Nyctalopes

Chroniques noires et partisanes

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UN DERNIER POUR LA ROUTE (DU ROCK).

Et on tourne la page!

La route du Rock sans pluie, ce n’est pas la Route du Rock. Et en ce vendredi 16, dès qu’Andy Shauf, le génial et discret leader de Foxwarren a commencé à jouer de sa guitare, le crachin que le vent laissait présager est entré en scène lui aussi.Ceci dit, cette ambiance convenait bien à la folk intimiste et orfèvre du groupe californien auteur d’un très beau set devant une assistance limitée mais vite conquise.

Andy Shauf de FOXWARREN pendant les balances.

WHITE FENCE devant un public arrivant au compte-gouttes leur a succédé avec un groupe très pro, un show mêlant ces multiples influences du garage au psychédélisme en passant par les seventies.

Plus de monde à l’arrivée des Néerlandais de ALTIN GUN et leurs compositions ottomanes. La Turquie actuelle d’Erdogan ne me fait pas rêver, sous la pluie encore moins, et puis ensuite très perplexe quand autour de moi, on parle de psychédélisme sixties génial quand je n’entends que du folklore turc, bien sympathique ma foi mais du folklore. Beaucoup ont dansé, et c’est très bien que l’ambiance soit festive, ceci dit, passé une certaine heure, certains se déhanchent sur n’importe quoi. Motocultor, festival métal, propose bien Alan Stivell et Henri Dès ce week-end. Qu’importe le bourbon pourvu qu’on ait l’ivresse. 

Suite au désistement de BEIRUT, certains ont dû annuler le rendez-vous. Moins de monde que pour Tame Impala mais néanmoins une grosse assemblée de fans pour HOT CHIP, belle machine à danser mais pas vraiment rock, parfois ressemblant (aïe) à Culture Club. A noter, néanmoins, une reprise de “Sabotage” des Beastie Boys aussi inattendue que réussie et propice à la sortie de la somnolence.

Finalement, ce n’est qu’à partir de 23H10 que la Route du Rock a vraiment mérité son nom en ce vendredi. CROWS, dont je n’attendais pas grand chose, a balancé un set parfait, urgent, noir dans l’exacte même veine que BLACK REBEL MOTORCYCLE en 2002. Une guitare, une basse, une batterie, un chanteur explosif et c’est parti, un pur moment de rock n’ roll et une très belle découverte de l’année, tout comme BLACK MIDI.

CROWS pendant les balances.

Et pour le reste, pas vu, juste constaté que le DJ set de 2 Many DJ’s, toujours prompts à vous bouger a quand même un peu vieilli et souffre beaucoup de la comparaison avec des Ricains comme GIRL TALK pour ne citer que lui.

Alors, évidemment, tout cela est très subjectif… Je tiens néanmoins à remercier Camille et Justine du service presse/ communication pour leur professionnalisme au service d’amateurs permettant la découverte de l’envers du décor. D’une manière générale, artistes, techniciens, bénévoles, public, j’ai trouvé que ce festival était de belle tenue, superbement organisé, géré et sans réels débordement si habituels dans ce genre de grand barouf.

Un grand bravo à François Floret.

En causant de rock, on a perdu plusieurs abonnés de la newsletter, finalement pas très patients et à qui je dis donc adieu sans aucun regret. On n’a rien à vendre, on tente juste de partager nos passions.

Retour vers la littérature noire, la rentrée est, pour le moment, assez quelconque.

Le dernier Nesbo est en ligne.

Wollanup

PS: Photos avec mon vieil Iphone.

A 17 heures, la ROUTE DU ROCK c’est bien.




La journée du 15 août à La Route du Rock. Propos partisans.

Jeudi à La route du Rock, beaucoup de monde, beaucoup de bottes et de cirés mais pas de pluie malgré un ciel menaçant, très menaçant. Ne soyez pas trop affamés par contre, il y a vraiment la queue même aux gaufres.

