Частая проблема у наших клиентов как попасть на проект hydra! Сегодня мы подробно покажем и расскажем как попасть на данный проект. Начнем с небольшой истории.. сайт hydrɑ2web.com (https://xn--hydr2web-yod.com/). В свое время, когда я начал только осваивать интернет, поиск и сёрфинг в интернет-пространстве для меня был невыносим. Попасть на сайты было тяжело и тогда я открыл для себя сайт упомянутый выше. У него множество приемуществ, быстрота загрузки, весь функционал что был преоставлен на hydra.center, но он более не актуален. Активная ссылка указан в скобках.

Nyctalopes

Chroniques noires et partisanes

Category: Marie-Laure (page 1 of 3)

MORT EN EAUX GRISES de Pierre Pouchairet / Jigal.

Au vu de notre actualité de la semaine, ce roman a, je dois l’avouer, une résonance particulière.

Nous retrouvons dans cette histoire, Johana Galji, chef de groupe de la police judiciaire de Versailles. Elle revient après avoir été grièvement blessée. Et elle n’est pas épargnée pour son retour : elle doit faire face à une enquête qui la mène sur les traces de terroristes qui fomentent un nouvel attentat en région parisienne.

Elle et son équipe retrouvent un homme assassiné dans la Seine. Après un travail minutieux, l’équipe se retrouve donc à suivre une cellule de quatre hommes, membres actifs du terrorisme islamiste.

Pierre Pouchairet nous offre ainsi une enquête policière très ancrée dans le réel, face à une menace que connaît particulièrement notre pays. Nous suivons parallèlement l’enquête des policiers mais aussi le groupe de terroristes. Nous découvrons l’histoire de ces hommes, prêts à mourir pour leur cause, ce qui les a conduits sur ce chemin, comment ils se cachent parmi la population, comment ils élaborent leur plan, trouvent leurs cibles, et passent à l’action. Pierre Pouchairet nous propose une description et une vision de la constitution de cette cellule, de leurs parcours, à chacun, de ce qui les a conduits à vouloir passer à l’acte.

C’est une course contre la montre pour Johana et ses hommes, comprendre, retrouver et arrêter ces hommes avant qu’ils ne commettent l’irréparable, tout en préservant le calme dans la population. Elle doit réfréner ses peurs, ses angoisses, et faire passer ses états d’âmes au second plan.

Tout sonne vrai, le roman nous plonge dans une réalité effrayante qui pourrait arriver demain. Nous vivons désormais dans un monde où la menace d’attentat est constante. Ce roman nous en rappelle l’affreuse réalité : elle peut survenir n’importe quand, sous plusieurs formes.

Le roman est très court et c’est le seul reproche que l’on puisse faire, on arrive rapidement à la conclusion, accentuant l’impression d’urgence dans l’enquête. Cette fiction, car ce livre en est bien une, ouf, est teintée d’un tel réalisme qu’elle en devient effrayante.

Marie-Laure.


SIRENES de Joseph Knox / Le Masque.

Traduction: Jean Esch.

Aidan Waits est un jeune flic, jeune et pour autant déjà lessivé et perdu. Il est officiellement mis au banc de son service et utilisé par le superintendant Parrs pour une immersion dans les bas fonds de Manchester. Il est recruté en souterrain pour surveiller Isabelle Rossiter, fille d’un député, qui a fugué et a trouvé refuge auprès de Zain Carver, chef incontesté de la pègre locale, la Franchise. Mais personne n’est transparent dans ce milieu, dès que l’on peut utiliser et manipuler quelqu’un, on ne se gêne pas.

Aidan plonge alors un peu plus dans la violence urbaine. Il s’insère dans le cercle de La Franchise, passe un pacte avec  Carver afin que les enquêtes le visant n’aboutissent pas, tout en essayant de respecter ses engagements auprès de ses supérieurs.

Pour ce faire, il tournoie autour des personnages clés qui entourent Carver : son garde du corps, les barmans à sa solde, et bien sûr « ses filles ». Toutes jeunes, jolies, qui lui servent pour faire la collecte de l’argent et la drogue. Comment résister à ces femmes ? Elles sont le seul point lumineux dans le monde d’Aidan malgré leurs multiples facettes.

