Nyctalopes

Chroniques noires et partisanes

Author: raccoon (page 1 of 9)

HAUTE VOLTIGE d’Ingrid Astier à la Série Noire

C’est le troisième roman d’Ingrid Astier à la Série Noire. Les deux premiers « quai des enfers » et « angle mort » font partie d’une trilogie et concernent la brigade fluviale, ils présentent Paris vu de la Seine. Ici c’est vu des toits qu’on appréhende Paris avec Ranko, un monte-en-l’air de génie. Ingrid Astier avait, selon ses dires, prévu un petit roman : elle s’est laissée entraîner par son sujet, par ses personnages et, pour notre plus grand bonheur, nous offre un pavé de quelques six cents pages où le souffle de l’aventure s’engouffre dans un polar noir.

«Combien d’apocalypses peut-on porter en soi?

Aux abords de Paris, le convoi d’un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l’envergure de l’affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko – une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l’or aux doigts, comme si c’était chez lui, du dôme de l’Institut de France à l’église Saint-Eustache…

Derrière l’attaque sanglante, quel cerveau se cache?

Le butin le plus précieux du convoi n’est pourtant ni l’argent ni les diamants.

Mais une femme, Ylana, aussi belle qu’égarée.

Ranko est un solitaire endurci, à l’incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l’histoire de l’ex-Yougoslavie.

L’attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner.

Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d’échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre – à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l’art et dérober ses plus belles œuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste.

La guerre et l’amour planent comme des vautours. »

Ingrid Astier nous présente toute une galerie de beaux personnages romanesques, romantiques avec leur part d’ombre, leurs failles, leurs angoisses, leurs secrets aussi. Ils ont tous une quête qu’ils poursuivent avec passion. Astrakan, chef d’une mafia violente qui ne se salit plus les mains mais collectionne avec ferveur, Ylana belle et mystérieuse, fan d’Enki Bilal au point de s’en inspirer pour sa coiffure, Suarez le flic à la brigade de répression des vols par effraction, mêlé au drame de façon personnelle, obsédé par le Gecko qui lui échappe sans cesse.

Et Ranko, bien sûr ! Traumatisé par la guerre en ex-Yougoslavie, il ne supporte plus la compagnie des humains et ne se sent libre que sur les toits. Il est devenu un cambrioleur de génie, réussissant ses coups dans les appartements les plus inaccessibles sans la moindre violence. Il s’est spécialisé dans les œuvres d’art car la beauté le fascine, le plaisir qu’il ressent à leur contact serait gâché par la propriété. Un personnage hors norme, captivant.

Ingrid Astier alterne les points de vue, construit son roman en suivant les uns et les autres. Elle nous fait rentrer dans leur intimité et les rend si humains, si attachants qu’on tremble pour le dénouement de cette enquête. On sait dès le début qu’il y aura forcément un perdant, comme aux échecs. On assiste au combat, subjugué. On n’est pas loin de la tragédie où chacun se précipite inexorablement vers son destin.

Les actions s’enchaînent : attaque de convoi, règlements de compte sanglants, filatures, cambriolages… on est bien dans un polar avec des nombreuses péripéties explosives qui dynamisent le roman. On est également dans l’univers noir et glauque des trafiquants, qui s’ils sont des esthètes quand ils trafiquent de l’art, n’en sont pas moins des chefs de gang violents.

Ingrid Astier réussit à tisser cette aventure époustouflante à des faits réels. Elle brode à partir d’un fait divers, d’un combat de chess boxing auquel elle a assisté… s’est documenté ou a carrément plongé dans l’univers de l’escalade, des échecs (on a même une vraie partie détaillée à la fin du livre, on est dans l’histoire), de la boxe…  On croise des personnages réels : Simon Nogeira, un freerunner, Scorpène, un joueur d’échecs et le plus connu : Enki Bilal, dont Ranko va dérober des toiles…

Chessboxers with dark horse- Enki Bilal

On découvre (enfin moi !) le chessboxing, un sport inventé par Enki Bilal qui marie la boxe et les échecs dans la recherche d’un équilibre parfait entre le corps et l’esprit, un sport fait pour Ranko, véritable ascète qui s’entraîne sans répit pour pouvoir s’élever au-dessus des hommes. Cette connaissance, cet ancrage dans la réalité donne au roman une force et une profondeur incroyables.

Un grand roman qui unit magnifiquement aventure et polar !

Raccoon

J’IRAI MOURIR SUR VOS TERRES de Lori Roy aux Editions du Masque

Traduction : Valérie Bourgeois.

