes tant Franck, constamment sous substances, est imprévisible. Conclusion, ceux qui n’ont pas goûté ou terminé le premier auront sûrement mieux à faire ou lire ailleurs.

Le Nevada craignos sert de toile de fond baroque, gothique à « l’âge de l’héroïne », Mouron utilisant les clichés inhérents à beaucoup de romans ricains, à une Amérique fantasmée: les dinners, les hell angels, les héros de guerre, les mobil homes, la came,le désert, dans un trou perdu « Toponah,c’est le masque du vaudeville appliqué à la tragédie et on ne meurt qu’en faisant rire ».

toponah

Un motel à Toponah.

Mais le décor comme les ingrédients n’existent que pour aider l’auteur dans une narration vive, alerte, de haut vol. L’ intrigue ténue, accessoire sert d’exutoire à un Quentin Mouron barré, déjanté qui à la faiblesse de son histoire oppose son verbe, sa verve, sa folie furieuse parfois bien obscène mais souvent brillante qui n’est pas un simple verbiage sans queue ni tête comme l’apparence pourrait parfois le faire croire mais bien une réflexion hallucinée sur le sens de la vie, les erreurs, le destin et peut-être bien aussi sur les conséquences de l’excès de l’usage de la cocaïne.

Dérangé.

Wollanup

la chronique du premier roman chez Action Suspense.

 

3 Comments

  1. Merci pour le lien, Wollanup. Pour cause de tsunami polardeux printanier, pas encore lu ce nouveau titre. Même si durant l’été, j’aime revenir à de délicieuses vieilleries du polar, je lui ferai une place.
    Ah, Johnny Cash ! ça me fait toujours penser à son épouse June Carter, fille de Maybelle Carter de la « Carter Family ». Perso, je préfère :
    https://www.youtube.com/watch?v=v2ssbgThljU
    Amitiés.

  2. clete

    8 juillet 2016 at 20:38

    Oui mais c’est le rapport à la coke bien présente dans les deux romans Claude. Nul doute que Dean Martin en a pris lui aussi mais il ne l’a pas chanté à ma connaissance.
    Tsunami polardeux?

  3. Deux voix qui caressent mes écoutes introspectives…

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