Knox nous dépeint un monde lugubre, où, si vous n’êtes pas né du bon côté, tout est fait pour vous enfoncer davantage. Chacun veut sa part du gâteau et pour y arriver, tous se servent des quelques atouts qu’ils possèdent : la force et la violence pour les hommes, le charme et la manipulation pour les femmes.

C’est une véritable descente aux enfers, où la drogue et l’alcool  permettent de donner un semblant de bonheur, tout du moins la force nécessaire pour s’accepter et atteindre le lendemain. Les réveils sont douloureux, glauques, et peu d’espoir est permis. On surfe tout du long au bord du précipice, on y plonge parfois, mais on ne se retrouve à la crête des vagues que très rarement. C’est un monde où la duperie, la trahison et le chagrin sont les rois. Les nuits de Manchester sont sombres et cruelles, un seul faux pas peut vous être fatal.

Il s’agit d’un premier roman, mais on attend le prochain avec impatience. Joseph Knox a su nous tenir en haleine tout du long, pas de répit dans ce roman, pas de joie, pas de certitude, juste un profond désespoir présent à chaque page.

Marie-Laure.

PS: On tente toujours de mettre un morceau qui colle avec le roman. Là, je suis plutôt content de ma trouvaille puisque New Order, en plus de parler de sirènes est originaire de Manchester, lieu de l’intrigue. Bah, on a les petits bonheurs qu’on trouve. (Clete)

 

MOSCOU 61 de Joseph Kanon / Le seuil.

Traduction: Lazare Bitoun.

Si vous aimez les romans d’espionnage plein d’actions, à la James Bond, passez votre chemin, par contre, si vous appréciez les histoires d’espionnage qui prennent leur temps pour poser les personnages, qui ont une narration assez lente, une intrigue assez complexe, une ambiance paranoïaque foncez. Oui, le livre peut paraître lent mais en fait, chaque phrase, chaque action, chaque pas, chaque parole a son importance dans ce livre.

Simon et Franck sont deux frères, américains, qui ont travaillé pour l’OSS pendant la guerre et se retrouvent naturellement à la CIA en 1945. Mais Franck est un agent double. Il est recruté par les Russes et exfiltré avec sa femme. Simon devient alors persona non grata au sein de la CIA, il quitte ses fonctions et devient éditeur.

Des années plus tard, Franck veut écrire ses mémoires et les faire éditer aux Etats-Unis par son frère. Simon est donc invité par les Russes, pour travailler avec Franck sur le manuscrit. Il n’a pas revu ni eu de nouvelles de son frère depuis que ce dernier est parti à l’est. Comment cette rencontre va-t-elle se passer, que lui veut réellement Franck qui n’a pas hésité à trahir son pays et sa famille ?

Nous nous retrouvons donc transportés de l’autre côté du rideau de fer, dans un Moscou des années 60, à suivre un pur Américain venu retrouver son frère. Sa femme est malheureuse, elle boit, se sent seule. La vie d’espion qui ne peut plus être sur le terrain est ennuyeuse, ils sont constamment surveillés, ne peuvent pas rencontrer n’importe qui, faire ce qu’ils veulent. Simon découvre la nouvelle vie de son frère entouré exclusivement d’autres espions ayant également trahi leur pays. Mais il s’interroge, que fait-il réellement là, quelles sont les véritables motivations de Franck, à quoi va-t-il le mêler ? Nous sommes plongés dans une atmosphère de suspicion et de paranoïa : qui ment à qui, qui manipule qui, quel complot est fomenté par qui ? La trahison pour ces agents exfiltrés est aussi naturelle que de respirer, aucun n’est transparent, tous cachent leurs véritables motivations, leur ego prenant le pas sur leur honnêteté.

Simon, et nous par extension, sommes remplis de doutes, de tension, de suspense silencieux, qui avance lentement accentuant ainsi une ambiance lourde, pleine de faux semblants, on devient claustrophobe dans ce Moscou écrasant.
Aucune caricature simpliste dans ce livre, Joseph Kanon ne tombe pas dans la facilité, il nous offre ainsi un roman d’espionnage complexe, tortueux, essoufflant par la tension qu’il nous fait ressentir. Et il nous fait découvrir un nouvel angle de la guerre froide, le monde vu par des occidentaux qui ont cru aux promesses des Russes, à leur vision d’un monde idéal.