C’est le troisième roman de Lori Roy. Après «  Bent road » situé en 1967, « De si charmantes épouses » situé en 1958, Lori Roy remonte encore un peu plus dans le temps avec ce roman oscillant entre deux époques : 1936 et 1952. Il a reçu le prix Edgar du meilleur roman policier.

« Tout le monde sait qu’il n’y a rien après les champs de lavande des Holleran, si ce n’est la propriété des Baine. Et tout le monde sait aussi que Juna est à l’origine de la haine entre les deux familles.

Tout a commencé en 1936 dans la petite ville du Kentucky. Avant qu’il ne rencontre Juna, Joseph Carl était le meilleur des frères Baine. Mais cette année-là, elle a posé ses yeux noirs ensorceleurs sur lui. Et le pire est arrivé.

Vingt ans plus tard, Annie Holleran, la jeune nièce de Juna, s’aventure en zone interdite. Lorsque minuit retentit, elle scrute la surface de l’eau du puits sur le domaine des Baine, pensant, selon une vieille légende, pouvoir y lire son avenir. Mais au lieu de son futur amoureux, elle découvre, avec horreur, un cadavre. Et si cette mort annonçait le retour tant redouté de Juna ? Annie craint qu’une menace rôde de nouveau sur leurs familles, inexorablement liées par les secrets sanglants qui hantent leurs terres. »

On est dans le Kentucky profond au milieu de plantations de tabac où la vie est dure. C’est un monde paysan, peu évolué, religieux mais où règnent également des superstitions et des rites dignes du moyen-âge. Cela concerne principalement les femmes : ici, quand elles ont quinze ans et demi,  les filles vont à minuit se pencher au-dessus d’un puits pour y découvrir le visage de leur futur mari. Et puis il y a le « Don » que certaines se transmettent de mère en fille, un don qui permet de voir les choses à l’avance et qui effraie tout le monde. Lori Roy nous propose un éclairage inhabituel, s’appuyant sur les femmes qui sont les personnages centraux de cette histoire et sur ces croyances populaires et donne à son roman un ton bien particulier.

Lori Roy construit son roman en racontant l’histoire de deux générations de femmes à deux époques différentes. En 1952 elle suit Annie Holleran, jeune adolescente qui découvre un cadavre le jour de son « élévation » ;  en 1936, c’est l’histoire de sa mère Sarah et de sa tante Juna, et là c’est Sarah la narratrice. Lori Roy entremêle les deux histoires avec un grand talent, la voix de la mère dévoilant peu à peu les secrets qui n’en finissent pas de provoquer  le malheur, notamment celui de la fille. Deux histoires sombres, deux enquêtes qui se nourrissent l’une l’autre dans une atmosphère étrange de malédiction qui plane sur la famille.

Les secrets les mieux cachés finissent toujours par réapparaître surtout quand ils concernent un drame au retentissement énorme. Tous les protagonistes ou presque sont encore là car peu de gens ont quitté cette petite communauté où les haines, les ressentiments et les préjugés ont la peau dure. Si Lori Roy s’est appuyée sur un fait réel, la dernière pendaison publique a bien eu lieu dans le Kentucky en 1936, elle en a changé toutes les circonstances et ne l’utilise que comme un élément de décor.

Lori Roy nous offre de beaux personnages, des femmes en particulier car si les personnages masculins existent dans cette histoire, ils sont plutôt en arrière-plan qu’ils soient dangereux ou protecteurs. Les femmes sont fortes, intelligentes, vivantes, composées dans une écriture ciselée avec toutes les nuances : du tendre au monstrueux, de la douceur à la révolte. Elles sont au centre dans cette histoire familiale, elles la construisent, la subissent, la transmettent…

Dans toute cette noirceur l’amour existe, l’amour des mères, des sœurs, l’amour tout court et parfois permet la rédemption.

Un livre tout simplement magnifique !

Raccoon.

La chanson qui a inspiré Lori Roy, c’est le titre original du roman.

UN ANGE BRÛLE de Tawni O’Dell chez Belfond

Traduction : Bernard Cohen.

Tawni O’Dell est née et vit en Pennsylvannie, une région à la fois sauvage et minière où elle situe son œuvre. Son premier roman « le temps de la colère » a obtenu un grand succès et est en cours d’adaptation au cinéma. « Un ange brûle » est son cinquième roman.

« Dove Carnahan n’est pas femme à se laisser déstabiliser. À bientôt cinquante ans, la chef de police d’une petite ville minière de Pennsylvanie a l’habitude des situations difficiles. Pourtant, devant le corps à demi calciné de la jeune Camio Truly, Dove vacille.