POND, c’était surement très bien mais les embouteillages, les files d’attente à l’entrée ont fait que… juste entendu, rien vu. FONTAINES D.C. ensuite a fait un show honnête, du rock, du vrai, rien d’extraordinaire non plus. 

IDLES a, par contre, comme lors de leur premier passage il y a deux ans, mis le feu au fort en empruntant à leur répertoire de deux albums. Slams dans la foule sans guitare et avec guitare. Les mecs sont furieux, un petit côté Gogol Bordello dans le ton comme dans le délire mais humains, sans frime, juste pour l’amour du rock!

IDLES

Il y a toujours des concerts pour nostalgiques à la Route du Rock et cette année n’a pas fait exception avec Stereolab. Adulés par la critique dans les années 90 le groupe n’a jamais connu réellement le succès public. Pour autant, leur set n’avait absolument pas l’allure d’une réunion d’anciens combattants et il y a eu vraiment fusion avec un public plus ancien pendant que les keupons reprenaient des forces à la buvette.

Le set tout à fait honorable de Stereolab n’était pas terminé que déjà la grosse foule s’était préparée sur l’autre scène pour Tame Impala. Le risque avec ce genre de groupes aux albums hyper soignés, à la musique très travaillée, c’est qu’ils n’arrivent pas à reproduire pareille orfèvrerie sur scène. MGMT, lors de son passage à la Route du Rock hiver avait quitté la scène moins d’une minute après avoir débuté pour redémarrer un peu après à cause d’un plantage. Mais là, chapeau. Un son de grande qualité et un public conquis d’emblée puisqu’ils débutent malicieusement avec « Let it happen » assortis de canons à confettis au milieu du morceau. Les canons à confettis seront utilisés trois fois, le public est en extase mais évidemment ce serait un peu cheap pour une enceinte qui a déjà vu à l’oeuvre les fondus des Flaming Lips. Par la suite images psychédéliques, effets de lumière, fumées et lasers impressionnants quoique beaucoup plus rasants qu’ à Glastonbury, images live et enregistrées de Kevin Parker… Il y a eu rappel, prévu bien sûr, mais une prestation lumineuse de plus de un heure vingt au total. Chez Tame Impala, chacun est à son poste mais derrière car plein centre et devant c’est Kevin Parker qui, sans effets très « spéciaux », tout en retenue a su conquérir son monde, s’exprimant en français dès qu’il le pouvait. Alors, c’est vrai, on sent que c’est hyper rodé mais quel spectacle. Bravo Tame Impala !

TAME IMPALA

Avec BLACK MIDI, un nouveau changement d’ambiance. C’est assez bizarre sur scène, les petits jeunes rentrent dedans mais leur musique déjà assez imprévisible sur l’album peut être parfois aussi désarmante live. On ne sait pas trop si le bordel ambiant par moments est totalement maîtrisé mais il y a de la folie, une énergie très destructive et nul doute qu’on réentendra bientôt parler de ces quatre lascars s’ils arrivent à tenir la route car leurs rythmes, leur manière de se vider sur scène et de maltraiter leurs instruments doivent laisser des traces.

BLACK MIDI

JON HOPKINS a enchaîné dans la foulée. Visuellement, c’est magnifique, musicalement c’est tout bonnement de la techno. Peut-être qu’au bord d’une piscine à Ibiza avec un cocktail… à Saint Malo, à un heure du mat et 15 petits degrés, ça le fait nettement moins.

Ça continue aujourd’hui, il ne pleuvra peut-être pas beaucoup.

Wollanup.

Crédit photos: Nicolas Joubard.

VENDREDI A LA ROUTE DU ROCK

Vendredi, la tête d’affiche de la journée, c’était BEIRUT mais laryngite aigüe, la moitié des dates de sa tournée sont annulées et bim, plus de BEIRUT remplacé par 2 Many DJ’s. Ah sûr, ce n’est pas la même chose, pas le même créneau musical. Remplacer la musique de voleurs de poules de Zach Condon par un DJ set, les fans du Ricain ne vont pas y trouver leur compte. Ceci dit les Belges sont très doués pour mettre le feu avec leurs enchaînements, leurs samples allant du funk le plus pur aux Strokes le plus dur. Evidemment, on sera très loin des sonorités balkaniques prévues initialement et qui étaient le moteur musical du early Beirut.