Un très bon moment de lecture.

Ne faites confiance à personne…

Marie-Laure.

PARFOIS C’ EST LE DIABLE QUI VOUS SAUVE DE L’ENFER de Jean-Paul Chaumeil / Rouergue noir.

Boris a perdu sa femme Bérénice dans l’effondrement des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001. C’était une militante engagée des droits des travailleurs et de l’égalité entre tous. Elle laisse une petite fille Julia et son père profondément dévastés. Il a perdu la femme de sa vie et ne peut regarder sa fille sans penser à elle et sombrer un peu plus dans le chaos et la haine. Alors, sa seule solution est la fuite, il abandonne sa fille et part en Afghanistan lutter contre ceux qui ont tué sa femme.

« Quand on ne se sent bien nulle part on peut aller se faire voir partout(…) la vie teste avec vous votre aptitude à ne pas pouvoir survivre et ça marche ».

Julia, grandit auprès de sa tante, mais sans père et sans mère, l’une tuée par des fanatiques, le second absent pour lutter contre ces mêmes fous qui l’ont privé d’une vie de famille.

A son retour à la vie civile, à Bordeaux, il ne renoue pas avec Julia, il se contente de vivre en marge, comme détective privé afin d’avoir de quoi vivre.

Lors d’une rixe un soir en rentrant chez lui, il se retrouve confronté à des militants d’extrême droite, un meurtre a lieu. Et stupeur, sa fille se trouve mêlée au meurtre, elle gravite dans ces mouvements de néo-nazis.
Pour Boris, une seule alternative, sauver Julia, la sortir des griffes de cette radicalisation et qu’elle retrouve un avenir.
Ce roman est une plongée dans la montée des extrêmes dans notre pays. Julia, qui a dû grandir sans repère, confrontée dès son plus jeune âge au terrorisme qui lui a pris sa mère, est aspirée dans ce tourbillon violent. Elle pense que tout est de la faute de ces étrangers qui cherchent à ramener la guerre en France et à imposer leur vision de la société et le repli sur soi.

Jean-Pierre Chaumeil se sert de cette atmosphère pour nous offrir un roman très noir, avec des personnages très marqués, qui ont tous connu la violence, la peur, et le manque. Le manque de repères mais aussi d’amour qu’ils ont pu perdre du fait de la guerre, de leur conviction. Boris doit évidemment sauver sa fille, mais il doit également apprendre à faire face, à surmonter sa peur, à faire confiance aux gens qui l’entourent et à accepter les décisions de Julia. Quant à elle, elle doit essayer de comprendre son père, le monde tel qu’il est, elle doit accepter de s’ouvrir aux autres, à les respecter. C’est un roman d’amour, d’amitié, de respect de l’être humain qui nous est offert sous un angle très sombre avec comme pendant la montée du fanatisme de tout ordre.

Un très beau roman dans un contexte de tension très forte qui secoue tous les protagonistes.

Marie-Laure.

SEANCE INFERNALE de Jonathan Skariton / Sonatine.

Traduction: Claude et Jean Demanuelli.

La quatrième de couverture avait de quoi me séduire, bien que,  n’étant pas une fan de Dan Brown, le bandeau me refroidisse un peu « Le Da Vinci Code du Cinéma ».

Et je dois dire que le bandeau prend le pas sur la quatrième de couverture.

L’intrigue : Alex Whitman est un expert, un archéologue du  7ème art, il déniche pour de riches collectionneurs, des pièces uniques, des affiches originelles,  des bobines disparues depuis des décennies. Il est embauché par un collectionneur pour retrouver un film mais pas n’importe lequel : Séance infernale, le premier film jamais réalisé par Augustin Sekuler, bien avant Edison et les frères Lumière. Selon l’histoire, Sekuler aurait mystérieusement disparu avant la présentation officielle de son film. Le roman est issu d’une histoire vraie, celle de Louis Aimé Augustin Le Prince pionnier du cinéma, et de sa disparition.

La base est posée, s’en suit alors une quête à travers l’Europe, afin de trouver des indices pour mettre la main sur ce soi-disant film. En parallèle une deuxième intrigue prend forme, celle d’un  homme, violeur et tueur, sans lien évident avec l’intrigue première si ce n’est Whitman et son histoire personnelle.