Issue d’une famille de rednecks versée dans l’alcool et les magouilles, l’adolescente était promise à un autre avenir : une bourse universitaire, une porte de sortie vers un monde meilleur. Un rêve soudain brisé.

Dove prend l’affaire personnellement. Elle qui a dû se battre pour se sortir d’une enfance chaotique veut rendre justice à cette innocente. Après tout, sa propre famille n’est pas si différente des Truly.

Au même moment, un homme est remis en liberté après trente-cinq ans passés sous les verrous. Pour Dove, pour les siens, c’est le souvenir d’un indicible drame qui ressurgit. »

Dove Carnahan vit depuis toujours à Buchanan, petite ville minière de Pennsylvanie située à côté d’une ville fantôme évacuée après un incendie d’une mine de charbon qui fait encore rage quelques quarante ans après. Si Buchanan est une ville imaginaire, il existe bien en Pennsylvanie une ville désertée à cause d’une mine de charbon qui brûle depuis 1962 : Centralia ! C’est dans une crevasse brûlante de ce genre qu’on retrouve le corps de Camio Truly, l’adolescente assassinée.

Une route près de Centralia.

Cette mine en feu fait partie de leur vie depuis longtemps pour les habitants de Buchanan. Tawni O’Dell évoque magistralement l’ambiance étouffante de cette ville où tout le monde se connaît, où les ragots et les préjugés vont bon train, où les rancœurs sont tenaces et les frontières bien établies entre les classes. C’est une ville plutôt tranquille, il ne s’y passe pas grand-chose mais la misère, la violence et le malheur y sont bien présents.

Le dernier meurtre sanglant qui a défrayé la chronique à Buchanan était celui de la mère de Dove, il y a trente-cinq ans, une femme follement belle, aux mœurs légères, incapable de s’occuper de ses enfants. Dove, l’aînée, sa sœur Neely et son frère Champ ont grandi seuls : délaissés puis orphelins. Marquées par cette enfance chaotique, les deux sœurs, très proches, ont réussi malgré tout à se faire une vie, leur frère est parti dès sa majorité pour ne plus revenir. Pour Dove, chef de la police, l’enquête qu’elle doit mener sur le meurtre de cette adolescence ravive douloureusement les souvenirs liés au meurtre de sa mère. C’est elle la narratrice. Tawni O’Dell construit son roman en alternant les deux histoires au gré des pensées de Dove, l’enquête actuelle et le récit du meurtre de sa mère, et dans les deux elle réussit à maintenir le suspense.

Dove est un très beau personnage de femme forte et libre malgré les traces et les blessures de son enfance cabossée. Elle a cinquante ans, âge inconfortable où l’on voit la vieillesse s’approcher. Elle pose sur la vie, la sienne en particulier un regard extrêmement lucide, elle est sans grandes illusions sur le genre humain et manie l’humour aussi bien envers les autres qu’envers elle-même. Elle connaît la maltraitance et cette compréhension l’empêche d’emprunter les raccourcis faciles et évidents. Tawni O’Dell lui donne un ton vivant, sombre, tendre, parfois ironique avec des répliques cinglantes et l’empathie pour Dove fonctionne très vite.

Les autres personnages ne sont pas négligés : Neely, Champ, Nolan le collègue de Dove, trois générations de Truly (un clan de rednecks bien atteints qui vivent selon leurs propres règles). Ils sont hauts en couleur mais jamais caricaturaux. Tawni O’Dell réussit à créer des personnages crédibles, tristement humains. Dans cet univers noir et violent où les familles dysfonctionnent, ne protègent pas, les secrets révélés ne pourront être que sordides.

Un bon polar dans un univers bien sombre.

Raccoon.

UNE AFFAIRE D’HOMMES de Todd Robinson chez Gallmeister

Traduction : Laurent Bury.

Avant de devenir écrivain, Todd Robinson a créé une revue spécialisée dans la littérature noire et policière. Il a exercé plusieurs métiers dont barman et videur, à Boston et à New York. Il connaît bien ce milieu des bars et des clubs qui l’a inspiré. Dans ce deuxième roman, on retrouve Boo et Junior, les deux héros de « Cassandra ». Je ne l’avais pas lu à l’époque et ça ne m’a pas empêché d’apprécier « Une affaire d’hommes », mais j’ai désormais une furieuse envie de découvrir les débuts de ces enquêteurs attachants, percutants et drôles.