Dommage, parce qu’auparavant seront montés sur scène Altin Gün qui malgré son nom n’est pas turc mais néerlandais. Ce collectif, déjà apprécié lors de son passage aux Trans de Rennes, revient donc dans le coin avec sa collection de morceaux issus de standards anatoliens et d’adaptations de chansons traditionnelles turques. Sur galette, je suis loin d’être fan mais certains groupes méritent d’être vus. Et puis un vent du Bosphore sur Saint Malo, c’est original. Avec Beirut, on aurait eu une vraie soirée orientale. Passé la Loire, c’est l’Orient pour les Bretons. A regarder avec un kebab ou des cigarettes qui font rire peut-être.

FOXWARREN, le nouveau groupe d’Andy Shauf, magicien folk canadien ouvre le bal vendredi. Sur la platine, c’est la bande son idéale des weekends cocoon, des petits moments cools un peu comme Kevin Morby mais sur scène qu’est-ce que cela peut donner? Pour un peu qu’il crachine, la mélancolie des petites perles du groupe risque de flinguer le public dès le début de la journée. 

WHITE FENCE réveillera peut-être l’enceinte mais ça dépend. Tim Presley, le leader du groupe est un ami de TY Segall avec qui il a collaboré de manière explosive à de multiples reprises mais qui a aussi un autre côté plus posé tourné vers les années 60: Syd Barett, Doors, guitares Kinks. Quelle sera l’option choisie par le groupe vendredi? Le dernier album sorti cette année est un très joli produit vintage. Voilà, FOXWARREN comme WHITE FENCE sont des groupes qui produisent une musique de qualité mais qui peut, peut-être mieux, passer dans des salles que sur des grandes scènes à ciel ouvert.


Du bruit, de la fureur, CROWS qui débarque de Londres peut-être dans le même avion que HOT CHIP, va vous en offrir. Ya du cuir, des grosses guitares, un chanteur habité, ça sonne comme un peu comme les Cramps qui auraient eu envie de bourriner. Ne pas tomber en extase trop près des enceintes.

Auparavant, à 22heures, HOT CHIP, parfaite symbiose entre le rock et l’électro et qui symbolisera parfaitement sur scène la volonté des organisateurs du festival, va vous entraîner, vous faire danser qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il grêle, qu’il tonne et sur des textes pourtant souvent sombres. A ne pas rater!

Et pour terminer la soirée, tard dans la nuit, CRACK CLOUD et PAULA TEMPLE. Je ne vais pas tenter de vous faire envie, ce n’est pas mon monde musical et si vous aimez l’électro et la techno vous savez bien mieux que moi si leur présence peut être considérée comme un événement.

Pour se rendre au festival depuis saint Malo, il existe des bus, il faut juste se montrer un peu patient à certaines heures. Il y a aussi le camping sur place si vous avez envie d’une expérience de ZAD de trois jours. Si vous prenez la voiture, le mieux c’est de vous grouper et d’embarquer avec vous le pote qui n’aura pas besoin d’un petos pour apprécier Tame Impala et pas plus envie de deux litres de bière avant d’aller à la guerre avec Idles. Nos amis de la gendarmerie sont présents à la sortie et organisent “l’after” en vous faisant souffler dans le biniou, en vous curant un reste de galette saucisse resté coincé dans la joue ou en regardant si vous n’avez pas une poussière au fond de l’oeil. Et n’essayez pas de jouer les plus malins en prenant les petites routes, ils ne sont pas cons, ils connaissent beaucoup mieux que vous la région et les plans foireux à deux balles de fin de soirée, ça rate toujours.

See you!