En effet, le protagoniste est un homme tourmenté, sa famille a volé en éclat, il y a 10 ans, avec la disparition de sa fille lors d’une promenade au parc. Ses recherches d’œuvres disparues lui servent de rédemption, lui qui n’a pas su protéger et par la suite retrouver sa fille. Le meurtrier a-t-il un lien avec cette affaire ?

Il s’agit d’un premier roman, et Skariton a du mal à faire un choix dans son livre. S’agit-il d’une quête du St Graal, avec des rebondissements à la Indiana Jones, ou d’un thriller où le fil conducteur est notre enquêteur et notre violeur ? En fait, au bout de 350 pages, on ne sait pas vraiment. On a le sentiment qu’il s’agit de deux intrigues bien distinctes, qui mériteraient deux romans bien différents. Le mélange des deux histoires n’apporte rien, par contre cela génère une histoire confuse, brouillonne, qui m’a totalement perdue.

Skariton a fait sans nul doute, beaucoup de recherches pour écrire ce livre, je ne remets pas en cause son travail. Par contre, il n’est pas forcément nécessaire de retranscrire toutes ses études dans le roman. Nous sommes submergés par une multitude de détails qui n’apportent rien à l’intrigue mais rendent la lecture laborieuse et ennuyeuse. Certains passages, voire chapitre entier, sont longs et sans grand intérêt.

Ajouté à cela une écriture grandiloquente, pompeuse, sans aucune simplicité, et vous êtes coulé. L’idée de départ aurait pu être très bonne, mais cela souffre d’éparpillement sur plusieurs histoires, de simplicité et de cohérence.

Une vraie séance infernale, où nous n’espérons qu’une chose, arriver à sa conclusion et trouver la sortie au plus vite.

Marie-Laure.

POPULATION 48 d’ Adam Sternbergh / Super 8.

Traduction: Charles Bonnot.

« Tout le monde est coupable, personne ne sait de quoi ».

Imaginez un groupement de bungalows entouré d’une clôture, fermé par un portail, au Texas, au milieu de nulle part, 48 habitants, des hommes, des femmes et un enfant né il y a 8 ans dans cette ville fantôme de Caesura. Trois règles régissent cet endroit : pas de visiteur, pas de contact, pas de retour.

« Si tu veux garder un secret, commence par le protéger de toi-même » fut le credo fondateur de la ville.

Il s’agit en fait d’une expérience grandeur nature : une société privée découvre le moyen d’effacer la mémoire, partiellement ou totalement, et, après un accord avec le gouvernement, ils décident d’expérimenter sur de vraies personnes : des criminels, et des témoins bénéficiant du statut de protection. Leur mémoire étant effacée, aucun ne se souvient de pourquoi il est là, personne ne sait s’il fait partie des gentils (témoin à protéger) ou des méchants. Pour superviser le tout, nous avons Cooper, élevé au rang de sheriff de « Blind Town » avec pour insigne une étoile en plastique, jouet de pochette surprise.

Cela fait 8 ans que l’expérimentation se déroule, et tout va pour le mieux. Les gens cohabitent, créent des liens, aucune violence n’est à déplorer. Aucune interaction n’est possible avec le monde extérieur, seul le livreur de denrées vient une fois par semaine et casse cette routine très bien huilée. Les habitants ne se sentent pas  pour autant prisonniers, ils survivent dans cette ville fantôme, ils ne veulent pas se confronter au vrai monde : ne sachant pas pourquoi ils sont là, ils ont peur de se retrouver face à leur vraie vie, à des tueurs à leur recherche ou pire à des victimes de leur violence passée. Chacun s’est acheté une rédemption et veut à tout prix la conserver.

Mais soudain tout bascule, un des résidents se suicide, et quelques semaines plus tard un meurtre à lieu. C’est la fin de cette petite vie tranquille.  La société privée, le gouvernement, envoient des agents pour enquêter sur ces crimes. L’expérimentation est-elle en train de tourner au fiasco ou est-ce une suite de faits malencontreux qui  fait imploser la vie calme et tranquille de « Blind Town » ?