« Boo et Junior sont amis depuis l’orphelinat et videurs dans un club depuis que leurs muscles et tatouages en imposent suffisamment. Ils cultivent depuis toujours leur talent pour se mettre dans les pires situations et s’en sortir avec de manière surprenante. Quand une de leurs collègues leur demande d’avoir une conversation avec un petit ami trop violent, nos deux compères sont trop heureux de jouer les chevaliers servants. Lorsque le type en question est retrouvé mort, Boo et Junior font des coupables parfaits. »

Boo a grandi dans un orphelinat après le meurtre de sa mère, un lieu où les ados vivaient dans un climat de tension permanente et de violence où seuls les plus forts pouvaient avoir la paix. Leur seule protection, une bande : d’autres pauvres mômes livrés à eux-mêmes, paumés, terrorisés qui sont devenus des adultes complètement déglingués. Ils se débrouillent tous avec leurs blessures, leurs cicatrices plus ou moins secrètes, plus ou moins à vif mais ne se sont pas perdus de vue depuis cette époque et se soutiennent toujours même si les noms d’oiseaux fusent. Il y a Boo et Junior, videurs dans le même club miteux, mais aussi Ollie et Twitch.

Todd Robinson nous offre une galerie de personnages fracassés, susceptibles, violents, paranos et pourtant touchants. Quelques flash-backs seulement, souvent dans le feu de l’action, et Todd Robinson les rend attachants, l’empathie fonctionne. C’est Boo le narrateur, il parle dans un langage cru, drôle, car s’il est lucide sur lui-même, sur les autres, sur sa vie, ça ne l’empêche pas de voir rouge assez souvent, de péter les plombs et de se fourrer dans le pétrin même quand il le sent venir. La violence, il connaît, donner et prendre des coups, ça fait partie de son univers. Il a également le sens de la répartie et de la provoc, si ça lui cause des ennuis, ça donne des dialogues plutôt savoureux. Les autres personnages ne sont pas en reste et sont également hauts en couleur. On est dans un univers qui fait penser à celui d’Hap et Leonard de Lansdale sauf qu’ici on est en ville, à Boston.

Junior est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et toute la bande va devoir enquêter pour le disculper car la police se satisfait de ce suspect, un coupable idéal et ne cherche pas plus loin. Todd Robinson nous entraîne sur un rythme d’enfer dans une enquête où les scènes d’action s’enchaînent sans temps mort. Il sait brouiller les pistes, entretenir le suspense : on se retrouve aussi perdus que les personnages (sauf que nous on rit, on ne prend pas de baffes !) jusqu’au dénouement.

Tout en réussissant un roman d’action où le lecteur n’a pas le temps de souffler, Todd Robinson creuse la psychologie des personnages. De leur adolescence en cage, sombre, dangereuse où ils se sont éduqués seuls, nos héros ont acquis une notion de la virilité spéciale sur laquelle ils sont extrêmement chatouilleux et qui se rapproche dangereusement de l’homophobie. Cela leur fait commettre des erreurs graves et si Boo en prend conscience, c’est plus difficile pour Junior. Todd Robinson s’attaque mine de rien à ces préjugés tenaces qui gangrènent la société américaine des bas-fonds, loin de la tolérance des bobos cultivés.

Un roman où testostérone, adrénaline, humour et intelligence font bon ménage.

Un très bon buddy roman noir.

Raccoon

ATTACHEMENT FEROCE de Vivian Gornick chez Rivages

Traduction : Laetitia Devaux.

Journaliste au Village Voice, critique littéraire, figure féministe, Vivian Gornick est une icône aux Etats-Unis. Elle est surtout connue pour son travail autobiographique. Ce roman « attachement féroce », paru en 1987, lui a valu un grand succès. Il est traduit pour la première fois en France et ce récit, malgré ses trente ans, a gardé toute sa force.

« Une mère, une fille. Elles s’aiment profondément. Se haïssent éperdument. Impossible de vivre ensemble, impossible de se séparer pourtant. De ce lien unique, Vivian Gornick tire un texte bouleversant, qui va bien au-delà du récit intime. Tandis que sa mère et elle arpentent les rues de New York et leurs souvenirs, défilent des personnages, des moments de comédie, des amants, des rêves, des déceptions. Autant de portraits de femmes et de destins inoubliables, recréés par une conteuse à la lucidité tranchante, Vivian, gamine du Bronx devenue écrivain. Attachement féroce est le puissant roman d’une vie. La sienne, la nôtre. » Continue reading

Entretien avec Antonin Varenne pour « équateur » chez Albin Michel

A l’occasion de la sortie d’ « Équateur », magnifique roman d’aventure qui se déroule au XIXème siècle, comme « Trois mille chevaux vapeur » paru en 2014, Antonin Varenne a répondu à nos questions. Il parle de son roman, de son travail d’écrivain, de l’Amérique avec simplicité, clarté et intelligence. Enjoy !