Wollanup.

PS: Ce soir Sharon Van Etten à la salle “la nouvelle vague” à Saint Malo.

A LA ROUTE DU ROCK JEUDI/15.

Right time, right place !

Un festival, on y va pour les artistes qu’on aime bien sûr et il y a aussi la joie de la découverte. Certains artistes électro de fin de soirée me sont complètement étrangers et je me garderai bien de les recommander ou de les condamner.Je me contenterai d’argumenter brièvement sur les concerts que je ne veux pas rater.

L’an dernier, il y avait eu plusieurs grosses têtes d’affiche.Cette année, la prog est à nouveau exceptionnelle mais sans vraiment de gros noms si on excepte TAME IMPALA, beau coup de l’année. Après deux albums résolument psychédéliques, les Australiens se sont tournés en 2015 vers une version plus accessible, plus mainstream. Leur prestation à Glastonbury en juin était très impressionnante avec multiples jeux de lumière assez hallucinatoires et lasers puissants et furieux. Cela donnait peut-être une impression d’hyper professionnalisme, de sérieux, de maîtrise d’un très gros son. Manquait peut-être d’un peu de vie, Kevin Parker semblait jouer une indolence travaillée. Mais assurément, on aura le droit à du gros spectacle, le groupe termine sa tournée européenne et part pour NY, les deux dates du Madison Square garden sont sold out. Foule de Barbies au premier rang. 


Dans le package Tame Impala doit être imposé aussi POND, leurs potes. Kevin Parker a souvent joué de la batterie avec eux. C’est le même genre de musique mais plus intime. Ils auront le redoutable privilège de débuter la journée de jeudi. Ce n’est pas gagné. J’ai déjà vu Okkervil River s’y planter et le grand Stephen Malkmus s’y sentir bien seul.

Ce même jeudi, avant les Australiens nous découvrirons FONTAINES D.C., coqueluche irlandaise du moment avec chanteur à tambourin pour faire sixties. C’est rugueux, moins méchant que leurs compatriotes de Girl Band mais c’est du rock n’roll, c’est certain. 

Néanmoins, ils vont devoir assurer gravement parce qu’ils précèdent IDLES à qui ils s’apparentent musicalement mais qui, eux, mouillent le marcel, donnent tout pour le meilleur comme pour le pire. C’est brûlant, animal. Shame avait allumé la scène des remparts l’an dernier. IDLES va faire vaciller la structure cette année, 100% testostérone, show sauvage, chaussures de protection à prévoir dans le sac.


Toujours jeudi, la sensation de l’année en provenance de Londres, BLACK MIDI. Dans 5 ans, vous pourrez vous vanter de les avoir vus à leurs débuts. Difficile de définir leur musique, post rock, post punk, expérimental, original mais aussi pour oreilles endurcies, entraînées.Ya du Slint, du Suuns, du Sonic Youth, d’autres choses, BLACK MIDI quoi.

Wollanup.

NYCTALOPES à Saint Malo !

Littérature et musique font bon ménage, beau mélange, nul besoin de vous convaincre… et rock (dans son appellation la plus large) et littérature noire sont souvent en parfaite harmonie. 

Tout le monde à Nyctalopes aime aussi le rock et la réunion ne s’est pas faite uniquement sur un même goût pour une certaine littérature noire. Chouchou est un amateur d’indé éclairé et éclairant avec quelques faiblesses minimes, qui n’en n’a pas, comme Dire Straits, Paotrsaout est surtout punk mais sans chien, Bison d’Or possède le don très rare de comprendre la musique de Swans, Monica doit être secrètement amoureuse de Billy Corgan des Smashing Pumpkins, Raccoon ne jure que par M. Ward, JLM a beaucoup couvert et vécu le rock français pendant plusieurs décennies, BST a longtemps marié the Clash et Wagner, Marie-Laure…

Les premiers romans chroniqués fin août le confirment, faisant tous la part belle ou ou tout au moins honnête à la zik.