400 pages d’un huit clos angoissant avec des protagonistes auxquels on s’attache, pour lesquels on essaie de deviner de quels côtés de la barrière ils étaient : cet homme d’un certain âge,  qui passe son temps à bricoler dans son garage, cette femme douce et calme qui fait office de bibliothécaire, et cette jeune femme dont la seule passion est ses livres, maman d’un jeune garçon se peut-il qu’ils soient tous de  dangereux criminels ?

L’ambiance est oppressante, de plus en plus stressante au fil des pages. Les indices sont donnés au compte-goutte, et on tourne les pages afin de découvrir tous les secrets enfoui au fin fond du Texas, dans une ambiance de western. Pour chacun « leur victoire ou leur défaite ont été décidées pour eux il y a bien longtemps ».

Adam Sternbergh pose la question de la possibilité de la rédemption.  Peut-on, après avoir vécu une vie entière de crimes plus odieux les uns des autres, recommencer à zéro, oublier son passé, accéder à une terre promise où les compteurs sont remis à zéro ?

A-t-on le droit de se fuir soi-même, et plus que le droit, en avons nous le pouvoir ? C’est une chose de recommencer sa vie quand on oublie ce dont on a pu être capable, mais continuer quand on a connaissance de notre propre ignominie, peut-on faire comme si de rien n’était, nous regarder tous les matins dans une glace, entretenir son petit jardin, boire le café avec son voisin, faire comme si rien n’était arrivé, comme si non, nous n’étions pour rien dans les crimes affreux dont nous nous sommes rendus coupable ? Le jugement par des tiers peut-être compréhensif, dur, mais notre propre jugement n’est-il pas encore plus impitoyable ?

La violence et l’angoisse sont présentes tout au long du roman, et pour faire passer le tout, Stenbergh distille une touche d’humour bien noir. Le roman se lit très vite, vous êtes emportés dans ce tourbillon de secrets, de non-dits, et vous vous interrogez sur le bien-fondé de cette expérimentation et sur notre capacité, à chacun, d’accepter de vivre à côté, avec de potentiels dangereux criminels.

Un grand moment de lecture, un véritable roman noir, avec des héros et des méchants, chacun ayant une frontière assez floue, méthode western spaghetti,  chaque personnage étant assez complexe pour flirter avec le bien et le mal.

Marie-Laure.

 

DÉLICIEUSE de Marie Neuser / Fleuve.

Un couple, Martha et Raph,  avec un enfant, ils se connaissent et construisent leur vie  depuis 20 ans, une vie de famille harmonieuse et tranquille. Soudain, tout bascule, un dimanche soir. Le mari, annonce à sa femme qu’il a rencontré quelqu’un d’autre, qu’il est amoureux, qu’il veut quitter le cocon familial pour vivre sa nouvelle vie avec sa nouvelle compagne. Pour Martha Delombre, c’est le choc, comment est-ce possible, comment a-t-il pu la tromper, comment peut-il l’abandonner ?

Après plusieurs nuits sans dormir, et à devoir reprendre sa vie, elle choisit de tout raconter dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux. De l’annonce de ce cataclysme pour elle, à la fin de sa vengeance. Car il s’agit bien d’une vengeance, celle d’une femme bafouée, malheureuse, qui est confrontée à la chute de tout ce en quoi elle croyait : sa vie, son couple, son amour.

Elle travaille comme psychologue criminelle, ainsi, elle a l’habitude d’entendre les pires confessions dont la nature humaine est capable. Mais ces monstres qu’elle interroge sont-ils vraiment des monstres ? Comment basculent-ils vers ces horreurs ? Il ne s’agit en fait que d’hommes et de femmes qui se sont laissés emporter par leur souffrance, qui ont craqué. Cela peut-il lui arriver à elle ? Peut-elle  tout envoyer balader pour essayer de faire ressentir à Raph cette même douleur, ce désespoir, celui du rejet et de l’abandon. Le temps n’arrange rien, la blessure ne fait que grandir en elle, jusqu’à prendre toute la place.

Marie Neuser a choisi de nous raconter cette histoire à la première personne : nous assistons, nous aussi, à la confession de Martha, comme des milliers de gens ont pu la voir sur les réseaux sociaux. C’est bien la force du roman, cela permet de rendre les actes de Martha plus humain, plus compréhensifs.