 

 

  • Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

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ÉQUATEUR d’Antonin Varenne chez Albin Michel

Dans « équateur », Antonin Varenne, l’écrivain voyageur nous embarque à nouveau pour un grand voyage dans l’Amérique du XIXème siècle. On plonge dans un roman d’aventures de la même veine que  « trois mille chevaux vapeur ». Ce n’est pas vraiment une suite et même si certains personnages réapparaissent, on peut le lire indépendamment car c’est une histoire à part entière. Par contre on y retrouve le même souffle, le même style : les deux sont à lire ! Bon vous aurez compris, je suis fan…

« Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l’armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est un homme en fuite. Sur la piste de l’équateur, là où le monde tourne à l’envers et où les rêves sont vrais, trouvera-t-il cette terre promise qui changera son destin ? » Continue reading

BORDERLINE de Jessie Cole chez Actes Sud

Traduction : Hélène Frappat.

Borderline est le premier roman de Jessie Cole, jeune romancière australienne. Elle s’est inspirée de la chanson « Darkness on the edge of town » de Bruce Springsteen, qui est aussi le titre original du bouquin, une chanson sur les secrets si lourds à porter, sur le sort qui s’acharne… Une belle chanson pour un roman qui ne l’est pas moins.

« Un soir d’automne, Vincent rentre chez lui après quelques bières au pub avec des potes. Perchée sur les hauteurs, sa maison n’est accessible que par une route sinueuse. Dans le dernier virage, il avise une voiture renversée, dont le moteur tourne encore. Il se gare, sort de son pick-up et se précipite vers l’épave. Il n’y a personne dans la voiture, mais il perçoit du mouvement au bord de la route. C’est alors qu’il la voit, accroupie, le talus plongeant à pic derrière elle. Elle se balance légèrement et chantonne. Quand elle lève la tête, ses longs cheveux s’écartent, découvrant le bébé mort qu’elle tient dans les bras. Il les ramène chez lui en attendant l’arrivée des secours. La jeune femme est hospitalisée en état de choc. Quelques jours plus tard, il la retrouve, pieds nus, tremblante, perdue, dans son jardin.

Il la recueille et prend soin d’elle, sous le regard de sa fille adolescente. À mesure qu’il s’attache à elle, Vincent comprend que son traumatisme est plus ancien que la mort de l’enfant. Ce qu’il ignore, c’est que le père du bébé est sur le point de retrouver la trace de celle qui avait décidé de le fuir à tout jamais… » Continue reading

LES ANIMAUX de Christian Kiefer chez Albin Michel / Terres d’Amérique

Traduction : Marina Boraso.

Christian Kiefer enseigne à Sacramento en Californie. « Les animaux » est son deuxième roman et le seul publié en France.

 « Niché au fin fond de l’Idaho, au cœur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reed recueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours. Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région.

Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation. Rick est le seul à connaître le sombre passé de Bill, que ce dernier s’est acharné à cacher pendant toutes ces années. Pour préserver son secret et la vie qu’il a bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante… » Continue reading

LES OMBRES DU DESERT de Parker Bilal au Seuil policiers

Traduction : Gérard de Chergé.

Parker Bilal, pseudonyme de l’écrivain anglo-soudanais Jamal Mahjoub pour ses romans policiers écrit le troisième volet des enquêtes de Makana ex-flic soudanais réfugié au Caire. Ceux qui comme moi aiment déjà ce détective seront heureux de le retrouver, mais ce troisième opus, loin du Caire n’est pas le meilleur pour moi et mieux vaut commencer par les deux premiers : « les écailles d’or » et « meurtres rituels à Imbaba » pour se faire une idée véritable de l’univers de Makana.

« Début 2002, peu après le 11 Septembre. Alors que les Israéliens assiègent Ramallah, une forte tension agite les rues du Caire, où Makana file tant bien que mal la Bentley de Me Ragab, que sa femme pressent d’adultère. En réalité, l’avocat va voir sa protégée, Karima, une jeune fille gravement brûlée dans l’incendie de son domicile. La police croit à un accident, il soupçonne un crime d’honneur commis par le père de la victime, un djihadiste en cavale. Makana se rend à Siwa, oasis à la lisière du désert libyen, pour se renseigner sur la famille de Karima, mais il s’y heurte à l’hostilité des autorités, qui appliquent la loi à leur manière et se méfient des étrangers. Pire, il est accusé de deux meurtres barbares qui l’éclairent sur une donnée majeure de l’équilibre local : la présence de gisements de gaz… » Continue reading

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