Dans LE COEUR DE L’ANGLETERRE de Jonathan Coe chez Gallimard, Benjamin a du XTC dans son Ipod. Harry Hole, si bourré que cela en devient très relou dans LE COUTEAU de Jo Nesbo à la Série Noire, se paie le hard rock bourrin de Deep Purple et défonce un bistrotier qui met du David Gray. A Tribe Called Red incante ICI N’EST PLUS ICI de Tommy Orange Chez Albin Michel. MON TERRITOIRE de Tess Sharpe chez Sonatine sonne comme du Murder By Death. Et dans BLEU BLANC BRAHMS, l’excellent premier roman de Youssef Abbas aux éditions Jacqueline Chambon, Leonard Cohen magnifie la mélancolie, le spleen d’ados. Ce sera d’ailleurs un immense plaisir d’entamer cette nouvelle saison le 21 août avec ce bouquin qui est vraiment dans l’esprit de la littérature qu’on aime tous ici et qu’on a envie de partager avec les potes…

Mais avant cela, l’occasion d’une accréditation faisant le larron, Nyctalopes sera présent à la Route du Rock  du 14 au 17. J’ai vécu ce festival pour la première fois en 1996. Cette année-là, en trois accords Placebo avait enflammé le fort, Weezer avait tout défoncé avec son cultissime album bleu et le chanteur de Fun Loving Criminals s’était enfilé une bouteille de Jack Daniels le temps d’un set magnifique de 45 minutes. Depuis, beaucoup d’éditions et des concerts inoubliables, Death In Vegas en 2000, Les Avalanches en 2001, Interpol en 2002, Sonic Youth en 2005, The Smashing Pumpkins en 2007, The Kills en 2009, The Walkmen en 2012, The Districts en 2015, The Black Angels et The Brian Jonestown Massacre l’an dernier…

En fait, c’est de Saint Malo que souffle le courant indé en France. Comparez avec ce que propose la concurrence fin août à Paris… La Route du Rock vous entraîne sur les chemins tortueux et inconnus de l’indie la plus pointue comme sur les voies célestes des artistes proches des dieux. 

Donc, cette semaine, vont arriver quelques petits papiers présentant la programmation, les immanquables de manière très subjective, les concerts, l’ambiance générale, l’espace VIP… pour vous donner envie de venir si vous mourez d’ennui en vacances chez belle-maman ou si vous avez enfin décidé de ne pas mourir totalement idiot.

Si vous n’êtes pas intéressés, on se retrouve le 21. Profitez bien de vos vacances. On relance le bouzin !
Wollanup.


Bonnes Vacances !

On revient vers le 22 août, profitez bien !

BEST OF 2018 MARIE LAURE.

Après une première année complète de chroniques pour Nyctalopes, je me livre à l’exercice du Best of de mes lectures pour cette fin d’année. Tout d’abord, un grand merci à Nyctalopes de me permettre de découvrir des auteurs sur lesquels je ne me serai pas toujours laissé tenter en flânant dans les rayons d’une librairie. Et grand bien m’en a fait, j’ai découvert des univers noirs, d’autres poétiques, de grandes surprises et du plaisir. Alors voilà, petite compilation de mes découvertes sans ordre précis.

Si Vulnérable de Simo Hiltunen (Fleuve Noir traducteur Anne Colin du Terrail) : où comment notre éducation, la violence à laquelle nous pouvons être confronté enfant, conditionne notre vie d’adulte. Une étude sociologique et psychologique du mal.

Population 48 d’Adam Steinbergh (Super 8 traducteur Charles Bonnot) : genre de  western en huit clos, angoissant, violent, mais très drôle : une vraie bouffée de poussière sous un soleil de plomb.

Torrents de Christian Carayon (Fleuve noir) : roman rural, d’une lenteur calculée, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final. Ou comment les secrets peuvent étouffer une vie tranquille de famille provinciale.