L’écriture est fluide, belle, on tourne les pages, on avance dans la confession, sans vraiment s’en apercevoir. Malheureusement, je n’ai pas réussi à véritablement rentrer dans le livre, je me suis essoufflée. Dès les premières pages, on imagine assez facilement le cheminement du livre jusqu’à sa fin qui ne m’a pas surprise. La confession de Martha s’apparente à la complainte d’une femme, et cela dure 450 pages, je dois avouer que j’ai trouvé cela assez long. Mais peut-être est-ce dû à mon manque d’empathie, de compassion pour une histoire somme toute assez courante : un homme qui quitte sa femme et son foyer pour une autre, plus jeune.

Marie-Laure.

 

LE FRUIT DE MES ENTRAILLES de Cédric Cham / Jigal .

Installez-vous bien confortablement au fond de votre canapé, vous allez assister à une séance de lecture cinématographique, ce livre se lit comme on regarde un bon film.

L’histoire raconte 3 vies, 3 personnalités solitaires, sans joie, 3 destins qui se croisent.

Il y a Amia, jeune prostituée, seule, abandonnée, qui n’a aucun rêve ou plutôt qui n’ose pas se permettre d’aspirer à une vie meilleure. Elle se sent faible car elle n’a aucune maîtrise sur sa propre vie. Elle appartient à Dimitri, son mac, homme sans scrupule, violent, gonflé à la testostérone.

Il y a Vrinks, fiché au grand banditisme, qui tire 10 ans de prison et qui a fait une demande de liberté conditionnelle qui est en cours. Aucun point noir dans son dossier, il se tient, aucune violence, prisonnier modèle. Mais l’emprisonnement l’a coupé de sa famille, sa femme l’a quitté, il n’a aucune nouvelle de sa fille, il est seul lui aussi.

Et il y a Alice, flic de la brigade de recherche des fugitifs, elle aussi, seule, pas d’homme, pas d’enfant, pas de famille, femme forte qui vit pour son boulot, et se retrouve face à elle-même, ses peurs, ses doutes, le soir quand elle rentre chez elle.

Vrinks apprend soudain que sa fille a été violemment assassinée et que son corps a été abandonné : tout bascule. Il décide de partir à la recherche des bourreaux de sa fille et de se venger. Sur sa route, il croise Amia. Ces deux-là ont beaucoup de points communs, notamment leur solitude, leur sentiment qu’aucun avenir durable n’est pour eux.

C’est un livre qui va à cent à l’heure, l’histoire est noire, dure, on ressent la grande souffrance des protagonistes. Nous sommes accrochés par leur rage, leur mal-être. Et on en vient à avoir de l’espoir pour eux, que cette course contre la montre, cette plongée dans les abîmes, s’ouvre enfin sur une étincelle de bonheur. Que chacun trouve enfin une certaine douceur, une sérénité qui leur permettrait de s’autoriser à rêver d’un futur possible et un tant soit peu heureux.

L’histoire en elle-même est assez classique, pour autant, la force des personnages, la qualité de l’écriture vous emporte malgré tout, et vous prenez part à cette vengeance, vous tournez les pages aussi vite que le roman défile, dans l’espoir de trouver une fin sereine pour ces trois destins entremêlés.

Cédric Cham nous offre un roman très sombre, avec des personnages très marqués, une tension qui ne redescend pas tout au long de la lecture. Accrochez-vous bien et plongez dans son univers, vous ne le regretterez pas.

Marie-Laure.

DINER SECRET de Raphaël Montes / Le Masque.

Traduction: François Rosso.

Raphael Montes nous invite à table. 4 amis partent de leur petite province du  Paraná pour venir faire leurs études à Rio. Ils arrivent la tête pleine de rêves, espérant échapper à une vie triste et difficile en rejoignant cette grande métropole. Mais la crise économique se fait durement sentir et peu à peu, les 4 amis sont confrontés à la réalité, de petits boulots en petits boulots, ils finissent par être au bord du précipice, pris à la gorge par les créanciers.

Une idée germe alors : organiser des dîners secrets, pour clientèle fortunée, où ne seront servis que des mets que l’on ne trouve nulle part ailleurs, avec de la viande exotique. S’en suit alors une descente aux enfers pour ces 4 amis, une chute dans le crime qui ne fait que s’accentuer au fil des pages.