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham (Jigal Polar) : course effrénée  d’une dureté implacable, qui se lit comme on regarde un bon film : bien accroché au fond de son fauteuil.

Sirènes de Joseph Knox (le Masque traduction de Jean Esch) : une descente aux enfers pour un jeune flic de Manchester. Noir, glauque, sans espoir, mais un premier roman au combien captivant.

Sur le ciel effondré de Colin Niel (Le Rouergue) : une plongée dans la Guyane française, entre traditions ancestrales et géopolitique : sombre, étouffant comme ce territoire, hostile, mais d’une poésie envoûtante.  

The beat Goes on de Ian Rankin (Le masque traduction de Freddy Michalski) : recueil de nouvelles permettant d’approfondir notre connaissance de Rebus, flic alcoolique, bourru, cynique mais très attachant, et de sa très chère ville d’Edimbourg.

Marie-Laure.

11 degrés cap Noir-Noir-Ouest / Best of 2018 de Paotrsaout

Salut les déboussolés. Moi-même perdu dans ce monde de fous, piqué aussi par les recommandations des grands maîtres, j’ai quand même réussi à trouver mes plaisirs de lecture sur des ronds-points, des autoroutes ou alors au fond d’impasses et de coffres.. Les livres nous libèrent, nous font partir. Mes meilleurs voyages cette année entre les blocs de glace, sachant que j’ai évité les icebergs imposés :

Romans

Des jours sans fin / Sebastian Barry = une voix d’homo, populaire et irlandaise dans l’Amérique des années 1860 et 1870.  Ça raconte quelque chose de la vie. Exceptionnel.


Prodiges et Miracles / Joe Meno = Pépé, petit-fiston et en plus un canasson, peut-être sur le chemin de la rédemption.  Beau comme une crèche, poignant comme l’enterrement d’un aimé.


Taqawan / Eric Plamondon = Le saumon n’est pas un animal si con. Un romanesque court qui va droit au but et transperce. Le Québec. Ses indigènes de toutes origines. Le cœur des humains qui veulent lire et aimer des histoires.


Dans la vallée décharnée / Tom Bounan = roman régional américain, riche et dangereux. Qu’on nous raconte bien de bonnes histoires, c’est ce qu’on demande. Et quand c’est le cas…


Braconniers / Tom Franklin = réédition. Encore du régional américain. Recueil de nouvelles. Une belle carte postale dégueulasse du Sweet Home Alabama.

Pour services rendus / Iain Levison.  Toujours dans la place, l’Ecossais américain. Décapant comme d’habitude. Un certain système médiatique, donc politique, n’y échappe pas, cette fois.

L’herbe de fer / William Kennedy.  Réédition. Prix Pulitzer 1984, quand même. Mais ça s’oublie fastoche. Le scalpel social, humain de Jim Thompson. Plus la fantaisie morbide des Celtes irlandais. Très bien.


Little Heaven / Nick Cutter (aka Craig Davidson). Chuck Norris, John Rambo, Quentin Tarantino et Stephen King sont sur un scénario. Qui tombe sous le charme ? Toi !


Récits/Non-fiction

492. Confidences d’un tueur à gages / Klester Cavalcanti. Les aveux, l’itinéraire d’un mercenaire smicard brésilien. Un peu moins de victimes que la peste mais joli score quand même sous de très tristes Tropiques.


Gangster / Alvin Karpis. Les années 30, les années folles des gangsters à flingots et en tacot aux Etats-Unis. Racontées par un acteur de premier plan, pas vraiment dans l’humilité. Ça flingue.


La note américaine / David Grann.  Presque 100 ans avant la Grande Révolte des Peuples Premiers contre l’exploitation des ressources naturelles dans leur sous-sol, une escroquerie mortelle sur une réserve indienne. Edifiant.

En 2019, tenez la barre, gardez le cap.

Paotrsaout




A venir !

A venir, un entretien avec Sébastien Raizer pour « 3 minutes, 7 secondes ».

OFF !

Retour le 20 août.

Wollanup.

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