L’histoire nous est racontée par Dante jeune diplômé en gestion financière et qui, pour survivre est employé dans une librairie. Il vit avec Miguel jeune étudiant en médecine sérieux et fidèle, Hugo cuisinier qui a soif de reconnaissance et rêve d’être reconnu comme un grand chef,  et Leitao, qui ne sort que très peu de l’appartement, caricature poussée à l’extrême du geek, obèse, autiste, et totalement déconnecté des réalités de la vie.

Hugo et Leitao s’impliquent un maximum dans cette descente aux enfers, poussant Dante et Miguel loin de leurs limites respectives. Dante, ayant une conscience flexible en fonction de ses besoins, se laisse finalement assez facilement emporter dans cette spirale. Sa condition économique prend le pas sur sa moralité, et il plonge, lui aussi, dans l’horreur, oubliant ses référentiels et idéaux.

Ce roman montre comment des jeunes, élevés avec une morale, et certaines valeurs, en arrivent à sombrer dans le chaos, à produire des crimes de plus en plus monstrueux, glauque, avec pour seule raison, leurs rêves de se sortir du marasme économique.

Raphael Montes est un jeune auteur de 28 ans qui parle à sa génération. Pour cela, il n’hésite pas à faire appel à des références de culture pop du 21ème siècle, et à changer parfois sa narration pour utiliser pendant un chapitre complet, une conversation WhatsApp. Cela séduira peut-être cette génération, quant à moi,  j’ai trouvé l’histoire parfois abracadabrantesque et qui tombe facilement dans l’horreur glauque. Les caricatures sont assez nombreuses, laissant une impression superficielle et peu approfondie, la sensation d’avoir essayé de faire de la surenchère dans le sensationnel et la cruauté.

En conclusion, un dîner un brin indigeste.

Marie-Laure.

 

TREMBLEMENT DE TEMPS de Kurt Vonnegut / Super 8.

Traduction: Aude Pasquier.

Kurt Vonnegut est un auteur américain mort en 2007 à 84 ans. Durant la Seconde guerre mondiale il fut fait prisonnier et ce qu’il vécut durant cette période marqua considérablement son œuvre.

Tremblement de temps est son dernier « roman » publié aux Etats-Unis en 1997.

Le livre parle d’un tremblement de temps, un bug, qui a lieu en 2001 ramenant le monde entier en 1991. Chaque personne est obligée de revivre à l’identique les 10 années écoulées, aucune variante n’étant possible. On reproduit les mêmes erreurs, on revit les mêmes joies et les mêmes périodes difficiles.

Mais est-ce vraiment un roman ? Kurt Vonnegut se sert de cette histoire pour raconter ses souvenirs, mais bien sûr à sa façon, de manière souvent drôle, caustique et parfois irréelle.

Tremblement de temps est avant tout une suite de chapitres sans vraiment de lien entre eux, mais qui dépeint la société de cette fin du XXème siècle avec tous ses travers. Il fustige ainsi la télévision qui ne sert d’après lui qu’à abrutir et empêcher de réfléchir. On ne lit plus, on préfère emmagasiner des images, nous laisser enlever notre libre arbitre.

Parmi les autres diatribes de Vonnegut, on peut citer celles contre l’armée, la guerre, et la technologie. Cette dernière, poussée à son paroxysme, ne sert qu’à créer des bombes tuant des milliers de personnes.

Vous l’aurez compris, ce livre, comparable à nul autre, est une sorte de biographie mais aussi de testament de l’auteur. Drôle, irrévérencieux, pessimiste, Vonnegut fait de ce livre un recueil de pensées afin de montrer que la vie n’offre pas de seconde chance et qu’il est primordial de faire de notre mieux avec les cartes que nous avons en main, et surtout, sans se départir de notre critique, de notre volonté et de notre indépendance.

Si vous connaissez déjà cet auteur, n’hésitez pas, foncez, par contre, pour une découverte, ce livre est peut-être trop déconcertant et extravagant. Roman inclassable mais profondément touchant.

Marie-Laure.

 

 

Older posts

© 2018 Nyctalopes

Theme by Anders NorenUp ↑